Aurore Bergé, porte-parole de LREM, a accusé lundi La France insoumise d'avoir, comme le parti travailliste britannique (Labour), un "problème avec l'antisémitisme" illustré par les attaques de Jean-Luc Mélenchon contre le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).
"Il y a un problème avec l'antisémitisme depuis longtemps au Labour (...) et je pense que La France insoumise est atteinte par la même chose", a dénoncé la députée des Yvelines au micro de Sud Radio.
"Ca fait 48 heures que tous les dirigeants de la France insoumise se relayent pour attaquer le Crif, c'est-à-dire attaquer une association qui lutte dans notre pays contre l'antisémitisme, donc à un moment, en attaquant le Crif, on attaque ceux qui luttent contre l'antisémitisme et je trouve que c'est assez insupportable de la part de Mélenchon", a déploré Mme Bergé.
Le ministre des Relations avec le Parlement Marc Fesneau a estimé pour sa part que M. Mélenchon "devrait clarifier ses propos", car "il y a quelque chose de flou: je ne vois pas du tout le lien entre une défaite électorale en Grande-Bretagne et le Crif", a-t-il dit sur Radio Classique.
Le dirigeant de La France Insoumise (LFI) Jean-Luc Melenchon le 9 décembre 2019
AFP/Archives
"Cette façon d'alimenter par des sous-entendus parfois quelque chose qui relève en sous-jacent - je ne dis pas que Jean-Luc Mélenchon est dans cette catégorie - des relents d'antisémitisme est toujours dangereux", a-t-il ajouté.
Le Crif a dénoncé dimanche les "propos inadmissibles" du patron de LFI, qui avait critiqué dans un billet sur son blog ses "ukases" et son "communautarisme" en commentant la défaite historique du travailliste Jeremy Corbyn, accusé pendant la campagne de manque de fermeté face à l'antisémitisme au sein de sa formation du Labour.
"Retraite à points, Europe allemande et néolibérale, capitalisme vert, génuflexion devant les ukases arrogants des communautaristes du Crif: c'est non", y écrit le chef de file de LFI.
L'entourage de M. Mélenchon l'a dédouané de tout antisémitisme auprès de l'AFP en soulignant qu'il voulait par ces mots dire qu'il ne se laisserait "pas influencer par des lobbys quels qu'ils soient, financiers ou communautaristes".
Avant M. Fesneau, plusieurs ministres, dont ceux de l'Intérieur Christophe Castaner et de l'Education Jean-Michel Blanquer, avaient déjà critiqué les déclarations de Jean-Luc Mélenchon.
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