Bioéthique : le Sénat s’oppose à la création d’embryons chimériques
Lors de l’examen du projet de loi sur la bioéthique, le Sénat s’est opposé à la recherche sur des embryons chimériques et transgéniques en supprimant l’article 17 du texte.

Bioéthique : le Sénat s’oppose à la création d’embryons chimériques

Lors de l’examen du projet de loi sur la bioéthique, le Sénat s’est opposé à la recherche sur des embryons chimériques et transgéniques en supprimant l’article 17 du texte.
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« Nous ne sommes pas Dieu ». Par ce rappel, le sénateur LR Roger Karoutchi, a exprimé la position de l’ensemble de son groupe, qui, une fois n’est pas coutume, a soutenu un amendement du groupe CRCE visant à supprimer l’article 17 du projet de loi bioéthique. Le texte adopté par l’Assemblée nationale offre la possibilité d’effectuer des recherches nécessitant l’introduction de cellules-souches embryonnaires humaines (CSEh) dans un embryon animal. C’est-à-dire de mélanger deux espèces avec des cellules d’origines différentes. Ce qu’on appelle des embryons chimériques.

En commission, les sénateurs avaient posé des garde-fous et n’avaient autorisé que l’implantation de cellules-souches, dites pluripotentes induites (IPS) dans des embryons animaux. Des cellules qui peuvent former n’importe quelle partie d’un organe.

Une tribune publiée dans le journal Le Monde, co-signé notamment par l’ancien eurodéputé, José Bové, alertait contre la technique d’édition du génome Crispr-Cas9. Une technique permettant la création d’un embryon transgénique.

« Elle permet de mettre en œuvre, au niveau de la cellule, des ciseaux génétiques à base de protéines qui font automatiquement muter des séquences d’ADN (…) Nous connaissons bien cette technique. Monsanto en possède une licence d’utilisation pour créer des semences génétiquement modifiées. Fin 2018, en Chine, elle a permis la naissance de bébés OGM, censés être immunisés contre le virus du sida, hors de tout cadre légal. Avec la levée de l’interdit chimérique et transgénique, Crispr-Cas9 passerait officiellement de la semence agricole à l’humain. La nouvelle loi pourrait donc ouvrir la voie à l’industrialisation de la modification génétique des embryons humains à une vitesse encore jamais atteinte ». Cette tribune a été citée par plusieurs sénateurs lors des débats, notamment par le sénateur LR, Bruno Retailleau et par Guillaume Gontard, sénateur écologiste.

« Il s’agit d’expérimenter la régénération d’organes ciblés »

Embryon chimérique et transgénique: la position d'Olivier Henno, rapporteurt du projet de loi Bioéthique
03:19

« L’utilisation de cette technique conduira-t-elle à des bébés génétiquement modifiés ? La réponse est non » a assuré le rapporteur centriste du texte, Olivier Henno dans l’hémicycle car « le transfert de l’embryon à des fins de gestation est interdit » a-t-il rappelé. En ce qui concerne les embryons chimériques, le sénateur a rappelé que des scientifiques ont déjà transféré des embryons IPS humains dans des lapins et des singes avant de détruire les embryons au bout de 3 jours. « Il ne s’agit pas de verser dans la science-fiction mais de s’intéresser à la raison pour laquelle les chercheurs souhaitent s’engager dans des expérimentations de ce type (…) Ils font cette recherche pour améliorer la santé humaine (…) Il s’agit d’expérimenter la régénération d’organes ciblés (…) Si on n’est pas en capacité de mener ce type de recherches (…) Qu’est ce qui va se passer ? Les gens les plus aisés iront se soigner aux États-Unis » a-t-il mis en garde.

« Bien sûr que le monde de Narnia n’est pas pour nous »

« Bien sûr qu’il n’est pas question de créer des centaures. Bien sûr qu’on ne va pas rejouer la planète des singes. Bien sûr que le monde de Narnia n’est pas pour nous. Mais quand même, est-ce que le Parlement de la République ne peut pas dire aux chercheurs : faites ce que vous pouvez pour le bien commun mais ne mettez pas l’humanité en danger (…) Qui nous dit que dans 5 ans, dans 10 ans, dans 20 ans… Certains chercheurs n’outrepasseront pas tout ce qu’on n’a dit en se disant que la loi nous le leur permet ? » lui a répondu le sénateur LR, Roger Karoutchi avant de rappeler que le Parlement « était là pour préserver et protéger ».

 

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