Benalla et trois policiers en garde à vue, Collomb lundi à l’Assemblée, qui reste bloquée
Le séisme de l'affaire Benalla n'a pas fini de provoquer des répliques, jusqu'au sommet de l'Etat : le ministre de l'Intérieur sera auditionné...

Benalla et trois policiers en garde à vue, Collomb lundi à l’Assemblée, qui reste bloquée

Le séisme de l'affaire Benalla n'a pas fini de provoquer des répliques, jusqu'au sommet de l'Etat : le ministre de l'Intérieur sera auditionné...
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Le séisme de l'affaire Benalla n'a pas fini de provoquer des répliques, jusqu'au sommet de l'Etat : le ministre de l'Intérieur sera auditionné lundi à l'Assemblée, tandis qu'à la garde à vue de l'ex-collaborateur de l'Elysée s'est ajoutée samedi celle de trois policiers.

En outre, la femme et l'homme frappés par le collaborateur d'Emmanuel Macron Alexandre Benalla, lors des manifestations du 1er mai, ont demandé à être entendus ultérieurement par les enquêteurs.

Au cœur de la tourmente, le chef de l'Etat est resté jusqu'alors silencieux. Il devait passer le week-end à travailler à Paris ou à La Lanterne près de Versailles.

L'opposition a maintenu une haute pression sur l'exécutif pour obtenir des explications sur le rôle d'Alexandre Benalla, qui était invité comme observateur dans le dispositif policier pour encadrer les défilés de la Fête du travail et a été vu dans une vidéo frappant ou malmenant des manifestants.

Licencié vendredi, M. Benalla "rendra des comptes à la justice, mais Emmanuel Macron, lui, va devoir rendre des comptes aux Français", a lancé le président de LR Laurent Wauquiez dans Le Figaro. L'affaire est "du niveau du Watergate", estime le leader des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, qui accuse Emmanuel Macron de "s’organise(r) une milice personnelle".

- "affaire individuelle" -

Au Palais Bourbon, les débats sur le projet de révision constitutionnelle n'ont pas avancé d'un pouce et la séance nocturne a été annulée samedi soir après des heures de dialogue de sourds. L'opposition a réclamé une suspension jusqu'à la semaine prochaine, mais le gouvernement "souhaite la poursuite" des travaux, qui doivent reprendre dimanche à 9h30.

"Vous voulez absolument lier deux sujets qui n'ont pas de connexion, l'un relève d'une affaire individuelle (l'affaire Benalla, ndlr), l'autre d'une question d'intérêt collectif", la révision de la Constitution, a lancé la ministre de la Justice Nicole Belloubet, suscitant de vives protestations à droite et à gauche.

Autre poussée de tension, quand LR a demandé des explications sur un badge accordé à Alexandre Benalla, qui lui permettait d'accéder à l'hémicycle. Ce badge a été attribué sur "demande du directeur de cabinet" d'Emmanuel Macron, mais désactivé vendredi, selon la présidence de l'Assemblée.

C'est aussi dans les couloirs que le ton est monté, entre Marine Le Pen et Christophe Castaner, dans une scène inédite devant la presse et quelques députés sidérés. La première a reproché au second son absence dans l'hémicycle déplorant que ses "amis de LREM refusent" de le convoquer devant la commission d'enquête parlementaire.

"Si je suis convoqué par la commission d'enquête, je viendrai. Et j'apprécierais que vous en fassiez autant si un juge vous convoque", a rétorqué le secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement et délégué général de LREM.

Côté judiciaire, la garde à vue d'Alexandre Benalla, notamment pour violences et usurpation de fonction, qui a commencé vendredi matin, pourrait durer jusqu'à dimanche matin. De même pour Vincent Crase, gendarme réserviste et employé de La République en marche, qui se trouvait avec lui le 1er mai.

Le domicile de M. Benalla à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) a été perquisitionné dans la journée. Fâcheux téléscopage d'événements : il devait se marier samedi matin dans la commune, selon une source à la mairie.

Les trois policiers suspendus pour lui avoir transmis mercredi soir des images de vidéo-surveillance, ont à leur tour été placés en garde à vue samedi matin. C'est justement mercredi soir que cette affaire a été révélée par le journal Le Monde.

En plus de l'enquête préliminaire de la justice, ouverte jeudi à l'initiative du parquet de Paris, une autre, administrative, a été lancée par la "police des polices".

- "faire toute la lumière" -

Sur le front de la commission d'enquête à l'Assemblée, la majorité a tenté de calmer le jeu samedi, mais sans effet sur de nombreux députés très remontés.

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb en juin 2017
Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb en juin 2017
AFP/Archives

Gérard Collomb, que l'opposition accuse d'avoir menti, sera entendu lundi à 10H00 par la commission des Lois, dotée des prérogatives d'enquête, a annoncé sa présidente Yaël Braun-Pivet (LREM). Le préfet de police Michel Delpuech sera, lui, auditionné à 14H00.

M. Collomb a aussi rendez-vous mardi devant la commission des Lois du Sénat.

Comme le réclamaient l'opposition à l'Assemblée, le groupe majoritaire a finalement accepté la publicité de l'ensemble des auditions, sauf dans le cas où un fonctionnaire demanderait le huis clos. "Chaque Français pourra juger", selon la "marcheuse" Marie Guévenoux.

Mais la commission, dont les travaux doivent durer un mois, n'a pas été en mesure d'acter la suite du programme. Les Républicains réclament d'entendre jusqu'au secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler et Christophe Castaner, délégué général de La République en marche. Les Insoumis demandent impérativement la présence d'Alexandre Benalla.

"La majorité impose une liste très limitée ne permettant pas de faire toute la lumière sur les faits", selon les députés socialistes.

Mme Braun-Pivet a suggéré la responsable de la police des polices et le directeur de cabinet du président de la République, Patrick Strzoda, entendu jeudi comme témoin dans l'enquête judiciaire.

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