Tandis qu’un nouvel attentat a fait trois morts, ce jeudi à Nice, les sénateurs s’accordent sur la nécessité d’une concorde nationale, même si certains demandent déjà au gouvernement un durcissement des mesures antiterroristes.
Attentat de Nice : Les sénateurs réclament des mesures
Tandis qu’un nouvel attentat a fait trois morts, ce jeudi à Nice, les sénateurs s’accordent sur la nécessité d’une concorde nationale, même si certains demandent déjà au gouvernement un durcissement des mesures antiterroristes.
Trois morts. C’est le bilan d’une nouvelle attaque au couteau, survenue ce jeudi, dans la basilique Notre-Dame de Nice, quelques jours après l’assassinat terroriste de Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine. Le parquet antiterroriste a été saisi, et Emmanuel Macron est sur place, en compagnie du ministre de l’Intérieur et du Garde des Sceaux. Dans les rangs de la Haute assemblée, on regrette un « acte effroyable », survenu dans un « contexte extrêmement difficile ». « C’est un sentiment de profonde tristesse qui m’habite, couplé à un sentiment de révolte pour cet acte effroyable, qui me rappelle celui de Saint-Etienne du Rouvray », commente la sénatrice centriste Catherine Morin-Desailly. « C’est la deuxième fois qu’on s’attaque à des églises en veille de Toussaint, c’est un signe important, qui vise à diviser toujours plus notre communauté nationale, à remettre en cause nos fondamentaux : notre liberté de dire, de s’exprimer, de croire. »
« Notre pays vit des heures très noires dans ce contexte de reconfinement, nous voyons que certains sont en train de vouloir saper les fondements de notre République », réagit quant à lui le président du groupe socialiste au Sénat Patrick Kanner. « Mes premiers mots vont vers les victimes tombées sous le couteau d’un fanatique islamiste. Nous sommes aujourd’hui effrayés, mais que cet effroi ne nous empêche pas de croire en ce que nous sommes. Je reprendrais les mots du président de la République : « Ils ne passeront pas ». Il faudra savoir résister. » A droite de l’hémicycle, on alerte sur ce nouvel attentat, qui devrait susciter une réaction de l’exécutif. « C’est un signal d’alarme extraordinairement cruel et brutal qui implique de la part des pouvoirs publics une mobilisation plus forte encore », soutient le sénateur Les Républicains Gérard Longuet. « Malheureusement le terreau de l’islamisme existe et s’il est ultra-minoritaire il est suffisamment important pour être une menace absolument permanente. »
« Combien de morts faudra-t-il pour que le gouvernement prenne les bonnes décisions ? »
D’une seule voix, les sénateurs s’accordent sur la nécessité d’instaurer un esprit d’union nationale. « Nous avons besoin de concorde nationale », estime Patrick Kanner. « Nous retrouvons finalement l’ambiance triste des attentats de 2015 et 2016 où la nation française était capable de se rassembler pour faire face aux ennemis intérieurs ou extérieure. Je demande aux concitoyens de croire en notre avenir et de pouvoir se projeter. » Plus offensif, le sénateur LR Roger Karoutchi appelle, lui aussi, à l’union nationale, mais la conditionne à une « réponse forte de l’exécutif ». « Il faut que l’unité nationale se manifeste, mais elle ne peut se manifester que par une politique extrêmement forte à l’égard des terroristes », assure-t-il. « J’entends tout ce qu’on veut : il y a des droits, des lois, des règles. Mais il doit y avoir aussi un gouvernement, qui ne doit pas se contenter de faire des célébrations. On veut des actes forts, il ne s’agit pas de nous dire une fois par mois on va fermer une mosquée. On veut un changement de politique en matière sécuritaire, et d’intégration. Il faut un gouvernement fort, pas en déclaration ou en incantation, mais en actes. »
Et pour certains, le gouvernement n’a pas pris de mesures suffisantes après les derniers attentats survenus sur le territoire français. « Combien de morts faudra-t-il pour que le gouvernement prenne les bonnes décisions ? », s’insurge le sénateur Marc-Philippe Daubresse. « Nous avons rédigé, avec Philippe Bas, une proposition de loi permettant de pérenniser certaines mesures de la loi antiterroriste et de durcir certaines d’entre elle, mais la majorité s’y est opposée à l’Assemblée nationale. Résultat : nous avons trois morts de plus ». « Les citoyens de base vont être révoltés contre l’autorité de l’Etat qui est toujours là pour sanctionner les excès de vitesse mais qui s’avère impuissant à endiguer le terrorisme », abonde Gérard Longuet. « L’enjeu c’est la crédibilité de l’Etat protecteur des citoyens. »
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