Le Premier ministre Edouard Philippe a quasiment achevé mardi sa tournée de partenaires sociaux sans dire un mot sur la réforme à venir de l...
Assurance chômage: Matignon achève la tournée des partenaires sociaux
Le Premier ministre Edouard Philippe a quasiment achevé mardi sa tournée de partenaires sociaux sans dire un mot sur la réforme à venir de l...
Par Déborah CLAUDE, Bertille OSSEY-WOISARD
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Le Premier ministre Edouard Philippe a quasiment achevé mardi sa tournée de partenaires sociaux sans dire un mot sur la réforme à venir de l'assurance chômage, et a essuyé au passage les vives critiques de la CFDT sur la politique sociale du gouvernement.
"J'ai affirmé auprès du Premier ministre qu'il y avait un ressenti négatif à l'égard des politiques menées, qu'il y avait un prisme budgétaire qui ne faisait pas sens pour les travailleurs", a ainsi déclaré Laurent Berger, numéro un de la CFDT, à sa sortie de Matignon.
Il avait été reçu pendant une heure, comme la semaine dernière ses pairs de la CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, Medef, CPME, U2P, Solidaires et FNSEA par Edouard Philippe et les ministres Agnès Buzyn (Solidarités et Santé) et Muriel Pénicaud (Travail). Seule la Fesac (employeurs du spectacle) devait encore être reçue mercredi.
Ces entretiens étaient à peine commencés que la CGT et FO se sont entendues sur une date de manifestation et de grève interprofessionnelle, le 9 octobre, pour protester contre "la politique idéologique du gouvernement".
La prochaine négociation sur la convention d'assurance chômage, réclamée par l'exécutif, focalise les inquiétudes de tous les syndicats. "Si la seule logique était budgétaire, la CFDT n'y verrait pas d'intérêt", a redit mardi M. Berger.
"Réduire en hauteur comme en durée les indemnités versées est une idée dans laquelle on ne pourra pas s'inscrire", a approuvé Luc Bérille, numéro un de l'Unsa, reçu dans la foulée de M. Berger.
Le numéro un de FO Pascal Pavageau le 30 août 2018 à l'Hôtel Matignon à Paris
AFP
Si l'idée c'est de "nous demander de supprimer le principe même de l'assurance chômage, le tout dans un cadre budgétaire contraint, j'ai dit au Premier ministre: +on n'est pas la secte du temple du Soleil, on ne va pas tous se réunir dans un coin pour se faire hara-kiri sur demande du gouvernement+", avait tonné Pascal Pavageau, secrétaire général de FO, après son entretien la semaine dernière.
Tout au long des discussion, Edouard Philippe est resté muet sur les pistes retenues, alors qu'une lettre de cadrage de la négociation doit être envoyée aux partenaires sociaux d'ici fin septembre.
De son côté, Muriel Pénicaud a souligné que cette réforme visait à "lutter contre la précarité" et "inciter au retour à l'emploi", alors que le chômage ne recule pas. Elle a aussi dit n'avoir "pas de tabou", y compris sur la dégressivité des allocations, une idée lancée par un député LREM.
Qu'elle concerne les cadres ou une autre catégorie, cette idée a fait bondir tous les syndicats, alors que pour le Medef, il s'agit d'un "paramètre comme un autre".
- 'Sur le dos des chômeurs' -
Le patron du Medef Geoffroy Roux de Bezieux, à Paris, le 27 août 2018
AFP/Archives
Resté relativement discret jusqu'ici, le nouveau patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, a détaillé lundi sa proposition de "remise à plat" du régime: allocation universelle forfaitaire, régime assurantiel complémentaire obligatoire, voire un régime supplémentaire pour les indépendants et les chefs d'entreprise.
"Toutes les organisations (syndicales) sont d'accord pour dire que cela commence de manière assez violente", décrypte auprès de l'AFP Denis Gravouil, négociateur à la CGT, qui craint "des économies sur le dos des chômeurs". Sur la méthode, son numéro un Philippe Martinez trouve que "rien n'a changé" par rapport à la première année du quinquennat.
Pour faire un "diagnostic partagé", les partenaires sociaux ont prévu de se voir les 7, 11 et 12 septembre, avant une réunion de synthèse le 14. Ils verront ensuite le ministère du Travail, avant que ne soit envoyée la lettre de cadrage.
Syndicats et patronat décideront ensuite d'entamer ou non une négociation sur la base de cette feuille de route. Laurent Berger a d'ores et déjà écarté toute idée de boycott.
Selon les sources, les économies demandées oscillent entre 800 millions et 2 milliards d'euros.
Côté patronat, le sujet qui fâche est le bonus-malus, un dispositif qui pénaliserait les entreprises abusant des contrats courts.
Parmi les autres pistes de travail: instaurer une allocation de chômage longue durée et retoucher aux règles permettant de cumuler activité et allocation chômage. C'est le cas de près de 800.000 personnes chaque mois, souvent des femmes et des seniors.
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