Amélie de Montchalin : « La souveraineté n’est plus une lubie française »
Au lendemain du sommet européen en visioconférence des 27 chefs d’État et de gouvernement de l’UE, la commission des affaires européennes du Sénat a auditionné Amélie de Montchalin. La secrétaire d’État aux affaires européennes a rappelé la position de la France alors qu’Emmanuel Macron a reconnu qu’« il n’y avait pas de consensus politique aujourd’hui » sur les solutions à apporter à la crise économique « la plus grave depuis 1945 ». 

Amélie de Montchalin : « La souveraineté n’est plus une lubie française »

Au lendemain du sommet européen en visioconférence des 27 chefs d’État et de gouvernement de l’UE, la commission des affaires européennes du Sénat a auditionné Amélie de Montchalin. La secrétaire d’État aux affaires européennes a rappelé la position de la France alors qu’Emmanuel Macron a reconnu qu’« il n’y avait pas de consensus politique aujourd’hui » sur les solutions à apporter à la crise économique « la plus grave depuis 1945 ». 
Public Sénat

Par Flora Sauvage

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

L’Europe est dans la tourmente. Avec 115 000 morts, le Vieux continent pourrait connaître « une récession de 9% » cette année, selon Amélie de Montchalin, la secrétaire d’État aux affaires européennes. Après le sommet du jeudi 23 avril, les 27 chefs d’État et de gouvernement ont chargé la commission européenne de proposer un plan de sortie de crise qui sera présenté le 6 mai. S’il y a consensus pour mettre en œuvre un plan de relance, de nombreuses questions demeurent sur les moyens mis à disposition.

Rassurer

Face aux sénateurs, la secrétaire d’État Amélie de Montchalin a tenté de rassurer. Car les parlementaires de la Haute assemblée s’inquiètent, à l’image du sénateur (Les Indépendants) du Maine et Loire Emmanuel Capus, de « la perspective d’un nouvel accord a minima qui ferait porter un lourd tribut à l’UE qui ne peut pas se permettre un nouveau discrédit ».

Moment de vérité

Alors que l’Europe « se trouve à un moment de vérité », selon le président de la commission des affaires européennes au Sénat Jean Bizet, Amélie de Montchalin a affirmé que deux principes guident la relance économique dans la zone euro : le renforcement de notre autonomie stratégique et la solidarité entre les États membres. « Nos économies sont extrêmement interdépendantes, personne ne peut se relever seul », affirme la secrétaire d’État aux affaires européennes.

Souveraineté

Du point de vue de l’autonomie stratégique, et de la relocalisation des industries essentielles, Amélie de Montchalin souligne : « Quand depuis 3 ans, Emmanuel Macron parlait de cette nécessité, c’était vu comme une lubie française par nos partenaires européens, hier, on a franchi une grande étape, car on a réfléchi aux mesures concrètes pour mettre en œuvre cette souveraineté ». Et d’affirmer : « nous avons réussi à convaincre nos partenaires que la souveraineté n’était pas une lubie française, dans un monde où la Chine et les États-Unis ne se privent pas d’imposer leurs normes ».

Solidarité

Mais sur la question de la solidarité entre les États membres, l’autre priorité d’Emmanuel Macron, le consensus fait défaut. Les pays du Sud de l’Europe fortement endeuillés par la pandémie réclament une mutualisation des dettes. Alors que les pays du Nord, comme l’Allemagne et les Pays-Bas, rechignent à payer pour des états auxquels ils reprochent leur indiscipline budgétaire.

Plan de relance

Le montant du plan de relance est loin d’être décidé. Les 27 ont entériné les mesures d’urgence à 540 milliards d’euros, auxquelles s’étaient engagés les ministres des finances le 9 avril dernier. À terme, le plan de relance européen devrait atteindre plusieurs centaines de milliards d’euros. Le chemin de la relance budgétaire européenne s’annonce long et difficile.

Partager cet article

Dans la même thématique

Amélie de Montchalin : « La souveraineté n’est plus une lubie française »
3min

Politique

Deux TGV Paris-Nice immobilisés : le ministre des Transports plaide en faveur « d’un projet de loi-cadre » pour augmenter les investissements sur le rail

Deux TGV Paris-Nice immobilisés plusieurs heures lundi après-midi au nord de Lyon après une rupture de caténaire, sont arrivés avec sept heures de retard dans la nuit. Sans électricité, les deux trains n’étaient plus climatisés. Au micro de Public Sénat, le ministre des Transports, Philippe Tabarot chiffre à 4 milliards et demi d’euros les investissements pour que le réseau fonctionne de « manière beaucoup plus optimum » lors de fortes chaleurs.

Le

Amélie de Montchalin : « La souveraineté n’est plus une lubie française »
5min

Politique

Sénatoriales : le RN évoque des « contacts » avec des élus LR et centristes pour constituer un groupe

A l’approche des élections sénatoriales, le Rassemblement national a confirmé son objectif de constituer un groupe à la Haute assemblée avec son allié UDR. Lors d’une conférence de presse au siège du parti, Christopher Szczurek, sénateur LR du Pas-de-Calais évoque même des « contacts » avec des sénateurs LR et centristes tentés par l’aventure.

Le

ECOLE DE LANTA
6min

Politique

Protection des enfants : que contient le projet de loi pour réformer l’aide sociale à l’enfance en crise ?

Le gouvernement a présenté ce mercredi les grandes lignes de son projet de loi très attendu sur la protection de l’enfance. Axé sur la réforme de l’Aide sociale à l’enfance, institution en faillite, le texte se veut aussi une réponse aux récentes affaires d’agressions sexuelles dans le périscolaire. Le ministre de l'Éducation a ainsi annoncé la création d'une « liste noire » pour les personnels ayant des comportements problématiques sur des enfants.

Le

Amélie de Montchalin : « La souveraineté n’est plus une lubie française »
6min

Politique

« Un signal catastrophique » : au Sénat, les organisations patronales chargent le gouvernement après le gel des allègements de cotisations sociales

Entendues ce mardi par les sénateurs, les organisations patronales ont réaffirmé leur vive opposition à la décision du gouvernement de ne pas augmenter le budget consacré aux allègements de cotisations sociales, à l’occasion de la revalorisation du Smic en juin. La mesure devrait coûter deux milliards d’euros aux entreprises, qui craignent pour leur compétitivité.

Le