Baromètre de confiance politique : « un léger effet Macron »  mais toujours une forte défiance
Huit mois après l’élection d’Emmanuel Macron, le sentiment de défiance politique reste très élevé. Selon le baromètre annuel de confiance Cevipof réalisé avec OpinionWay, 85 % des Français pensent toujours que les responsables politiques ne se préoccupent pas de ce que pensent les gens comme eux.

Baromètre de confiance politique : « un léger effet Macron » mais toujours une forte défiance

Huit mois après l’élection d’Emmanuel Macron, le sentiment de défiance politique reste très élevé. Selon le baromètre annuel de confiance Cevipof réalisé avec OpinionWay, 85 % des Français pensent toujours que les responsables politiques ne se préoccupent pas de ce que pensent les gens comme eux.
Public Sénat

Par Yann Quercia

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

 

« Il ne peut y avoir de réforme sans confiance, il ne peut y avoir de confiance si le monde politique continue d’apparaître, même si c’est la plupart du temps injuste, comme le monde des petits arrangements à mille lieues des préoccupations des Français. » Huit mois après cette phrase prononcée par Emmanuel Macron, devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles, le sentiment de défiance politique des Français persiste. 85 % pensent toujours que les responsables politiques ne se préoccupent pas de ce que pensent les gens comme eux et 62 % sont d’accord avec l’idée que les responsables politiques ne soucient que des riches.

 

capture_retour_de_la_confiance.jpg
Cevipof Opinionway

Un petit effet Macron ?

Malgré une défiance toujours présente, l’étude CEVIPOF montre que l’arrivée d’Emmanuel Macron a légèrement atténué ce sentiment. D’abord, le niveau de confiance dans les personnalités politiques  diminue pour toutes les fonctions, sauf pour le « président de la République actuel » (+11 points). Ensuite 24 % (+ 6 points] des personnes interrogées, estiment que les hommes politiques tiennent leurs promesses.  « Nous pouvons constater une légère hausse due à l’élection d’Emmanuel Macron mais il faut avouer que nous nous attendions à mieux » selon Bruno Cautrès, chercheur du CNRS au Cevipof.

Enfin  8 % des personnes interrogées disent éprouver de l’espoir  quand ils pensent à la politique. Un chiffre en hausse de 3 points même si les sentiments que suscite la politique restent majoritairement négatifs. 25% des Français disent même éprouver du dégoût.

capture_défiance.jpg
Cevipof Opinionway

Le système démocratique comme nouveau clivage ?      

34 % des Français estiment qu’il n’y a pas de quoi être fier de notre système démocratique. Néanmoins, le jugement négatif sur le système démocratique varie selon la proximité partisane. On constate au travers ce sentiment que trois blocs se dégagent. Un bloc composé de l’extrême gauche (44%), la gauche radicale (43%) et le Parti communiste (43%). Un Bloc allant du PS(24%) au Républicains (29%) en passant par La République en marche(16%). Un bloc composé de Debout la République (56%), le Front national (60%).  

capture_democratie.jpg
Cevipof Opinionway

Enfin 36 % des jeunes interrogés ne considèrent pas que la démocratie est « quand même mieux que n’importe quelle autre forme de gouvernement. » C’est 15 points de moins que chez l’ensemble des Français.

Une baisse de confiance dans les institutions

En dehors de l’exécutif, le niveau de confiance dans toutes les institutions est en baisse. Le maire, figure de confiance pour les citoyens, passe de 64% à 55% de confiance. Le député enregistre aussi une forte baisse avec 10 points de moins (35%). Pour Bruno Cautrès, « c’est le deuxième point très important de cette étude. Cela peut s’expliquer par le discours d’Emmanuel Macron sur l’ancien et le nouveau monde qui peut conduire à discréditer les institutions. » Le chercheur avance une deuxième explication à cette chute de confiance dans les institutions : « la dynamique des primaires et de la campagne présidentielle pouvait expliquer un niveau plus haut de confiance.»

 

confiance_dans_les_institutions.jpg
Les Echos Cevipof

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Emmanuel Macron chairs G7 leaders’ videoconference on economic impact of Iran war
3min

Politique

Guerre en Iran : Emmanuel Macron confirme le déblocage de 400 millions de barils de pétrole issus des réserves stratégiques

Le président français s’est entretenu avec les représentants du G7, ce mercredi 11 mars, dans un contexte de guerre inflammable en Iran. A l’issue de cette réunion, il a confirmé le déblocage de 400 millions de barils de pétrole des réserves stratégiques par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) en réponse au blocage du détroit stratégique d’Ormuz. Sur la Russie, il a précisé qu’« aucune sanction » ne serait levée à l’encontre du pays agresseur de l’Ukraine.

Le

Capture
5min

Politique

Municipales 2026 : A son tour, le PS accuse LR de « fusion par la base » avec le RN

Après la conférence de presse de Bruno Retailleau, au cours de laquelle il a présenté les « accords de la honte », ces alliances entre le PS et LFI pour les municipales, les socialistes lui ont rendu la pareille. Lors d’un exercice similaire ce matin, ils ont présenté des chiffres démontrant selon eux l’avènement d’une « fusion par la base » entre la droite et l’extrême-droite. Des données réfutées par LR, qui permettent difficilement de conclure à une collusion entre le parti et le RN, mais qui traduisent un glissement vers l’extrême-droite des militants de droite sur le terrain.

Le

Maire et echarpe tricolore
5min

Politique

Municipales 2026 : combien touche un maire dans l’exercice de son mandat ?

Les maires des 35 000 communes de France, ainsi que leurs adjoints, perçoivent une indemnité qui va de quelques centaines d’euros à plusieurs milliers d’euros par mois selon la taille de la commune. L’immense majorité d’entre eux touche une rémunération qui ne dépasse pas les 2 000 euros net par mois. Explication.

Le