Après trois affaires d’apologie du terrorisme, Belloubet rappelle la fermeté de l’Etat
La ministre de la Justice Nicole Belloubet a rappelé jeudi à Carcassonne que l’État serait "extrêmement ferme" contre tous ceux...

Après trois affaires d’apologie du terrorisme, Belloubet rappelle la fermeté de l’Etat

La ministre de la Justice Nicole Belloubet a rappelé jeudi à Carcassonne que l’État serait "extrêmement ferme" contre tous ceux...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La ministre de la Justice Nicole Belloubet a rappelé jeudi à Carcassonne que l’État serait "extrêmement ferme" contre tous ceux qui se rendent coupables d'apologie du terrorisme, après trois affaires successives concernant les attentats de l'Aude.

Après la condamnation à un an de prison avec sursis de l'ancien candidat Stéphane Poussier (ex-LFI),une militante vegan a été condamnée jeudi à sept mois avec sursis et un jeune homme comparaîtra vendredi pour avoir regretté qu'il n'y ait pas eu plus de morts à Trèbes.

Les trois ont été poursuivis pour "apologie du terrorisme", vantant respectivement la mort du colonel Arnaud Beltrame, celle du chef boucher, et le geste meurtrier du jihadiste Radouane Lakdim.

"L’État est extrêmement ferme. Nous voulons absolument faire en sorte que des propos d’incitation à la haine ou au racisme" ne paraissent pas sur internet, a déclaré la ministre de la Justice, lors d'un point presse après l'hommage aux victimes tombées sous les balles du tueur à Carcassonne et Trèbes. Elle a rappelé que des sanctions devaient être prononcées "rapidement".

Ce sera le cas, vendredi, en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Carcassonne, pour un jeune homme de 19 ans qui a regretté sur Facebook qu'il n'y ait "pas assez de morts dans les attentats", qui ont fait quatre morts et trois blessés.

Il avait également proclamé son soutien au groupe État islamique (EI) et au jihadiste Lakdim, dans des posts successifs publiés samedi au lendemain de l'attaque et mercredi le jour de son interpellation à Narbonne, a confirmé la procureure Florence Galtier.

Jeudi, le tribunal correctionnel de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) a lui infligé sept mois de prison avec sursis à une militante de la cause animale pour avoir publié un message injurieux à l'égard du boucher tué dans les attentats, a-t-on appris de source judiciaire.

"Ben quoi, ça vous choque un assassin qui se fait tuer par un terroriste ? Pas moi, j'ai zéro compassion pour lui, il y a quand même une justice", avait écrit la militante "vegan" sur Facebook, trois jours après la mort à Trèbes du chef boucher, Christian Medves, 50 ans.

La procureure de Saint-Gaudens Cécile Deprade, avait requis "six à huit mois de prison avec sursis", s'appuyant notamment sur la circulaire de l'ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira de janvier 2015 qui définit "l'apologie" par "un commentaire des actes de terrorisme en portant sur eux un jugement moral favorable".

Enfin, mardi, un ancien candidat aux législatives dans le Calvados, Stéphane Poussier (ex-LFI), avait lui condamné par le tribunal correctionnel de Lisieux (Calvados) à un an de prison avec sursis, après avoir publié trois tweets se félicitant de la mort d'Arnaud Beltrame, tué après s'être substitué à une otage à Trèbes.

Il avait notamment écrit sur Facebook et Twitter: "A chaque fois qu'un gendarme se fait buter (...) je pense à mon ami Rémi Fraisse", un jeune militant écologiste tué en 2014 par une grenade tirée par un gendarme.

Le procureur de la République David Pamart avait requis six mois de prison, dont quatre avec sursis.

A la barre, comme devant la presse, le prévenu qui a annoncé qu'il ne ferait pas appel s'était excusé pour ses propos "cruels".

Partager cet article

Dans la même thématique

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le

Le Sénat
16min

Politique

Recul des LR, arrivée d’un groupe RN et la gauche qui veut limiter la casse : les enjeux des sénatoriales

Le Sénat ne devrait pas connaître de grand bouleversement après les élections sénatoriales du 27 septembre, avec le maintien d’une majorité de droite et du centre pour Gérard Larcher, où le groupe Union centriste pourrait cependant voir son poids renforcé. Mais les sénateurs se préparent à une petite révolution : l’arrivée possible du premier groupe RN. A gauche, PS et Écologistes espèrent limiter la casse par des accords « gagnant-gagnant ».

Le