Après avoir défendu ses réformes devant environ 10 millions de téléspectateurs dimanche soir, Emmanuel Macron va tenter cette semaine de tordre...
Après son plaidoyer, Macron retourne sur le terrain social
Après avoir défendu ses réformes devant environ 10 millions de téléspectateurs dimanche soir, Emmanuel Macron va tenter cette semaine de tordre...
Par Jérôme RIVET
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Après avoir défendu ses réformes devant environ 10 millions de téléspectateurs dimanche soir, Emmanuel Macron va tenter cette semaine de tordre le cou à l'image de "président des riches" avec des rendez-vous sur la lutte contre la pauvreté, la sécurité au quotidien et "l'Europe qui protège".
"Pas de bla-bla, des résultats": Richard Ferrand, le président du groupe LREM à l'Assemblée nationale, a résumé l'état d'esprit du camp présidentiel au lendemain du premier grand rendez-vous télévisuel depuis l'élection.
Malgré une des plus fortes audiences TV de l'année, le chef de l’État a peiné à convaincre. Plus de six Français sur dix (61%) qui l'ont regardé en partie ou en totalité disent ne pas avoir été convaincus, contre 39% de convaincus dont 7% "tout à fait", selon un sondage Harris Interactive pour RMC. Le taux d'approbation monte à 54% chez ceux qui ont regardé l'interview en totalité.
Fidèle à sa stratégie du mouvement, Emmanuel Macron a prévenu dimanche qu'il allait poursuivre ses réformes "avec le même rythme et la même détermination". "Je continuerai à dire les choses, je continuerai à respirer l'air, à parler avec nos concitoyens", a-t-il précisé sur TF1 et LCI, qui ont totalisé à elles deux 9,8 millions de téléspectateurs.
De d. à g.: le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, le président de la République Emmanuel Macron, le conseiller social de la présidence Pierre-André Imbert et le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler, le 13 octobre 2017 à Paris
POOL/AFP
Le chef de l’État recevra mardi à l’Élysée des associations de lutte contre la pauvreté avant de visiter une crèche dans un quartier populaire de Gennevilliers, en banlieue parisienne. Les acteurs du secteur espèrent des annonces concrètes, notamment en faveur des mères célibataires.
Mercredi, Emmanuel Macron prononcera un grand discours sur la sécurité face aux représentants des forces de l'ordre reçus à l’Élysée. Il y détaillera son projet de "police de sécurité au quotidien", une nouvelle forme de police de proximité dont les premiers pas sont attendus début 2018 après une période de concertation.
Ce discours donnera au président l'occasion de montrer qu'il veut agir sur l'un des principaux sujets de préoccupation des Français, surtout dans les quartiers populaires.
"Quand on a une politique ambitieuse en matière de sécurité, ce que nous conduisons, cela ne s'adresse pas à la France où tout va bien et où on peut se payer une sécurité privé", a déclaré dimanche le locataire de l’Élysée.
Il tente ainsi de contrer l'accusation de "président des riches" que lui colle l'opposition, en particulier à gauche après sa décision de supprimer en partie l'impôt sur la fortune (ISF).
- 'Président des élites' -
Dans le camp des critiques, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a estimé qu'Emmanuel Macron était "plus que jamais le président des milliardaires". "Il l'assume en vantant ceux qui ont réussi - les fameux premiers de cordée - et en dédaignant ceux qui se battent pour garder leur boulot", a-t-il fustigé lundi sur Radio Classique.
Cette critique se retrouve aussi à droite. Emmanuel Macron "ne s'adresse ni au peuple de gauche, ni au peuple de droite mais aux élites. C'est le reproche qui lui est fait, et il est fondé", a déclaré Brice Hortefeux (LR) sur CNEWS.
L'ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve (PS) a regretté une prise en compte insuffisante de la "préoccupation de la justice" dans la politique du président Macron, en particulier le budget.
Le chef de l’État terminera la semaine à Bruxelles, où il défendra son projet d'Europe "qui protège" au cours d'un sommet avec ses 27 homologues de l'Union européenne jeudi et vendredi. Paris a notamment fait une priorité du durcissement du recours aux travailleurs détachés, accusés de favoriser le dumping social au détriment des travailleurs français.
Mais le président devra tenir compte d'un contexte peu propice à de grandes décisions, en raison des incertitudes politiques en Allemagne, de la crise catalane en Espagne ou de la percée de l'extrême droite aux législatives dimanche en Autriche.
Dans la continuité des travaux de la commission d’enquête sur les agences de l’Etat, les sénateurs LR cherchent à relancer le débat sur le sujet en déposant une proposition de loi sur le sujet. Le texte propose de supprimer les ARS, l’Anru ou encore l’ANS.
En dénonçant, hier, « tous les mabouls » qui voudraient « se fâcher avec l’Algérie », le président de la République a semblé viser l’ancien ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau. Le patron de LR lui a répondu au micro de Public Sénat.
À un an de la fin de son deuxième mandat, le chef de l’État est encore considéré comme un mauvais président par 74% des Français, selon le dernier baromètre Odoxa pour Public Sénat. Une impopularité chronique depuis la dissolution de 2024. Plus à son avantage, à 33% de popularité, Sébastien Lecornu voit sa cote légèrement baisser par rapport au mois dernier.
70% des Français estiment que la campagne en vue de la présidentielle 2027 est déjà lancée, d’après le baromètre Odoxa réalisé avec Mascaret pour Public Sénat. Une large majorité, tous bords politiques confondus, juge aussi positivement l’organisation de primaires pour départager les concurrents d’un même camp, tandis que leur choix se fera en « priorité » sur la base du programme et de la personnalité des candidats.