Après Cannes, Villeneuve-Loubet interdit à son tour le burkini

Après Cannes, Villeneuve-Loubet interdit à son tour le burkini

Identifiant Scald invalide. Après Cannes, qui avait pris le 28 juillet un arrêté interdisant la baignade en burkini, une autre commune des Alpes-Maritimes, Villeneuve-Loubet, a pris à son tour un arrêté municipal interdisant la baignade dans cette tenue, indique samedi Lionnel Luca, le député-maire LR de cette ville. Cet arrêté, en date du 5 août, […]
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Identifiant Scald invalide.

Après Cannes, qui avait pris le 28 juillet un arrêté interdisant la baignade en burkini, une autre commune des Alpes-Maritimes, Villeneuve-Loubet, a pris à son tour un arrêté municipal interdisant la baignade dans cette tenue, indique samedi Lionnel Luca, le député-maire LR de cette ville.

Cet arrêté, en date du 5 août, indique que "l'accès à la baignade est interdit, du 1er juillet au 31 août, à toute personne ne disposant pas d'une tenue correcte, respectueuse des bonnes moeurs et du principe de laïcité, et respectant les règles d'hygiène et de sécurité adaptées au domaine public maritime". Il précise aussi que "le port de vêtements, pendant la baignade, ayant une connotation contraire aux principes mentionnés ci-avant est strictement interdit sur les plages de la commune".

"On m'a signalé sur l'une de nos plages un couple dont l'épouse se baignait habillée, explique Lionnel Luca, et j'ai considéré que cela n'avait pas lieu d'être pour des raisons d'hygiène et que cela était malvenu compte tenu du contexte général."

Affichant sa volonté "d'éviter tout trouble à l'ordre public dans une région marquée par les attentats", M. Luca réfute toute accusation de discrimination. "La République, ce n'est pas venir à la plage habillé en affichant ses convictions religieuses, d'autant que ce sont de fausses convictions car la religion ne demande rien" en la matière, estime M. Luca.

Le député-maire indique à propos des adeptes du burkini que, selon lui, "ce sont eux qui pratiquent la discrimination, ce sont eux qui s'isolent dans un ghetto, ce sont eux qui sont coupables de discrimination, pas nous qui au contraire défendons les musulmans dans leurs pratiques". "Je pense que les musulmans veulent qu'on leur fiche la paix et qu'ils refusent d'être pris en otages par ceux qui estiment parler en leur nom", estime-t-il aussi.

Cet arrêté fait suite à celui pris le 28 juillet à Cannes par le maire, également LR, David Lisnard, prohibant lui aussi tout bain habillé au nom de la laïcité. Plusieurs associations et particuliers ont manifesté vendredi leur intention de l’attaquer en justice.

"Une dizaine de jeunes filles de Cannes nous ont contactés spontanément car elles ne peuvent pas se baigner", indique Feiza Ben Mohamed, porte-parole de la Fédération des musulmans du Sud. Elles se sont jointes à la procédure engagée par le Collectif contre l'islamophobie en France pour faire annuler en référé-liberté l'arrêté municipal de Cannes. Nous lançons maintenant un appel aux citoyennes de Villeneuve-Loubet pour qu'elles s'associent à une procédure identique à l'encontre de Villeneuve-Loubet".

Vendredi, l’Union des musulmans des Alpes-Maritimes (Umam), a exprimé dans un communiqué son "grand étonnement" suite à l'arrêté pris à Cannes, estimant qu'il "porte atteinte aux libertés fondamentales qui sont garanties par la Constitution de notre République", tout en se montrant "disponible et ouverte" pour trouver des solutions "entre hommes intelligents et responsables".

Partager cet article

Dans la même thématique

Après Cannes, Villeneuve-Loubet interdit à son tour le burkini
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Après Cannes, Villeneuve-Loubet interdit à son tour le burkini
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le