« Au terme du quinquennat Macron, la situation du logement est catastrophique » selon la sénatrice LR Dominique Estrosi Sassone

« Au terme du quinquennat Macron, la situation du logement est catastrophique » selon la sénatrice LR Dominique Estrosi Sassone

« Emmanuel Macron aura fait du logement des plus modestes la variable d’ajustement budgétaire, et en tout cas une source d’économies » dénonce la sénatrice LR des Alpes-Maritimes, alors que la Fondation Abbé Pierre juge durement le bilan du chef de l’Etat en matière de logement.
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A l’heure du bilan pour Emmanuel Macron, Dominique Estrosi Sassone, sénatrice LR des Alpes-Maritimes, estime que la « crise du logement est gravissime ». Selon cette spécialiste du sujet, au sein du groupe LR du Sénat, et conseillère politique de Valérie Pécresse pour la campagne, la fusion des APL avec les minima sociaux, proposée par Emmanuel Macron, est une « très mauvaise idée ». Entretien.

Dans son rapport annuel sur le logement, la Fondation Abbé Pierre dresse un bilan très dur pour le logement dans le quinquennat Macron, parlant de « creusement des inégalités » ou d’une perte de 6 milliards d’euros pour les logements sociaux depuis 2018. Partagez-vous ce constat très critique ?

Je partage complètement le constat. Et au total, la perte est de 15 milliards d’euros. On voit bien aujourd’hui, au terme du quinquennat Macron, qu’on arrive à une situation au niveau du logement dans notre pays, qui est catastrophique, avec notamment l’aggravation des chiffres de la construction, avec moins 170.000 logements. On n’avait pas atteint de tels déficits depuis 1986. Cette crise du logement est gravissime. On ne peut pas la mettre uniquement sur le compte de la pandémie ou des municipales, où les maires arrêtent les projets. Elle est la conséquence d’un certain nombre de décisions arrêtées durant le quinquennat.

Il y a eu aussi toutes les attaques dans le domaine du logement social et en direction des ménages les plus modestes. Emmanuel Macron aura fait du logement des plus modestes la variable d’ajustement budgétaire, et en tout cas une source d’économies. Il y a eu la baisse des APL bien sûr. Même les ministres ont reconnu qu’il avait fait une erreur. Mais ils ne l’ont pas corrigé. Il y a 10 milliards qui manquent avec les mesures sur les APL. Et il y a les ponctions imposées aux bailleurs sociaux. Pour compenser cette baisse, ils ont inventé la réduction des loyers de solidarité. Les bailleurs ont perdu une grande partie de leur capacité d’autofinancement. Ils ne peuvent plus construire, ni rénover le parc locatif.

Lors d’un échange avec la Fondation Abbé Pierre ce mercredi, Emmanuel Macron a expliqué vouloir fusionner les APL avec les minima sociaux pour pouvoir mettre en place le revenu universel d’activité. Une bonne idée ?

C’est catastrophique. Les APL ne doivent pas être intégrées dans le revenu universel d’activité. Si vous interrogez tout le monde du logement social, ils vous diront que les APL ne sont pas une allocation comme les autres. Je trouve que c’est une très mauvaise idée.

Dans les zones tendues des grandes villes, comment répondre à la hausse des prix à l’achat et à la location ?

Il faut construire plus. Cela fera en sorte que les prix de l’immobilier pourraient être mieux régulés. Et il faut plus de constructions sur tous les segments. Du logement social évidemment, jusqu’au logement social qui se rapproche du logement intermédiaire. Et il faut développer toutes les dispositions d’accession à la propriété, et particulièrement l’accession sociale à la propriété. Or Emmanuel Macron a supprimé les APL accession, alors que c’est un outil qui pour 50 millions d’euros permet d’avoir un levier.

Lors de la CMP sur la loi 3DS, l’accord entre députés et sénateurs a prévu de fixer des objectifs, avec le préfet, pour les communes en retard sur les quotas de 25 % de logements sociaux. Ne risque-t-on pas de revoir à la baisse l’ambition pour la construction de nouveaux logements sociaux ?

Non. La loi SRU est là. Personne ne veut y porter atteinte. Et pas Valérie Pécresse, alors qu’Eric Zemmour veut la supprimer. Ce qu’on a voulu faire, c’est l’adaptation de la loi aux réalités territoriales, aux spécificités locales, à travers ce contrat de mixité sociale. Ce qui ne veut pas dire qu’on s’exonère de tenir des objectifs. Mais il y aura un rythme de rattrapage dans le temps, et non plus avec cette date butoir de 2025 qui était irréaliste pour les communes. Là, les objectifs sont calculés en fonction du foncier local, du nombre de logements sociaux.

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