Chaque année en janvier, le journal La Croix publie son baromètre de confiance des Français dans les médias. Réalisée par l’institut d’études Kantar, cette 35ème édition du baromètre confirme une tendance observée depuis plusieurs années, une augmentation de la méfiance envers les médias et un désintérêt croissant des sondés envers l’actualité.
Baromètre la Croix : l’intérêt pour l’actualité et la confiance dans les médias en baisse
Chaque année en janvier, le journal La Croix publie son baromètre de confiance des Français dans les médias. Réalisée par l’institut d’études Kantar, cette 35ème édition du baromètre confirme une tendance observée depuis plusieurs années, une augmentation de la méfiance envers les médias et un désintérêt croissant des sondés envers l’actualité.
Par Louis Dubar
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C’est une tendance observée depuis plusieurs années, l’actualité intéresse de moins en moins les Français. En 2022, six sondés sur dix (62 %) portent encore un intérêt à l’actualité, c’est 5 points de moins que l’an passé (67 %), un indice en chute libre depuis 2015 (76 %). Cette préoccupation pour l’information est encore plus faible chez les 18-24 ans. Ils sont seulement 38 % à porter un intérêt aux évènements qui font l’actualité, une baisse de 13 points par rapport à l’an passé.
Kantar Public onepoint pour La Croix
Un fossé générationnel s’est également creusé dans les canaux de consommation des médias. 66 % des moins de 35 ans s’informent de l’actualité sur Internet. Cet indicateur s’élève uniquement à 20 % pour les plus de 35 ans. 26 % des sondés (toutes générations confondues) indiquant s’informer sur Internet utilisent principalement les réseaux sociauxvia Twitter ou Facebook.
Une méfiance généralisée
Seulement 44 % des personnes interrogées estiment «que les médias fournissent des informations fiables et vérifiées» et 62 % des sondés estiment que les journalistes ne sont pas indépendants du pouvoir politique. Les médias traditionnels, radio, journaux et télévision sont les médias plus crédibles, respectivement 49 % pour les deux premiers et 44 % pour le petit écran. Internet inspire une méfiance plus importante, seulement 24 % des sondés jugent les informations présentées sur ce canal d’information comme sérieuses et crédibles.
Kantar Public onepoint pour La Croix
Les sondés passent également l’actualité au crible en évaluant les traitements médiatiques accordés à plusieurs événements phares de l’année 2021. Certains moments ont bénéficié d’une attention médiatique excessive selon les sondés: l’épidémie, la candidature d’Éric Zemmour à l’élection présidentielle et le transfert de Lionel Messi, trois événements «dont a trop parlé.» A contrario, l’ouverture du procès des attentats du 13 novembre, l’entrée de Joséphine Baker et les élections générales en Allemagne sont trois actualités ayant bénéficié d’une couverture médiatique adaptée. La Cop26, la publication du rapport Sauvé sur les abus sexuels dans l’Eglise et l’augmentation des prix de l’énergie sont autant de moments forts de l’actualité qui auraient pu bénéficier d’une attention plus importante de la part des journalistes.
Kantar Public onepoint pour La Croix
Des exigences et des attentes fortes
Malgré ce désamour et cette crise de confiance, les Français considèrent toujours le journalisme et les médias comme des outils importants pour le bon fonctionnement de la démocratie.
En cette année électorale, les Français interrogés estiment à 91 % qu’il est «important» ou «essentiel» que les médias conservent leur indépendance des milieux économiques. Les sondés formulent de nombreuses attentes concernant le traitement médiatique de la campagne présidentielle à venir. Ils sont 83 % à attendre des médias «qu’ils pointent du doigt les fausses informations diffusées » et 87 % «qu’ils permettent aux candidats de présenter leur programme et leur vision pour la France.»
Neutralité éditoriale, indépendance et objectivité sont les principales aspirations réclamées par les sondés. Ce sont « des demandeslégitimes», explique le directeur général de Reporters sans frontières Christophe Deloire aux journalistes du quotidien La Croix. «Il y a une forme de déclaration d’amour au journalisme. Pas nécessairement tel qu’il est pratiqué mais à l’idéal type du journalisme.» Le directeur général de l’ONG avait rappelé la semaine dernière, le 14 janvier lors de son audition devant la commission d’enquête sur la concentration des médias certains de ces principes, notamment le refus d’accepter des directives rédactionnelles. «Le journalisme, ce n’est pas une activité aux ordres d’un patron », avait déclaré Christophe Deloire devant les sénateurs.
Etude Kantar Public onepoint pour La Croix, réalisé entre le 5 et le 11 janvier 2022 sur un échantillon de 1016 personnes, représentatif de l’ensemble de la population âgée de 18 ans et plus.
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