Attentats : quels effets sur l’élection présidentielle ?
L’attentat de jeudi soir sur les Champs-Elysées peut-il favoriser des candidats plus que d’autres pour le premier tour ? Difficile à dire. Tous les candidats ont réagi. François Fillon et Marine Le Pen ont clairement cherché à capitaliser sur l’événement.

Attentats : quels effets sur l’élection présidentielle ?

L’attentat de jeudi soir sur les Champs-Elysées peut-il favoriser des candidats plus que d’autres pour le premier tour ? Difficile à dire. Tous les candidats ont réagi. François Fillon et Marine Le Pen ont clairement cherché à capitaliser sur l’événement.
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Enième rebondissement d’une campagne folle, avant peut-être une dernière surprise au soir du premier tour, l’attentat des Champs-Elysées peut-il influencer le choix des électeurs dimanche ? La question se pose, tant l’incertitude pèse sur la fin de campagne. Quatre candidats peuvent prétendre à la qualification pour le second tour. Mais François Fillon ou Marine Le Pen peuvent-ils être les bénéficiaires indirectes de l’attaque ? On peut en émettre l’hypothèse. C’est en réalité très difficile à dire.

Les intéressés, bien conscients du parti qu’ils pouvaient tirer de la situation, n’ont pas tardé à réagir. Dès jeudi soir, sur France 2, François Fillon a annoncé qu’il arrêtait sa campagne. En réalité non. Il a simplement annulé ses derniers déplacements pour faire une déclaration très politique vendredi matin (voir la vidéo). Mettant en cause le gouvernement, il a assuré que le « combat » contre le terrorisme « doit être la priorité du prochain quinquennat ». Marine Le Pen a elle affirmé que « tout a été fait pour que nous perdions la guerre » contre le terrorisme. Bernard Cazeneuve n’a pas tardé à réagir. Le premier ministre leur reproche en substance de chercher à récupérer l’événement (voir la vidéo). Drôle de fin de campagne.

Certains électeurs pourront se demander, au moment de passer dans l’isoloir, qui est en mesure de leur apporter la sécurité. Emmanuel Macron le sait bien et lui aussi apporte ses réponses : « Je serai implacable pour vous protéger » a-t-il assuré lors d’une déclaration vendredi matin.

« Le terrorisme s’est invité dans la campagne et dans l’élection »

A droite, on récuse toute volonté de récupération. « Il faut se refuser à ce genre de facilité » affirme le sénateur Bruno Retailleau, coordinateur de campagne de François Fillon. S’il assure qu’il n’y a « absolument pas de changement de stratégie », il souligne que le candidat LR « a fait le premier le diagnostic sur le totalitarisme islamique ». Regarder (images Quentin Calmet et Stéphane Hamalian) :

Bruno Retailleau : « François Fillon a fait le premier le diagnostic sur le totalitarisme islamique »
00:55

Frédéric Péchenard, proche de Nicolas Sarkozy et ancien Directeur général de la Police nationale, reconnaît que « ça remet bien sûr les sujets régaliens au centre des préoccupations des Français ». « Le terrorisme s’est invité dans la campagne et dans l’élection » constate-t-il, c’est pourquoi « il faut à la fois garder son sang froid et une hauteur de vue ». Et d’ajouter : « Je le dis depuis plusieurs mois et années : ce n’est pas le dernier attentat qu’on aura. (…) Il faut que les Français fassent leur choix en fonction de ça »… Regardez :

Frédéric Péchenard : « Le terrorisme s’est invité dans la campagne et dans l’élection »
01:25

« Daesh agit pour perturber ou intervenir sur nos élections »

Cet attentat peut-il en revanche faire perdre à Jean-Luc Mélenchon les chances qu’il a d’être au second tour ? Du côté de l’équipe du candidat de la France insoumise, on n’y croit pas. Selon Eric Coquerel, soutien du candidat, « le peuple a une intelligence » vis-à vis des attaques terroristes, « il ne faut pas se laisser aller à des humeurs, des réactions sur la peur qui inverserait leur vote », même si « Daesh agit pour perturber ou intervenir sur nos élections, d’une manière ou d’une autre ». Mais le responsable du Parti de gauche souligne qu’« il ne faut céder en rien face à ceux qui visent à perturber le phénomène démocratique. La réponse est de montrer qu’ils ne nous font pas peur, ne nous perturbent pas ». Le candidat a d’ailleurs maintenu son événement organisé vendredi soir avec Pablo Iglesias, leader de Podemos, le parti de gauche radicale espagnol.

Pour le politologue Olivier Rouquan, l’attentat « crée un climat particulier au moment du vote. Il est clair que certains électeurs auront à l’esprit ce type d’événement » a-t-il souligné jeudi soir sur le plateau de Public Sénat. Mais « il est très difficile de mesurer l’effet que peut avoir ce type d’événement sur les comportements électoraux. Ceci étant dit, cela fait plusieurs campagnes où plus on approche du moment du vote et où plus il y a un événement de type dramatique qui vient marquer la fin de campagne. Ensuite, on sait très bien qu’il y a des candidats qui sont positionnés depuis longtemps sur ce type d’enjeu, qui ont un discours repéré et d’autres moins. Est-ce que ça profite à quelqu’un ou pas ? C’est très difficile à mesurer ».

Olivier Rouquan : "Il est très difficile de mesurer l’effet que peut avoir un attentat sur les comportements électoraux"
01:02

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