L'enquête sur l'assassinat, il y a 25 ans, de Yann Piat, unique députée jamais tuée en France, a connu plusieurs rebondissements avant que la...
Assassinat de Yann Piat : 25 ans après, toujours des doutes sur le mobile et les commanditaires
L'enquête sur l'assassinat, il y a 25 ans, de Yann Piat, unique députée jamais tuée en France, a connu plusieurs rebondissements avant que la...
Par Beatrix BACONNIER MARTIN
Temps de lecture :
5 min
Publié le
Mis à jour le
L'enquête sur l'assassinat, il y a 25 ans, de Yann Piat, unique députée jamais tuée en France, a connu plusieurs rebondissements avant que la justice n'écarte la piste politico-mafieuse pour celle du crime crapuleux, mais elle n'a pas levé les doutes sur le mobile du crime et ses commanditaires.
Le 25 février 1994, Yann Piat, 44 ans, tombe dans un guet-apens alors qu'elle rentre chez elle, conduite par son chauffeur, sur les hauteurs de Hyères, cité balnéaire du Var, connue alors pour son port, ses palmiers et... ses nombreux règlements de comptes.
Deux hommes, sur une moto volée, tirent à six reprises sur la voiture, blessant mortellement la députée.
Dans l'Hexagone, c'est l'émoi. L'hypothèse d'un meurtre politique est aussitôt soulevée par la presse qui regarde du côté du sénateur UDF (centre) Maurice Arreckx, "parrain" du département dont les relations avec un chef du grand banditisme local, Jean-Louis Fargette, étaient de notoriété publique. Fargette qui a fui en Italie, y a été abattu en 1993.
La piste politico-mafieuse semble corroborée par une lettre, écrite deux ans plus tôt, en pleine campagne pour les élections régionales, par Yann Piat. "J'accuse, en cas d'accident mortel sur ma personne ou autre suicide, MM. Arreckx, Bernard Tapie, Jean-Louis Fargette", avait-elle écrit, citant deux autres noms.
Le conseiller général du Var, Joseph Sercia (UDF), le 18 novembre 1996 à Toulon
AFP/Archives
Les soupçons se portent aussi sur Joseph Sercia, vice-président DVD du département et concurrent malheureux de Yann Piat aux législatives de 93. Contre celle qui ambitionnait d'être la "Mme propre" du Var, il avait mené une campagne ultra violente, mêlant intimidations et menaces de mort.
Entrée en politique au Front national sous l'aile de son "parrain" Jean-Marie Le Pen, Yann Piat s'en était écartée pour rejoindre le Parti Républicain de François Léotard. Elue députée sur les listes FN en 1986, réélue 1993 sous l'étiquette PR-UDF, elle se préparait à mener campagne pour les municipales de 1995, à Hyères.
Maurice Arreckx est interpellé puis relâché mais l'affaire a mis au grand jour les liens étroits entre politique et mafia dans le département.
- "pas de piste politique" -
C'est finalement par hasard, en interpellant une jeune droguée ayant participé au vol de la moto, que les enquêteurs remontent jusqu'aux tueurs. La jeune fille livre des noms : Lucien Ferri, 26 ans, l'auteur des tirs, Marco Di Caro, 25 ans, le pilote de la moto, et ceux de trois comparses qui avaient fait des repérages, volé puis incendié la moto.
Tous fréquentent un bar sur le port de Hyères, le Macama, tenu par leur mentor, Gérard Finale. Interpellée le 15 juin 1994, la "bande du Macama" est jugée quatre ans plus tard.
Photo prise le 18 juin 1994 de la brasserie le Macama à Hyères dont le patron Gérard Finale et des membres de sa bande ont été incarcérés le 17 juin 1994
AFP/Archives
Durant le procès, la piste politico-mafieuse est définitivement abandonnée. "Il n'y a pas de piste politique... Finale voulait prendre la place de Fargette", témoigne à la barre le juge d'instruction, Thierry Rolland.
Les tueurs ont désigné Finale comme le commanditaire mais ce dernier a toujours nié. L'un d'eux cite Sercia comme étant un "super-commanditaire", mais les enquêteurs ne trouvent pas de charges contre lui. D'autres pistes tombent, comme celles de barbouzes ou de promoteurs véreux.
En juin 1998, l'affaire trouve son épilogue judiciaire: Ferri, le seul condamné pour assassinat, écope de la réclusion à perpétuité ainsi que Gérard Finale, reconnu coupable de complicité.
Ce verdict a toujours laissé perplexe Me Michel Cardix, défenseur de Gérard Finale. "On a voulu en faire un personnage de gros caïd", comparable à Fargette, "c'est totalement faux", indique-t-il à l'AFP.
Le seul rôle de son client "est d'avoir mis les jeunes (de la bande du Macama, NDLR) en relation avec les autres commanditaires", affirme l'avocat. Pour lui, la justice "instrumentalisée" a "évité d'emprunter la voie politique qui aurait pu remonter au-delà de Sercia".
Gérard Finale (C) arrive au Palais de Justice de Toulon, encadré par des gendarmes, le 22 juin 1994
AFP/Archives
"Politiquement, Sercia pouvait être intéressé à voir Yann Piat disparaître", renchérit Christian Sainte qui avait conduit l'enquête pour la PJ. Finale, le bistrotier, et Sercia, l’ennemi politique de Yann Piat "étaient proches", rappelle le policier. En faisant disparaître Yann Piat, le premier "se donnait les moyens de peser sur Sercia... En facilitant l'élection de Sercia à la mairie, il pouvait peser sur la ville".
"Pour autant, l'enquête n'a pas pu démontrer une quelconque implication de Sercia dans ce meurtre", tempère-t-il.
Mort en 2010 à 65 ans, Finale a emporté son secret dans la tombe.
A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.
C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.
Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.
Le Conseil constitutionnel a censuré ce jeudi 21 mai plusieurs articles emblématiques de la loi de « simplification économique », parmi lesquels la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) et un assouplissement des règles du « zéro artificialisation nette » (ZAN). Jugées sans rapport direct avec le projet de loi initial, ces dispositions ont été qualifiées de « cavaliers législatifs ». Au total, 25 articles sur 84 ont été censurés totalement ou partiellement, au terme d’un feuilleton parlementaire de deux ans.