Benalla « assume » et dénonce une « volonté d’atteindre » Macron
Alexandre Benalla, proche collaborateur d'Emmanuel Macron, a rompu son silence jeudi et "assumé" la "faute" pour laquelle il est...

Benalla « assume » et dénonce une « volonté d’atteindre » Macron

Alexandre Benalla, proche collaborateur d'Emmanuel Macron, a rompu son silence jeudi et "assumé" la "faute" pour laquelle il est...
Public Sénat

Par Jérémy MAROT

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Alexandre Benalla, proche collaborateur d'Emmanuel Macron, a rompu son silence jeudi et "assumé" la "faute" pour laquelle il est mis en examen, tout en dénonçant dans une interview fleuve au Monde la "volonté d'atteindre le président de la République" à travers lui.

Une "faute politique, d'image", "une grosse bêtise", mais pas un "délit": Alexandre Benalla, filmé en train de frapper des manifestants le 1er mai et mis en examen pour ces violences, "referai(t) la même chose" s'il n'était "pas collaborateur de l'Elysée".

Mais en tant que "collaborateur de l'Elysée, je ne le referais pas", ajoute-t-il, consentant "peut-être" qu'il aurait "dû rester en retrait" de la scène, dans cet entretien donné au journal qui a révélé l'affaire il y a une semaine.

Alors qu'Emmanuel Macron est sorti mardi soir de sa réserve sur cette histoire qui marque la plus grande crise politique de son début de quinquennat, en adoptant un ton très offensif, M. Benalla a lui aussi choisi de riposter avec force, en "assumant les faits" mais en se disant "beaucoup plus réservé" sur la cascade de révélations qui s'est ensuivie.

"On a essayé de m'atteindre, de me tuer, et c'était l'opportunité aussi d'atteindre le président de la République", lance-t-il dans cet entretien réalisé au domicile d'un "communicant" et au terme duquel est apparue Michèle Marchand, une proche d'Emmanuel et Brigitte Macron présentée parfois comme leur conseillère d'image officieuse. "C'est une façon d'attraper le président de la République par le colbac", insiste-t-il en se décrivant comme "le maillon faible".

M. Benalla évoque ainsi des "gens qui se frottent les mains" de son licenciement, s'estimant victime d'un règlement de comptes. Qui ? "Des politiques et des policiers", des "gens qui travaillent autour" du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.

Le chargé de mission souligne ainsi qu'il participait à la réorganisation de la sécurité du chef de l'Etat et s'attirait des inimitiés, épinglant notamment le "pouvoir de nuisance" du Service de la protection de la personne (SDLP), une entité de la police nationale.

- "Pas de tabassage" -

Sur les faits du 1er mai, M. Benalla fustige "la préparation et l'encadrement" de la "mission d'observation" à laquelle il participait et qui "n'a pas été au niveau". Le "dispositif" était "sous-dimensionné", cingle-t-il, le poussant à intervenir sous peine d'être "isolés" face à "une cinquantaine de jeunes" qui "se déchaînent".

"Ils cassaient en toute impunité (...) et moi c'est ma nature, je suis trop engagé", se défend-il en assurant que lors de son intervention, "il n'y a aucun coup". "Il n'y a pas de tabassage", "c'est un citoyen qui appréhende un délinquant, point à la ligne", martèle-t-il.

En ce sens, M. Benalla n'était "pas d'accord" avec la suspension de 15 jours qui lui a été infligée mais l'a "acceptée". Recruté à l'Elysée pour "s'occuper des affaires privées" du Président, à savoir "l'organisation" de ses déplacements, il est rétrogradé et cantonné "aux événements qui se passent" à l'Elysée.

"Je le vis comme une humiliation", dit-il. Cela ne l'empêche toutefois pas de participer à quelques opérations extérieures car à l'en croire, "toutes les missions délicates sont pour" lui.

Interrogé sur certains avantages de sa fonction, M. Benalla apporte des précisions ou démentis. "Rémunéré 6.000 euros net" par mois, on lui a bien mis "à disposition" un appartement "le 8 ou 9 juillet", de "80 mètres carrés, pas 300".

Il admet "peut-être un caprice" concernant l'obtention d'un badge d'accès à l'hémicycle de l'Assemblée, demandé en réalité car il "aime aller à la salle de sport" du Palais-Bourbon.

Effectivement habilité secret-défense comme "tout le monde" au cabinet de la présidence, il détient bien un permis de port d'arme "dans l'exercice de (s)a mission". En revanche, il affirme n'avoir "jamais détenu les clefs" de la résidence secondaire du couple présidentiel au Touquet.

"La vérité, c'est que ma nomination à ce poste, ça a fait chier beaucoup de gens. Parce qu'un gamin de 25 ans qui n'a pas fait l'ENA, qui n'est pas sous-préfet (...) et en plus qui dit les choses (...), évidemment, ça suscite des rancoeurs", plaide-t-il encore.

Partager cet article

Dans la même thématique

Lebanon Israel Iran
4min

Politique

Frappes israéliennes à Beyrouth : « Les Libanais ont compris que ce n’était que le début »

L’armée israélienne a annoncé, vendredi matin, qu’elle allait mener de nouvelles frappes contre le Hezbollah sur la banlieue sud de Beyrouth. L’escalade militaire entre Israël et l’Iran s’étend désormais pleinement au Liban. Tatiana Krotoff, journaliste au service international du quotidien francophone libanais, l’Orient du Jour, fait état du choc de la population après l’ordre d’évacuation de la banlieue sud de Beyrouth par l’armée israélienne.

Le

Benalla « assume » et dénonce une « volonté d’atteindre » Macron
3min

Politique

Municipales à Paris : « Ma liste du premier tour sera ma liste du second tour » déclare Emmanuel Grégoire

Invité de la matinale de Public Sénat, le candidat socialiste à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire, a réagi aux tensions entre les partis de gauche à l’approche des municipales. Donné en tête des intentions de vote au premier tour par un sondage Ipsos-BVA, il affirme vouloir aborder le scrutin avec une alliance déjà constituée, tout en excluant toute entente avec La France insoumise pour le second tour dans la capitale.

Le

Benalla « assume » et dénonce une « volonté d’atteindre » Macron
5min

Politique

Saint-Etienne : le stade Geoffroy-Guichard et l’AS Saint-Etienne s’invitent dans le débat des municipales

Lors du débat organisé par Public Sénat et TL7, la proposition de vendre le stade Geoffroy Guichard, propriété de la mairie, à l’ASSE a été mise sur la table par le candidat Horizons, Eric Le Jaouen. Les huit candidats sont aussi revenus sur l’affaire Perdriau, qui a vu l’ancien maire condamné à cinq ans de prison dans une affaire de chantage à la sextape.

Le