Au Sénat, vive émotion après la mort de Charles Aznavour
Icône de la chanson française, le chanteur Charles Aznavour s’est éteint ce lundi 1er octobre à l’âge de 94 ans. Au Sénat, l’émotion est forte.

Au Sénat, vive émotion après la mort de Charles Aznavour

Icône de la chanson française, le chanteur Charles Aznavour s’est éteint ce lundi 1er octobre à l’âge de 94 ans. Au Sénat, l’émotion est forte.
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De tous les parlementaires de cette assemblée, c’est probablement Nathalie Goulet qui était sa plus grande admiratrice. « C’est un choc », réagit la sénatrice (UDI) de l’Orne auprès de Public Sénat. « C’est une légende qui s’éteint, c’était une légende vivante qui a traversé un siècle. Il était intemporel dans ses textes, mais aussi complètement ouvert sur les autres cultures », commente la sénatrice, qui ne compte plus les concerts de l’artiste auxquels elle a assisté ces dernières années. Comme celui de Francfort, le 24 mai 2014, le jour de son anniversaire.

Reste aussi un souvenir mémorable dans l’hémicycle du palais du Luxembourg, au moment des débats sur la proposition de loi visant à réprimer la contestation de l'existence des génocides reconnus par la loi. « Je lui dois ma plus grande bérézina parlementaire », raconte Nathalie Goulet, qui n’était pas favorable à ce que le Parlement se saisisse de ces questions :

« Il était dans les tribunes de l’hémicycle quand je suis intervenue contre la reconnaissance du génocide arménien. En arrivant au pupitre, en levant les yeux, j’ai vu qu’il était juste devant moi. À ce moment, je me suis demandé pourquoi j’avais cette position […] J’ai changé ma position en redescendant de la tribune. J’ai senti que je commentais une erreur. Je suis allée m’en excuser auprès de lui. »

Lire aussi : Charles Aznavour : son combat pour la reconnaissance du génocide arménien

« Tout le monde a été bercé avec Charles Aznavour », réagit la sénatrice, qui rappelle que plusieurs de ses paroles sont tombées dans le langage courant. « Je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître », cite-t-elle en exemple. « Il avait une vision extraordinaire du monde. Sa chanson sur les migrants est remarquable, elle est complètement d’actualité ».

« Un monument »

Dans la même famille politique au Sénat, le président du groupe Union centriste, Hervé Marseille a rendu hommage « au formidable Charles Aznavour ». « La voix d'un grand homme s'est éteinte mais il nous laisse des trésors musicaux », considère le sénateur des Hauts-de-Seine.

La sénatrice de Mayenne, Élisabeth Doineau, partage aussi sa « profonde tristesse » : « sa voix, ses choix artistiques, son témoignage du génocide arménien, sa forte personnalité, autant de repères qui vont nous manquer ».

À la tête de la commission de la Culture, la centriste Catherine Morin Desailly a rendu hommage à « un immense artiste » et à ses « centaines de chansons toutes plus belles les unes que les autres qui fredonnent dans nos têtes ».

Lui aussi membre de la commission de la Culture, le sénateur David Assouline a fait part des sentiments qui l’ont « envahi » à l’annonce de cette disparition, et qu’aurait partagés le chanteur d’origine arménienne : tristesse, tendresse, nostalgie, exil. « L’Arménie au cœur, C’est un monument éternel de la chanson française qui nous quitte », a ajouté le sénateur socialiste de Paris.

Charles Aznavour était un "monument de la chanson française", réagit David Assouline
04:15
« C’était un monument de la chanson française […] Il avait l’air invincible », réagit le sénateur socialiste David Assouline

« Monument », l’expression revient dans la bouche de plusieurs sénateurs, comme Mathieu Darnaud ou sa collègue Anne-Marie Bertrand (LR).

Le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, estime que la France est en deuil. « Il a montré que l’excellence pouvait être populaire », salue le sénateur de Vendée.

L’ancien secrétaire d’État chargé des Anciens combattants et de la Mémoire sous François Hollande, Jean-Marc Todeschini, se souvient de la cérémonie organisée à Erevan pour le centenaire du génocide en 2015. « Je ne peux croire à la mort d’Aznavour. Il reste ses textes », écrit le sénateur de Moselle, avant de citer les paroles de « C’est fini » (1965).

Au groupe LREM, le sénateur de Paris Julien Bargeton garde en mémoire une autre chanson :

Au groupe CRCE (communiste, républicain, citoyen et écologiste), Fabien Gay (Seine-Saint-Denis) est certain que les « mélodies populaires » du « monstre sacré du music-hall » « résonneront encore longtemps », avant de citer 7 titres inoubliables du chanteur :

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