Avenir du PS : «C’est une crise réelle, il va falloir faire preuve d’invention», juge Alain Bergounioux
Pour l’historien spécialiste du socialisme, Alain Bergounioux, la situation actuelle du PS est différente de sa déroute de 1993 car le système politique n’est plus le même.

Avenir du PS : «C’est une crise réelle, il va falloir faire preuve d’invention», juge Alain Bergounioux

Pour l’historien spécialiste du socialisme, Alain Bergounioux, la situation actuelle du PS est différente de sa déroute de 1993 car le système politique n’est plus le même.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

2 min

Publié le

Mis à jour le

Une « situation neuve », mais « ce n’est pas non plus une mort politique ». Invité de Politique 360, Alain Bergounioux, spécialiste de l’histoire du socialisme en France a mis en perspective le recul massif attendu pour les députés socialistes aux législatives.

La déroute qui semble se profiler les 11 et 18 juin prochains pour le PS ne marque pas la fin d’un cycle, juge l’historien. « Il y a longtemps que le cycle d’Épinay est fini, depuis les années 80 avec le tournant dit de la rigueur. » En revanche, la reconfiguration du paysage politique « va poser des problèmes de fond au Parti socialiste », affirme Alain Bergounioux. C’est pour cette raison, selon lui, que le parallèle avec la défaite de 1993 n’est pas pertinent :

« 1993 c’était une défaite électorale dans un système qui restait fondamentalement droite-gauche, malgré la présence d’un Front national mais qui était entre 10 et 15%. Aujourd’hui on est dans un nouveau système politique, c’est donc une crise réelle, qui se pose dans des termes neufs, il va falloir faire preuve d’invention. »

« Le PS doit rester un parti de gouvernement »

Quel avenir aura le PS dans la future Assemblée ? « Il faut avoir une autonomie politique », juge-t-il. « Le PS doit rester un parti de gouvernement, et donc il doit avoir une critique intelligente et vigilante ».

L’historien croit qu’il reste « un espace » pour le PS, « encore faut-il savoir l’occuper », ajoute-t-il :

« Il faut essayer de faire l’inventaire, de définir son utilité dans la société française. Il correspond à une réalité politique et à une nécessité politique, que ne représentent ni Mélenchon, ni Macron. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Le Pen ok
7min

Politique

« Il n’était pas fiable » : le départ du conseiller de Jordan Bardella, François Durvye, de la campagne de Marine Le Pen, rappelle les divergences qui traversent le RN

Le divorce entre François Durvye, conseiller éco de tendance libérale, et Marine Le Pen, en plein débat au Medef, montre que le RN connaît encore des différences de lignes internes sur l’économie. Dans l’entourage de Marine Le Pen, on assure que « Jordan Bardella n’a rien à voir là-dedans. C’est l’ego contrarié d’un haut fonctionnaire. Point ».

Le

Capture d’écran du documentaire « 39-45, les cheminots dans la résistance » de Emmanuel Roblin
3min

Politique

Les « docus de l’été » : Les cheminots français sous le nazisme, de résistants individuels à la paralysie du réseau

Instrument essentiel de la logistique en temps de guerre, les cheminots français ont très tôt mesuré l’utilité du réseau de chemins de fer pour l’ennemi. Dès 1942, et avant toute autre forme de résistance, ils ont agi pour faire dérailler la machine nazie. "39-45, les cheminots dans la résistance", un documentaire de Emmanuel Roblin à voir cet été sur Public Sénat.

Le

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef
7min

Politique

« Ce qui m’a surpris, c’est… » : le premier débat de la présidentielle vu par les chefs d’entreprise présents à l’université d’été du Medef

Le premier débat de la présidentielle s’est joué ce 27 août à Paris face aux tribunes de Roland-Garros, entre sept candidats déclarés, sur des thématiques économiques chères à l’organisation patronale. Les dirigeants ou cadres que nous avons rencontrés ressortent mitigés de cet échange. Les deux anciens premiers ministres d’Emmanuel Macron, Gabriel Attal et Édouard Philippe, ont sans surprise pris l’ascendant face à ce parterre.

Le

PARIS: REF 2026, Rencontre des Entrepreneurs de France 2025 du Medef – Présidentielle 2027 : Premier débat de la campagne entre sept candidats réunis par le Medef
9min

Politique

Dette, retraites, fiscalité… que retenir du premier débat des candidats à l’élection présidentielle ?

Ce jeudi, sept candidats à la présidentielle ont tenu le premier débat de la campagne, aux journées d’été du Medef. Pendant plus de deux heures, Bruno Retailleau (les Républicains), Edouard Philippe (Horizons), Raphaël Glucksmann (Place publique), Jean-Luc Mélenchon (la France Insoumise), Marine Le Pen (Rassemblement national), Gabriel Attal (Renaissance) et Marine Tondelier (les Ecologistes) ont échangé sur le sujet de la dette publique, des retraites ou encore du coût du travail.

Le