Assemblée nationale: Cazeneuve obtient une large confiance
Bernard Cazeneuve a obtenu mardi une large confiance de l'Assemblée, s'engageant dans son discours de politique générale devant les députés à...

Assemblée nationale: Cazeneuve obtient une large confiance

Bernard Cazeneuve a obtenu mardi une large confiance de l'Assemblée, s'engageant dans son discours de politique générale devant les députés à...
Public Sénat

Par Marc PRÉEL, équipe AFP de l'Assemblée

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Bernard Cazeneuve a obtenu mardi une large confiance de l'Assemblée, s'engageant dans son discours de politique générale devant les députés à faire que chaque journée de son court bail à Matignon soit "utile" pour "préparer l'avenir".

La déclaration du nouveau Premier ministre a été approuvée par 305 voix contre 239 et dix abstentions, davantage que pour le second gouvernement de Manuel Valls en septembre 2014 (269 voix pour, 244 contre, 53 abstentions) et proche de celle du premier.

Le vote favorable d'un député PS, "pas enregistré par la machine" pour "des raisons techniques", n'est pas comptabilisé dans ce "résultat chiffré annoncé en séance, qui, conformément à l'usage, ne peut être modifié", a tenu à préciser le président de l'Assemblée, Claude Bartolone (PS), juste avant le débat en soirée sur l'état d'urgence.

Une semaine après la passation de pouvoirs avec l'ex-locataire de Matignon lancé dans la course à la primaire de la gauche, Bernard Cazeneuve a affiché l'"engagement" de conforter "notre pacte républicain" et placer au cœur de son action "la notion de respect".

Les députés socialistes applaudissent Bernard Cazeneuve lors de son discours de politique générale, le 13 décembre 2016, à l'Assemblée nationale
Les députés socialistes applaudissent Bernard Cazeneuve lors de son discours de politique générale, le 13 décembre 2016, à l'Assemblée nationale
AFP

Dans un discours de 45 minutes devant un hémicycle pas totalement comble et souvent dissipé, le chef du gouvernement, invoquant Mendès France et Jaurès, a exalté le "courage" et le "sang-froid" du pays face au terrorisme, et une "société vivante et solidaire", "très différente du portrait désabusé qu’en font les polémistes et les prophètes du déclin".

En présence du gouvernement quasi complet et sous des sarcasmes réguliers de droite, il a défendu, à 130 jours du premier tour de la présidentielle et deux mois et demi de la fin de la session parlementaire, le bilan du quinquennat "à conforter jusqu'à la dernière minute".

Se plaçant dans les pas des "réformes engagées par les gouvernements" Ayrault et Valls, il a appelé la majorité à être "fière de ce qui a été fait", et clamé que la lutte contre le chômage resterait "évidemment la priorité de ce gouvernement".

François Fillon le 13 décembre 2016 à l'Assemblée nationale à Paris
François Fillon le 13 décembre 2016 à l'Assemblée nationale à Paris
AFP

De la politique sociale à la crise migratoire, le Premier ministre a attaqué les options de la droite en présence de son candidat pour 2017 François Fillon, aperçu à un moment de son intervention en train de dédicacer l'un de ses ouvrages. "On peut réformer sans abîmer, on peut moderniser sans détruire", a taclé l'ex-ministre de l'Intérieur.

En préambule, M. Cazeneuve a dénoncé les "innombrables atrocités" et "massacres" du régime syrien à Alep "avec l'appui" de la Russie, pouvant constituer des "crimes de guerre", voire "contre l'humanité".

Dans une anaphore sur son objectif de "préparer l'avenir", le locataire de Matignon, à la conclusion saluée par une ovation debout de la majorité, a souhaité que la campagne présidentielle permette des "débats de fond". "Le pays a besoin de Républicains de droite et de gauche qui se respectent", a-t-il aussi affirmé.

- "Défendre l'indéfendable" -

Premier secrétaire du PS et député de Paris, Jean-Christophe Cambadélis a noté que "l'Histoire a montré qu’en peu de temps, on pouvait faire de grandes choses".

Bernard Cazeneuve le 13 décembre 2016 à l'Assemblée nationale à Paris
Bernard Cazeneuve le 13 décembre 2016 à l'Assemblée nationale à Paris
AFP

Tranchant avec leur abstention pour le second vote de confiance au gouvernement Valls en 2014, les socialistes "frondeurs" ont marqué un "vote d'approbation" à M. Cazeneuve, pas d'"acceptation des choix qui ont divisé la gauche". Une seule s'est abstenue, Barbara Romagnan, comme 7 écologistes contestataires.

Si le patron des radicaux de gauche Roger-Gérard Schwartzenberg a parié sur la "détermination" du Premier ministre, Alain Tourret (PRG) a regretté qu'il ne fasse pas "plus rêver".

Chef de file Front de gauche, André Chassaigne a rejeté la confiance à un Premier ministre "condamné à assumer le rôle d’exécuteur testamentaire" d'un quinquennat au "triste bilan".

Le patron des députés LR, Christian Jacob a dressé "un réquisitoire" d'un "quinquennat qui ne mérite aucune oraison", et prédit au Premier ministre "d'emmener les siens à une débâcle qui sera plus rude que celle de 1993". Son homologue centriste Philippe Vigier a jugé M. Cazeneuve condamné à "défendre l'indéfendable" après une nomination née de "la débâcle" de François Hollande.

La droite en a profité pour réclamer une "puissante" alternance, récusant les accusations de gauche contre le projet de son champion sur la Sécu ou les fonctionnaires.

Marine Le Pen, présidente du FN, a vu dans ce discours une "tribune électoraliste et politicienne".

Le Sénat, où la déclaration de politique générale a été lue mardi par Jean-Marc Ayrault, débattra, sans vote, mercredi en présence du Premier ministre.

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