Emmanuel Macron, qui a souhaité jeudi en Martinique, que l'Etat prenne sa part de responsabilité sur la pollution au chlordécone, pesticide...
Après la Martinique, Macron attendu sur les sargasses en Guadeloupe
Emmanuel Macron, qui a souhaité jeudi en Martinique, que l'Etat prenne sa part de responsabilité sur la pollution au chlordécone, pesticide...
Par Cécile AZZARO
Temps de lecture :
4 min
Publié le
Mis à jour le
Emmanuel Macron, qui a souhaité jeudi en Martinique, que l'Etat prenne sa part de responsabilité sur la pollution au chlordécone, pesticide cancérogène longtemps utilisé aux Antilles, est attendu vendredi en Guadeloupe sur la problématique des algues sargasses qui prolifèrent sur les rivages, et sur les problèmes d'alimentation en eau.
Le chef de l'Etat, qui terminera en fin de semaine son déplacement aux Antilles en revenant un an après l'ouragan Irma dans les deux îles sinistrées de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, a dénoncé jeudi, à travers le chlordécone qui était utilisé dans les bananeraies de Martinique et Guadeloupe, "le fruit d'un aveuglement collectif".
Pour Emmanuel Macron, "l'état des connaissances scientifiques (...) ne permet pas de certifier" la dangerosité de la molécule pour la santé humaine. "Il ne serait pas responsable de dire qu'il y a une réparation individuelle pour tous", a-t-il souligné. Il est en revanche "possible d'avancer davantage sur la question des maladies professionnelles pour les personnes particulièrement exposées à la molécule", selon lui.
Alors que la tempête Kirk, qui passe actuellement sur les Antilles, a obligé le président en Martinique à modifier son programme, ce n'est pas le cas en Guadeloupe, même si une vigilance orange, notamment pour fortes pluies et vents violents est maintenue.
Le chef de l'Etat doit s'exprimer sur un autre sujet sensible pour la santé, celui des sargasses, ces algues brunes aux émanations toxiques, qui envahissent régulièrement le littoral antillais, avec un impact sur le tourisme et le quotidien des riverains.
Emmanuel Macron à Saint Pierre en Martinique, le 27 septembre 2018
POOL/AFP
Une plainte pour mise en danger d'autrui a été déposée jeudi à Paris par un collectif guadeloupéen pour dénoncer les "insuffisances criantes" de l'État "face à l'envahissement des côtes antillaises" par ces algues brunes nauséabondes.
Depuis février, ces algues, dont l'origine reste incertaine mais que certains scientifiques pensent liée au dérèglement climatique, arrivent en masse sur les côtes de Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barth.
Elles s'amoncellent sur les rivages, salissent plages et ports, bloquent parfois l'accès des bateaux, mais surtout dégagent, en séchant, de l'hydrogène sulfuré et de l'ammoniac, qui peuvent provoquer maux de tête, nausées et vomissements.
Ce n'est pas la première fois que ces algues envahissent le littoral antillais depuis leur apparition massive en 2011. Mais le phénomène particulièrement important cette année a poussé l'ancien ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot à se rendre sur place en juin, avec la ministre des Outre-mer Annick Girardin.
-capteurs-
Ils avaient alors annoncé un plan de lutte de 10 millions d'euros sur deux ans, avec pour objectif de réduire, pour les prochaines saisons, le delai de ramassage à 48h après les échouages. Récemment, c'est le site de la porte d'Enfer, à Anse Bertrand, qui a été envahi sur plusieurs centaines de mètres.
Le chef de l'Etat est attendu à Goyave (est de Basse-terre), pour voir comment se décline ce plan. En baisse dans les sondages de popularité, il devrait en profiter une nouvelle fois pour aller au contact de la population, pour répondre à ceux qui l'interpellent sur ses réformes. Jeudi, il a affirmé avoir "dans le ventre l'impatience de 66 millions de Français".
Auparavant, le président doit se rendre chez un habitant des Grands Fonds, aux Abymes, pour évoquer la question également délicate de la distribution d'eau potable.
Une grande majorité des Guadeloupéens n'ont pas d'eau tous les jours à cause d'un défaut d'entretien des canalisations - le réseau perd 60% de son rendement avant que l'eau n'arrive au robinet.
Pour pallier ce réseau de distribution hors service, des coupures sont organisées en "tour d'eau", un calendrier censé alimenter les communes en alternance et permettre aux habitants d'organiser leur vie en fonction de l'heure des coupures, qui durent de 12 à 24 heures.
"Cette crise n'est pas le fruit d'une insuffisance de la ressource en eau, mais la conséquence d'une situation globalement dégradée", a indiqué en juillet un rapport d'audit du ministère de l'Environnement, pointant des équipements obsolètes, la multiplicité des "propriétaires du réseau" et surtout le flou autour des responsabilités de gestion.
En janvier, un plan d'urgence de l'Etat et des collectivités de 71 millions d'euros a été voté, pour aboutir à la fin des tours d'eau d'ici deux ans.
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.