Assurance chômage : « Sur le fond nous avons un désaccord » déclare Philippe Martinez
Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a rencontré le chef de l’État, ce jeudi, pour entamer les concertations sur les prochains chantiers du gouvernement. La réforme de la formation professionnelle, de l’apprentissage et l’épineuse question de l’assurance maladie seront discutées. 

Assurance chômage : « Sur le fond nous avons un désaccord » déclare Philippe Martinez

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a rencontré le chef de l’État, ce jeudi, pour entamer les concertations sur les prochains chantiers du gouvernement. La réforme de la formation professionnelle, de l’apprentissage et l’épineuse question de l’assurance maladie seront discutées. 
Public Sénat

Par Helena Berkaoui

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le leader de la CGT, Philippe Martinez, était reçu par le chef de l’État, ce matin à l’Élysée. Six autres représentants des partenaires sociaux sont attendus à l’Élysée aujourd’hui et Laurent Berger (CFDT) demain. La formation professionnelle, l’apprentissage et l’assurance maladie sont au cœur des discussions avec le chef de l’État. Quelques jours après la manifestation des fonctionnaires, Philippe Martinez a « rappelé tout le mal que nous pensions de cette loi » travail, à Emmanuel Macron.

Le secrétaire général de la CGT a signifié au chef de l’État que « l'épisode précédent ne nous a pas satisfait tant sur le fond que sur la forme » en référence aux ordonnances visant à réformer le code du travail. La CGT a appelé à manifester contre les ordonnances le 19 octobre prochain. Revenant sur la phrase polémique d’Emmanuel Macron qui accusait certains salariés « de foutre le bordel, » Philippe Martinez lui a répondu « que la réponse pour ces salariés (de GM&S) ce n’était pas d'aller travailler à deux heures de chez eux sur une activité qui n'avait rien à voir avec la leur mais qu'il fallait des réponses concrètes. » Sceptique sur les résultats de cette concertation, le secrétaire de la CGT a déclaré que « discuter ça sert toujours, mais que nous n'avons pas des têtes d'alibi. »

 « Pas question pour nous de réduire les droits des privés d’emplois »

Sur l’assurance chômage, le secrétaire général de la CGT a été ferme, « pas question pour nous de réduire les droits des privés d’emplois. » L’assurance chômage devrait être étendue aux démissionnaires et aux indépendants. Le financement et la gouvernance du régime devraient aussi être revus. Le gouvernement souhaite que l’assurance chômage ne soit plus seulement financée par les cotisations mais aussi par la CSG. Philippe Martinez estime, lui, que « tout ce qui consiste à exonérer les cotisations ne va pas dans le bon sens. » Le syndicaliste indique que « sur le fond nous avons un désaccord c’est que plutôt que de réduire les dépenses comme le propose le gouvernement en matière de chômage, il faut augmenter les recettes et la meilleure façon d’augmenter les recettes c’est qu’il y ait plus de cotisations. 

La gouvernance du régime de l’assurance chômage devrait passer d’une gestion paritaire entre les partenaires sociaux à une gestion tripartite avec un pilotage de l’État. Le secrétaire général de la CGT n’est « pas d’accord, en aucun cas ça ne doit se faire de façon tripartite, c’est aussi valable pour la formation professionnelle » précise-t-il. Philippe Martinez a aussi demandé une clarification « de la notion de travailleur indépendant » prenant l’exemple des polémiques sur les conditions de travail des livreurs à vélo « Deliveroo. » Concernant la réforme de l’apprentissage, Philippe Martinez demande au gouvernement de veiller à ce que les apprentis aient « un niveau de culture défini et suffisant. »

Partager cet article

Dans la même thématique

BIDONVILLE A MAYOTTE
7min

Politique

Inégalités dans les outre-mer : école, santé, pouvoir d’achat… Les propositions de la commission d’enquête du Sénat pour combler les disparités avec la métropole

La commission d’enquête sénatoriale sur les « inégalités systémiques » frappant les territoires ultramarins a rendu ses conclusions ce jeudi. Lancée par les sénateurs communistes, elle formule une soixantaine de propositions balayant le spectre des difficultés outre-mer, de la gestion sanitaire à la souveraineté économique.

Le

Presidential candidate Jean-Luc Melenchon gives a press conference in Paris
7min

Politique

Écorégions : Jean-Luc Mélenchon propose de redessiner la carte des régions pour faire de la France « la première République écologique du monde »

En pleine séquence de canicule, le chef de file de La France insoumise relance son projet de « république écologique ». Le candidat à l’élection présidentielle propose, s’il accède à l’Élysée, de remplacer les régions actuelles par treize « écorégions » organisées autour des bassins versants. Une réforme institutionnelle ambitieuse, qui reste à ce stade une proposition de campagne.

Le

Session of questions to the government at the National Assembly
9min

Politique

Main tendue de Laurent Wauquiez à Édouard Philippe : « C'est le retour de la droite la plus bête du monde », tacle le camp de Bruno Retailleau

Dans les colonnes du Figaro, le patron des députés de droite, Laurent Wauquiez semble avoir, une fois de plus, savonné la planche du candidat à la présidentielle de son parti, Bruno Retailleau, estimant, sans le nommer, qu'il devrait « savoir se retirer le plus tôt possible » au profit du candidat le mieux placé pour rassembler la droite et le centre, en l'occurrence Édouard Philippe. Si l'entourage de Laurent Wauquiez dément tout soutien au candidat Horizons, ses propos agacent mais ne surprennent pas vraiment le camp du Vendéen.

Le

Assurance chômage : « Sur le fond nous avons un désaccord » déclare Philippe Martinez
3min

Politique

Loi d’urgence agricole : « Si le Sénat fait le choix de faire capoter le texte, ce sera sa responsabilité », tacle Marc Fesneau, président des députés MoDem

Invité de la matinale de Public Sénat ce jeudi, Marc Fesneau a réaffirmé les lignes rouges de la majorité gouvernementale concernant le projet de loi d’urgence agricole, actuellement examiné au Sénat. La réintroduction de plusieurs pesticides par les sénateurs menace de « faire capoter le texte », qui ne pourra être voté en l’état à l’Assemblée, avertit l’ancien ministre de l’agriculture.

Le