Bitcoin : une monnaie de « Père Noël » ?

Bitcoin : une monnaie de « Père Noël » ?

Invité de l’émission « On va plus loin », Christopher Dembik, économiste, responsable de la recherche macroéconomique chez Saxo Banque, nous explique le fonctionnement du bitcoin, cette monnaie virtuelle qui alimente toutes les passions.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Dimanche 10 décembre, le bitcoin, la monnaie virtuelle par excellence, a fait son entrée à la bourse de Chicago.  Elle suscite convoitise et crainte alors que sa valeur flambe depuis plusieurs semaines.

Christopher Dembik, économiste, responsable de la recherche macroéconomique chez Saxo Banque, définit ce qu’est le bitcoin :« C’est une monnaie virtuelle. Donc, ça s’oppose automatiquement aux monnaies que l’on a dans notre porte-monnaie. La grande différence, c’est que la monnaie virtuelle n’est pas émise par une banque centrale (…) C’est un système informatique initialement qui est attaché à la Blockchain. La Blockchain (…) est un système informatique qui est ultra-sécurisé et qui a été développé au cours des dernières années ».

Monnaie « extrêmement volatile », on estimait la valeur d’un bitcoin autour de 17 000 dollars en début de semaine.

Pour l’économiste, qui n’en possède pas lui-même, le bitcoin est « une bulle spéculative » : « Il n’y a rien de physique. À part le fait que vous ayez de nouveaux investisseurs sur le marché, rien n’explique une telle envolée sur un tel laps de temps qui est relativement restreint (…) Et plus on en parle, plus vous avez un flot d’investisseurs nouveaux qui va rentrer sur le marché. Ils vont acheter du bitcoin, ça va augmenter [sa] valeur. Et c’est ce phénomène-là auquel on assiste aujourd’hui. Sans compter, qu’initialement c’était un petit cercle fermé. Aujourd’hui toutes les grandes banques, des courtiers, proposent l’investissement sur le bitcoin. Donc vous avez une demande qui est finalement très importante, qui fait augmenter le prix. »  

Payer en bitcoin ?

Dans certains pays, il est possible de payer en bitcoins : « Au Danemark, vous avez la possibilité, sur de petits achats, de régler en bitcoins. Et vous avez des États qui souhaitent mettre en avant cet aspect-là comme monnaie de paiement. Le Japon, par exemple, considère que le bitcoin est une monnaie qui a cours légal comme le yen, l’euro ou le dollar » explique-t-il.    

Interrogé sur la mauvaise réputation qu’a pu avoir le bitcoin pour avoir servi aux réseaux  criminels, l’économiste répond clairement : « On ne peut pas nier que ce succès, cet essor, initialement s’est allié au blanchiment d’argent, à l’évasion fiscale. Tout ce qui est économie parallèle (…) Au Venezuela, le bitcoin est utilisé pour blanchir les revenus du trafic de drogue. »

Christopher Dembik reste donc sceptique vis-à-vis du bitcoin : « Il y a quand même un problème. Aujourd’hui vous avez beaucoup de gens qui investissent sur le bitcoin, qui sont « virtuellement millionnaires » mais malheureusement personne ne nous a dit « j’ai récupéré ces bitcoins en euros ou en dollars » (…) Sur de gros montants (…) personne ne confirme que l’argent a été récupéré ».

Mais il estime tout de même que le phénomène des monnaies virtuelles  n’est pas à prendre à la légère : « Vous avez des grandes banques centrales, notamment par exemple aux États-Unis, la Banque centrale américaine (…) qui publie quelques papiers sur ( …) « Et si demain, on émettait notre propre monnaie virtuelle ? ». Donc c’est un phénomène qu’il faut surveiller. Je pense vraiment que le bitcoin n’aura pas une pérennité du fait de cet aspect blanchiment d’argent qui entache [s]a réputation. Mais vous avez de multiples monnaies virtuelles, plus d’une centaine de monnaies virtuelles différentes, qui elles auront certainement un avenir. »

 

Vous pouvez retrouver l'entretien avec Christopher Dembik, en intégralité :

Bitcoin : une monnaie virtuelle qui fait tourner les têtes
09:56

Dans la même thématique

Back to school : recreation time at the college
5min

Société

Transidentité : en commission, les sénateurs adoptent la proposition de loi LR visant à encadrer la transition de genre des mineurs

La commission des affaires sociales du Sénat examinait, ce mercredi, une proposition de loi de la droite sénatoriale visant à encadrer les pratiques médicales dans la prise en charge des mineurs souffrant de dysphorie de genre. A l’origine, le texte visait à interdire le recours aux bloqueurs de puberté et à la chirurgie avant 18 ans. Un amendement adopté en commission est revenu sur la première interdiction.

Le

Current affairs question session with the government – Politics
5min

Société

Violences intrafamiliales : les députés et les sénateurs se mettent d’accord sur une proposition de loi sur les ordonnances de protection provisoire

Le 21 mai, 7 députés et 7 sénateurs se sont réunis en commission mixte paritaire pour examiner une proposition de loi, déposée par la députée Renaissance Emilie Chandler le 5 décembre dernier, renforçant l’ordonnance de protection provisoire et créant une ordonnance provisoire de protection immédiate. Une commission mixte paritaire conclusive qui a adopté le texte à l’unanimité : « Tout le monde est d’accord pour aller plus loin dans la protection, personne ne peut se satisfaire des femmes tuées en France », affirme Dominique Vérien, rapporteure du texte au Sénat.

Le

Lea, au premier jour de sa Vie
5min

Société

Périnatalité : « Infantiliser les femmes ne mène à rien de bon » selon la journaliste Renée Greusard

Le 14 mai dernier, la mission d’information sur l’avenir de la périnatalité auditionnait quatre journalistes spécialistes des questions de grossesse et de parentalité. Une audition qui a permis d’évoquer la question de la santé mentale durant le post-partum, l’information qui est faite autour et l’insuffisance des moyens alloués aux maternités.

Le