Belloubet: « le projet de banque de la démocratie est abandonné »
La ministre de la Justice Nicole Belloubet a annoncé lundi à l'Assemblée nationale l'abandon du projet de banque de la démocratie...

Belloubet: « le projet de banque de la démocratie est abandonné »

La ministre de la Justice Nicole Belloubet a annoncé lundi à l'Assemblée nationale l'abandon du projet de banque de la démocratie...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La ministre de la Justice Nicole Belloubet a annoncé lundi à l'Assemblée nationale l'abandon du projet de banque de la démocratie, cher à son prédécesseur et patron du MoDem François Bayrou, et qui aurait été destiné à financer les partis politiques.

"Le gouvernement s'était engagé à étudier ce sujet de près, afin de mesurer si l'institution d'une structure bancaire, par définition assez lourde à mettre en place, était de nature à répondre aux difficultés de financement de certains candidats ou de certaines formations politiques", a rappelé Mme Belloubet en évoquant les débats sur la loi pour la confiance dans la vie politique d'il y a un an.

Le gouvernement a demandé une "analyse précise" à l'inspection générale de l'administration et à l'inspection générale des finances.

D'après les conclusions de leur rapport, "les questions notamment d'accès au crédit relèvent moins d'une absence d'offre bancaire, que viendrait combler la banque de la démocratie, que de questions d'information ou de délai qui pourraient être réglées par le médiateur du crédit qui, lui, a été institué dans la loi confiance de 2017", a poursuivi la ministre.

"La création d'une telle banque ne faisait pas consensus", a-t-elle insisté, évoquant des questions sur la "neutralité" de l'Etat ou la "lourdeur" du respect des normes bancaires.

"Chaque année l'Etat verse plus de 60 millions d'euros aux partis politiques au titre de leur financement public", a tenu à rappeler Mme Belloubet, qui s'exprimait lors des débats sur le projet de révision constitutionnelle.

Elle répondait à la députée d'extrême droite Emmanuelle Ménard, qui venait de défendre un amendement cosigné avec Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) réclamant une telle "banque de la démocratie".

A Marc Le Fur (LR) qui demandait ensuite à la ministre si le projet était "définitivement abandonné", cette dernière a répondu: "oui, le projet de banque de la démocratie est abandonné pour les raisons que j'ai expliquées".

François Bayrou et Marine Le Pen ont échangé il y a quelques jours sur la nécessité d'une telle "banque de la démocratie", alors que les juges ont saisi 2 millions d'euros d'aide publique due au Rassemblement national (RN, ex-FN), qui risque la cessation de paiement et crie à l'"assassinat politique".

Idée de François Bayrou, la "banque de la démocratie" devait être un établissement public permettant de s'affranchir des financements des banques privées pour les prêts aux partis et candidats.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le

Paris : Présidentielle 2027 Bruno Retailleau
2min

Politique

Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : « Coup de poignard », rien ne va plus entre Bruno Retailleau et ses alliés centristes

En choisissant de soutenir Valérie Boyer (LR), candidate à sa réélection dans les Bouches-du-Rhône, le président des Républicains, Bruno Retailleau, s'est attiré les foudres de ses alliés centristes au Sénat qui lui rappellent que la sénatrice Brigitte Devésa conduit une liste d'union de la droite et du centre dans le département. Le choix de Bruno Retailleau est qualifié de « coup de poignard » par le compte X des sénateurs centristes.

Le