Stricte égalité du temps de parole à la radio et la télévision, interdiction de publication de sondages la veille du scrutin... Les règles très...
Avec les réseaux sociaux, les règles électorales sont-elles dépassées ?
Stricte égalité du temps de parole à la radio et la télévision, interdiction de publication de sondages la veille du scrutin... Les règles très...
Par Séverine ROUBY
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Stricte égalité du temps de parole à la radio et la télévision, interdiction de publication de sondages la veille du scrutin... Les règles très strictes qui encadrent les médias en période électorale peuvent sembler dépassées à l'heure des réseaux sociaux.
Parmi les plus exigeantes au monde, elles sont contestées par une partie des médias qui les jugent pas toujours faciles à mettre en oeuvre.
Depuis lundi 10 avril et jusqu'à vendredi, les télévisions et les radios doivent proposer à tous les candidats et leurs soutiens des temps de parole et d'antenne (les sujets qui leur sont consacrés) strictement identiques. Et ce dans des conditions de programmation comparables, sous le contrôle du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).
Si cette période d'égalité a été raccourcie de cinq à deux semaines par rapport aux précédentes élections, elle reste un casse-tête pour les médias concernés dont certains ont interpellé le régulateur.
"Nous n'avons pas besoin d'injonctions ou de décompte tatillon et surtout nous devons hiérarchiser l'information, la proportionner", a déploré le chef du service politique de France Inter Frédéric Métézeau la semaine dernière dans un éditorial intitulé "le CSA ruine le travail des journalistes".
Les onze candidats à la présidentielle sur le plateau de BFM TV et CNews, le 4 avril 2017 à La Plaine-Saint-Denis
POOL/AFP
"A vouloir trop raffiner la recherche de l'égalité, l'autorité publique, le CSA, se fourvoie", a commenté de son côté dans un éditorial l'ancien directeur de L'Express Christophe Barbier.
Pour équilibrer le comptage, certains médias ont joué sur le décompte des chroniques, prises en compte dans le temps d'antenne à moins d'être "explicitement défavorables", une notion assez vague, a confié un dirigeant d'un groupe radiophonique.
"Qu'il y ait pendant quinze jours une chance pour tous les candidats, grands ou petits, d'exposer leurs idées et leurs programmes, cela permet d'éclairer le choix de tous les citoyens", fait valoir Sylvie Pierre-Brossolette, conseillère au CSA.
"C'est peut-être lourd, c'est peut-être compliqué mais c'est aussi ce qu'il y a de plus juste. Il y a des pays, notamment de l'autre côté de l'Atlantique où la campagne a été confisquée par un candidat, qui auraient sûrement aimé avoir quelques règles", explique-t-elle à l'AFP, dans une allusion à la campagne américaine.
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Problème : ces règles ne s'appliquent pas sur internet, le CSA précisant sur son site que "la simple diffusion d'un flux vidéo sur un site internet ne répond pas à la définition d'un service de télévision".
Internet est pourtant partie intégrante du dispositif de communication des candidats, avec notamment des vidéos live ou des chaîne YouTube, recommandées aux internautes par des algorithmes qui tendent à renforcer leurs opinions. Il est aussi devenu une habitude : les Français devraient passer cette année quatre heures par jour en ligne contre 3H51 devant le poste de télévision, selon les prévisions de la société d'études eMarketer.
"La loi nous impose aussi un décompte linéaire à onze, à l'heure de la réécoute délinéarisée : podcasts, sites web, réseaux sociaux et applis où l'on ne peut pas mesurer le temps de parole...", regrettait ainsi Frédéric Métézeau.
"Les grands moments de la campagne, ceux qui ont le plus de conséquences sur le destin des candidats, les carrefours d'audience, ça se passe quand même à la télévision et à la radio", se défend Sylvie Pierre-Brossolette.
Le CSA a en revanche demandé l'assouplissement d'une autre règle controversée, celle de la non-publication de sondage la veille et le jour du scrutin, mais le législateur n'a pas suivi, regrette-t-elle.
Les 11 candidats à la présidentielle (g-d): Jean-Luc Mélenchon, François Fillon, Jean Lassalle, Nathalie Arthaud, Marine Le Pen, Benoît Hamon, Jacques Cheminade, Nicolas Dupont-Aignan, François Asselineau et Emmanuel Macron réunis pour un débat organisé par BFM TV et CNews, le 4 avril 2017 à la Plaine-Saint-Denis, près de Paris
AFP
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