Aquarius: La France et d’autres pays de l’UE cherchent un port d’accueil, Sète se propose
La France discute actuellement avec les autres pays méditerranéens de l'UE pour trouver "rapidement" un port d'accueil au navire...

Aquarius: La France et d’autres pays de l’UE cherchent un port d’accueil, Sète se propose

La France discute actuellement avec les autres pays méditerranéens de l'UE pour trouver "rapidement" un port d'accueil au navire...
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

La France discute actuellement avec les autres pays méditerranéens de l'UE pour trouver "rapidement" un port d'accueil au navire Aquarius et ses 141 migrants, que l'Italie et Malte refusent d'accueillir, a indiqué lundi l'Elysée à l'AFP, alors que le port de Sète s'est porté volontaire.

Vendredi, le navire affrété par les ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières a secouru au large de la Libye 141 personnes à bord de deux barques en bois, dont une moitié de mineurs et plus d'un tiers de femmes, essentiellement originaires de Somalie et d'Erythrée. Malte et l'Italie ont refusé d'accueillir le navire dans leurs ports, selon SOS Méditerranée qui a appelé lundi les Etats européens à "prendre leurs responsabilités.

L'Espagne, qui avait accueilli l'Aquarius une première fois en juin avec 630 migrants à son bord et est depuis devenue la première porte d'entrée des migrants en Europe, rechigne à se proposer à nouveau.

"L'Espagne n'est pas le port le plus proche, et donc pas le port le plus sûr pour débarquer", a déclaré à l'AFP une source gouvernementale espagnole.

"Pour répondre aux impératifs humanitaires, nous sommes en discussion avec les pays concernés pour que, dans le plein respect du droit de la mer, ce bateau puisse aller rapidement au port sûr le plus proche", a précisé l'Elysée.

Puisque le navire se trouve actuellement entre l'Italie et Malte, les ports français ne sont pas les plus proches, ajoute l'Elysée, écartant implicitement l'hypothèse de proposer au navire d'accoster en France.

Le directeur du port de Sète, l'ancien ministre communiste Jean-Claude Gayssot, a cependant proposé lundi d'y accueillir le bateau.

"Le port de Sète est prêt à accueillir l'Aquarius dès lors que les autorités françaises le lui permettront", a-t-il déclaré, en précisant que "c'est la dimension humanitaire qui doit prévaloir, il s'agit de sauver des vies, des familles".

"Ce n'est pas au communiste Jean-Claude Gayssot, président du port de Sète, de décider de notre politique migratoire en accueillant l'#Aquarius", a réagi Marine Le Pen dans un tweet. "L’Etat doit enfin envoyer le signal de fermeté qui s’impose et fermer nos ports à ces navires de migrants!", selon la présidente du Rassemblement national (ex-FN).

Le gouvernement de Gibraltar a de son côté annoncé lundi qu'il allait retirer son pavillon à l'Aquarius après lui avoir demandé de suspendre ses activités de sauvetage, pour lesquelles il n'est pas enregistré dans le territoire britannique. L'Aquarius a en effet été enregistré en 2009 à Gibraltar en tant que navire de recherche, a expliqué Gibraltar.

Dans un communiqué adressé à l'AFP, SOS Méditerranée a dénoncé "une différence artificielle" qui n'a "aucun fondement technique".

"L’Aquarius a toujours été reconnu apte à mener des opérations de sauvetages par les autorités compétentes, qui lui ont en de nombreuses occasions confié la prise en charge de rescapés au vu de ses capacités", a plaidé l'ONG. "L’autorité maritime de Gibraltar elle-même a enregistré l’Aquarius comme navire de sauvetage auprès de l’Organisation maritime internationale".

Paris a par ailleurs regretté la "posture politique très dure" du gouvernement italien, qui refuse depuis juin de laisser accoster les navires des ONG alors que "l'Italie "a les moyens d'accueillir le bateau". Malte également a durci sa position depuis quelques semaines.

Suite au conseil européen sur les migrations fin juin, souligne la présidence française, ces dernières semaines ont été trouvées des solutions européennes pour les migrants qui débarquent en Europe, avec une répartition entre pays européens de ceux susceptibles d'obtenir le droit d'asile.

Quatre fois déjà des pays européens, dont la France, ont accepté de se répartir des migrants : la France a accueilli 78 des 630 migrants recueillis par l'Aquarius en juin et débarqués en Espagne, 20 des 87 migrants de l'Open Arms arrivé jeudi en Espagne, 51 des 233 migrants du Lifeline arrivé à Malte fin juin et 50 des 450 migrants recueillis par des navires militaires et débarqués en Italie mi-juillet.

leb-av-mg-est/paj/swi

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Debate on no-confidence motions against the 2026 finance bill at National Assembly
5min

Politique

Prix du Trombinoscope : Sébastien Lecornu, Amélie De Montchalin, Olivier Faure parmi les lauréats

Le jury du Prix du Trombinoscope, dont Public Sénat est partenaire, a dévoilé son palmarès annuel. Plusieurs figures de premier plan ont été distinguées, parmi lesquelles Sébastien Lecornu, Amélie de Montchalin, le duo des sénateurs de la commissions d’enquêtes sur les aides publiques aux entreprises ou Olivier Faure. Des récompenses qui mettent en lumière une année politique marquée par la tension budgétaire, la recherche de compromis et le retour au premier plan du Parlement.

Le

Aquarius: La France et d’autres pays de l’UE cherchent un port d’accueil, Sète se propose
3min

Politique

La nomination d'Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes, une décision « aux antipodes de l'éthique », brocarde le sénateur Jean-Raymond Hugonet

Le sénateur LR Jean-Raymond Hugonet a interpellé le gouvernement sur la nomination d'Amélie de Montchalin, actuelle ministre du Budget, comme présidente de la Cour des comptes. L’élu dénonce un risque de conflit d’intérêts. Maud Bregeon, la porte-parole du gouvernement, accuse les oppositions de cibler la couleur politique d’Amélie de Montchalin.

Le

Paris : Proces Joel Guerriau et Sandrine Josso
2min

Politique

Condamnation de Joel Guerriau : Sandrine Josso reçue par Gérard Larcher, ce mercredi à 18h30

15 jours après la condamnation de l’ex-sénateur Joël Guerriau à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, pour avoir drogué en 2023 la députée Sandrine Josso en vue de la violer, Gérard Larcher va recevoir l’élue, ce mercredi. La députée avait fait part de son regret de ne pas avoir reçu de marque de soutien de la part du président du Sénat.

Le