Autonomie ou alliance, la gauche face à son premier test électoral
Cinq listes de gauche aux Européennes de l'an prochain? En recomposition ou en devenir, les formations de gauche risquent de se présenter...

Autonomie ou alliance, la gauche face à son premier test électoral

Cinq listes de gauche aux Européennes de l'an prochain? En recomposition ou en devenir, les formations de gauche risquent de se présenter...
Public Sénat

Par Lucile MALANDAIN

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Cinq listes de gauche aux Européennes de l'an prochain? En recomposition ou en devenir, les formations de gauche risquent de se présenter éparpillées pour ce qui apparaît comme le premier grand test électoral pour l'opposition.

Sortis anéantis de la séquence électorale, le Parti socialiste, Europe Ecologie-Les Verts et le Parti communiste ont entamé depuis l'été un laborieux chemin de refondation dont l'aboutissement ne sera pas visible avant des mois.

De son côté, le mouvement Générations de Benoît Hamon vient juste de fixer son premier organigramme et travaille à un projet européen transnational avec le Grec Yanis Varoufakis notamment.

Seule à s'être déjà structurée, avec une campagne présidentielle réussie, des expériences militantes innovantes et un groupe solide à l'Assemblée nationale, La France insoumise apparaît déjà en mesure de se mettre en ordre de marche pour 2019.

Face aux médias Manuel Bompard, coordinateur des campagnes de LFI, le 25 novembre 2017 à Cournon-d'Auvergne près de Clermont-Ferrand
Face aux médias Manuel Bompard, coordinateur des campagnes de LFI, le 25 novembre 2017 à Cournon-d'Auvergne près de Clermont-Ferrand
AFP

Un de ses principaux responsables, Manuel Bompard, estime d'ailleurs que le mouvement pourrait établir sa liste dès juin. Voire "présenter un processus global" pour les quatre élections intermédiaires, européennes, municipales, départementales et régionales, avec une "campagne nationale" chaque fois, et la possibilité pour les candidats de ne se présenter qu'une seule fois en position éligible.

Pas question pour Jean-Luc Mélenchon de sacrifier au rassemblement, lui qui assimile les alliances électorales à des "étouffoirs".

La LFI force même le trait, affirmant que les autres formations n'ont "pas le même projet" pour l'Europe, puisqu'elles se refusent toutes à avancer la menace d'un retrait simultané de plusieurs pays de l'Union européenne - le "plan B" de la construction européenne - pour peser davantage sur les négociations notamment avec l'Allemagne.

La question de la tête de liste n'est pas non plus un réel problème, avec trois prétendants peu connus du grand public, M. Bompard, la coordinatrice du programme Charlotte Girard, et le sortant Younous Omarjee, dont la légitimité au sein du mouvement n'est pas à prouver.

- 'Volonté de se compter' ?-

Au PS, l'enjeu de ce scrutin, le premier après l'effondrement de la présidentielle et des législatives, pousse à privilégier l'autonomie stratégique, dans un scrutin qui traditionnellement ne fascine pas les Français.

Pierre Moscovici à Athènes en Grèce le 8 février 2018
Pierre Moscovici à Athènes en Grèce le 8 février 2018
AFP/Archives

Le commissaire européen Pierre Moscovici (PS) assurait fin janvier au bureau national, selon un participant, sa conviction qu'"il y a un espace pour nous", qu'il nomme "l'euro-socialisme", avec une position dynamique sur la scène européenne mais "un discours de gauche sur les inégalités européennes". L'ancien ministre de François Hollande, qui n'exclut pas de conduire la liste, espère en privé un "score à deux chiffres" pour le PS.

Restent les trois autres formations, plus ouvertes à la discussion.

"Entre le libéralisme débridé et le nationalisme étriqué, il y a une troisième voie et nous ne lâcherons pas l'affaire", affirme David Cormand, le secrétaire national d'EELV, qui compte six sortants. Après avoir soutenu Benoît Hamon à la présidentielle, le parti écologiste, en pleine refondation, pourrait trouver une plate-forme commune avec Générations.

"Il y a un rendez-vous historique pour créer une alliance", estime Isabelle Thomas, députée européenne qui a rejoint Générations. Pour elle, "il y a un espace: les gens attendent une proposition politique qui soit pro-européenne et de gauche, il y a cette attente et rien sur le marché".

Défendant son "fédéralisme", Benoît Hamon assure cependant qu'il est envisageable de "mener des politiques qui ne soient pas austères en Europe tout en restant à traités constants".

Une notion qui coince au Parti communiste. "Nous concevons les choses dans le rassemblement, nous cherchons des convergences", explique Anne Sabourin, en charge des questions européennes au PCF. Mais elle ne pense pas, par exemple, "possible de porter la transformation de l'Europe à traités constants" et juge la menace du plan B "petit bras" pour la France.

Le PCF espère en tout cas que "la volonté de se compter" ne l'emporte pas dans les formations de gauche. Ne se faisant guère d'illusion cependant, il a demandé que le seuil de 5% des voix, à partir duquel on peut faire entrer des députés au Parlement européen, soit abaissé à 3%.

Partager cet article

Dans la même thématique

L’entrée du Sénat
3min

Politique

Energie : la majorité sénatoriale passe à l’offensive contre la PPE

En choisissant de publier la nouvelle feuille de route énergétique de la France par décrets, le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est attiré les foudres de la majorité sénatoriale. LR et centristes dénoncent un « passage en force » pour un texte « sans légitimité », qui court-circuite le travail législatif entamé il y a près de deux ans par la Chambre haute.

Le

Pierre-Yves Bournazel, candidat à la mairie de Paris 2026
4min

Politique

Municipales à Paris : « Sarah Knafo présente un programme bidon », tacle Pierre-Yves Bournazel

Le candidat, placé troisième dans les sondages (14%), s’attaque à la députée européenne d’extrême-droite. Conseiller à la mairie de Paris depuis 2008, Pierre-Yves Bournazel cherche à se démarquer de ses adversaires politiques, comme Sarah Knafo en se présentant comme « le meilleur choix du changement ». Dans sa campagne, il incarne le « ni Dati, ni Grégoire », même si la tentation d’une fusion des listes avec l’actuelle ministre de la Culture existe.

Le

Paris : Debate on no-confidence motions against the 2026 finance bill at National Assembly
5min

Politique

Prix du Trombinoscope : Sébastien Lecornu, Amélie De Montchalin, Olivier Faure parmi les lauréats

Le jury du Prix du Trombinoscope, dont Public Sénat est partenaire, a dévoilé son palmarès annuel. Plusieurs figures de premier plan ont été distinguées, parmi lesquelles Sébastien Lecornu, Amélie de Montchalin, le duo des sénateurs de la commissions d’enquêtes sur les aides publiques aux entreprises ou Olivier Faure. Des récompenses qui mettent en lumière une année politique marquée par la tension budgétaire, la recherche de compromis et le retour au premier plan du Parlement.

Le