Bartolone sur Valls: « nous en avons besoin dans ce monde de brutes »
Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone (PS), a apporté lundi son soutien à la candidature de Manuel Valls à la...

Bartolone sur Valls: « nous en avons besoin dans ce monde de brutes »

Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone (PS), a apporté lundi son soutien à la candidature de Manuel Valls à la...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone (PS), a apporté lundi son soutien à la candidature de Manuel Valls à la primaire des 22 et 29 janvier, parce que "nous en avons besoin dans ce monde de brutes".

"Compte tenu de ce qu'il représente en termes d'autorité de l'Etat, en termes d'ordre républicain, en termes de discours qu'il tient déjà pour montrer qu'il veut tenir compte et du bilan et de cette nécessité maintenant de se projeter dans l'avenir, je vais soutenir Manuel Valls", a déclaré M. Bartolone sur France Inter.

"Je le soutiens parce que nous en avons besoin dans ce monde de brutes que nous connaissons", a-t-il ajouté.

"Regardez Poutine, c'est quand même pas un perdreau de l'année, regardez ce qu'il se passe en Syrie, regardez l'arrivée de Trump aux Etats-Unis, nous avons besoin, en France et en Europe d'une voix qui compte, une voix qui sait faire entendre à la fois les Françaises et les Français mais aussi les Européens", a ajouté M. Bartolone.

Le ralliement de ce dernier à l'ancien Premier ministre n'est pas une surprise depuis sa brouille avec le président François Hollande. Ce dernier avait eu des propos peu amènes à son encontre rapportés dans le livre "Un président ne devrait pas dire ça" des journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme.

Reconnaissant "des moments d'affrontement avec Manuel Valls", notamment à propos du traité budgétaire européen obligeant à maintenir le déficit public au dessous de la barre des 3% du PIB, M. Bartolone l'a comparé à François Mitterrand.

"J'ai l'impression de me trouver presque dans ma jeunesse. Au moment où quand j'ai adhéré au PS, on me disait mais +comment, toi qui es de gauche, tu vas soutenir François Mitterrand ce type qui est terriblement à droite?+. Et on a vu comment, au contact avec le peuple de gauche, il a su lier à la fois son histoire et notre avenir", a-t-il dit.

"Je suis persuadé qu'il peut y avoir aussi ce même mouvement avec Manuel Valls", a-t-il ajouté, rappelant qu'il avait été "choisi" par François Hollande en 2014 mais aussi à l'époque par Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et, selon M. Bartolone, par Vincent Peillon, tous trois ses concurrents à la primaire organisée par le PS.

MM. Valls, Montebourg et Hamon avaient en effet manoeuvré dès l'automne 2013, via l'entremise d'Aquilino Morelle, à l'époque conseiller politique de François Hollande, pour évincer de Matignon Jean-Marc Ayrault, en place depuis 2012, qu'ils jugeaient incapable d'animer l'équipe gouvernementale. M. Peillon a pour sa part quitté le gouvernement à l'arrivée de M. Valls à Matignon.

"Aujourd'hui, parce que Manuel Valls a été maire d'une grande ville de banlieue, parce qu'il est conscient de ce qu'il est nécessaire de faire pour assurer les service publics, l'égalité devant l'éducation, préparer la France dans une Europe qui compte, compte tenu du désordre international, je suis persuadé qu'il peut écouter les remarques qui lui ont été faites, les critiques et aussi les espérances", a-t-il dit.

"Regardez les gens qui le soutiennent aujourd'hui, ce sont des gens qui viennent d'origines politiques très différentes et qui le reconnaissent comme un catalyseur", a-t-il ajouté.

Partager cet article

Dans la même thématique

Bartolone sur Valls: « nous en avons besoin dans ce monde de brutes »
3min

Politique

Accès à l’Université : « La place du baccalauréat est une question qui doit être discutée », estime le ministre de l’Enseignement supérieur

Invité de la matinale de Public Sénat, « Bonjour chez vous », le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a estimé que la place du baccalauréat devait « être discutée au moment de la présidentielle ». Mardi, un rapport du Sénat a préconisé, entre autres, de supprimer le droit d'accès automatique aux études supérieures des bacheliers.

Le

Edouard Philippe a la Foire de Chalons
10min

Politique

Présidentielle 2027 : la main tendue d'Édouard Philippe, rejetée par Gabriel Attal et Bruno Retailleau, relance l'idée d'une primaire

Le candidat Horizons, favori du bloc central, Édouard Philippe a lancé un appel à ses concurrents du centre et de la droite, les invitant à se rassembler dans la perspective de la présidentielle et des législatives. Mais Bruno Retailleau et Gabriel Attal ne comptent pas, à ce stade, se retirer au profit d'une candidature unique du maire du Havre. De quoi relancer l'idée d'une primaire.

Le

Montants, modalités : comment est fixé la rémunération des ministres ?
6min

Politique

Montants, modalités : comment est fixée la rémunération des ministres ?

Sébastien Lecornu envisage de réduire l’indemnité mensuelle des membres du gouvernement, à titre d’exemplarité, dans une période où le budget 2027 va nécessiter des ajustements budgétaires forcément impopulaires. On fait le point sur les règles actuelles qui déterminent les montants perçus par les ministres.

Le

Paris: S. Lecornu protection debat democratique contre les ingerences
6min

Politique

Budget, fin de vie, crises, tests antidrogue et ambitions : retour sur une année de gouvernement Lecornu

Le premier ministre souffle en toute discrétion sa première bougie à Matignon. Après un faux-départ, il a réussi à faire adopter le budget 2026, ce qui était loin d’être acquis. Mais impossible de lancer de grandes réformes, à l’exception de l’adoption, malgré l’absence de majorité absolue, du texte sur la fin de vie. Quant à l’idée d’être le recours de son camp pour 2027, il l’écarte. S’il passe l’écueil du dernier budget, il pourrait aller au bout du quinquennat.

Le