« Bordel »: une pluie de critiques s’abat sur Macron
Une pluie de critiques s'abat sur Emmanuel Macron après sa sortie sur ceux qui foutent le "bordel", peu après une manifestation...

« Bordel »: une pluie de critiques s’abat sur Macron

Une pluie de critiques s'abat sur Emmanuel Macron après sa sortie sur ceux qui foutent le "bordel", peu après une manifestation...
Public Sénat

Par Véronique MARTINACHE

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Une pluie de critiques s'abat sur Emmanuel Macron après sa sortie sur ceux qui foutent le "bordel", peu après une manifestation de salariés de GM&S, sans faire ciller le gouvernement qui dément tout mépris et "assume" de "nommer les choses".

"Il y a ceux qui alimentent les polémiques et il y a ceux qui font", a lancé jeudi le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner sur Radio Classique et Paris Première.

"Le président de la République a utilisé dans une conversation privée avec le président de la région Aquitaine un mot qui provoque le débat, mais est-ce qu'il n'y a pas de nombreux Français qui pensent cela?"

Lors d'un déplacement mercredi à Egletons (Corrèze), au cours d'un aparté avec le président de la région Nouvelle Aquitaine, Alain Rousset, qui évoquait les difficultés à recruter d'une fonderie d'Ussel (Corrèze), M. Macron a estimé que "certains, au lieu de foutre le bordel, feraient mieux d'aller regarder s'ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas, parce qu'il y en a qui ont les qualifications pour le faire et ce n'est pas loin de chez eux".

Ce déplacement avait été l'occasion d'un rassemblement de salariés et ex-employés licenciés de l'équipementier automobile GM&S, qui se sont heurtés aux forces de l'ordre. Leur usine à La Souterraine (Creuse) se trouve à environ deux heures de route d'Ussel.

"On peut être cultivé et parler comme les Français. On peut aussi avoir l'objectif en politique (...) c'est le cas d'Emmanuel Macron, d'arrêter la langue de bois et d'oser nommer les choses", a développé M. Castaner.

Cette polémique éclate une semaine après la présentation d'un budget accusé de favoriser les plus riches, alors même que le chef de l'Etat vante ses mesures en faveur des classes moyennes et des salariés.

- "Mépris de répétition" -

Dès mercredi soir, le chef de file des députés socialistes Olivier Faure avait critiqué "le mépris social pour les +illettrées+, les +fainéants+ et les +riens+", en référence à d'autres expressions controversées d'Emmanuel Macron.

Le secrétaire général des Républicains Bernard Accoyer a fustigé jeudi sur Public Sénat l'attitude d'Emmanuel Macron. "Il est le président de tous les Français et la première exigence, c'est un respect à l'égard de tous nos compatriotes quels qu'ils soient et en particulier ceux qui sont en difficulté".

"C'est de l'arrogance", a cinglé le patron des députés LR Christian Jacob sur franceinfo, dénonçant "un président qui ne supporte pas la moindre contestation". M. Macron, qui n'a "jamais été élu local", "devrait arrêter ce genre de provocation d'enfant gâté".

Florence Portelli, candidate à la présidence de LR interrogée sur CNews, juge que "le président de la République ne vit pas dans le vrai monde depuis longtemps et surtout il y a un mépris de caste que ressentent les gens".

A gauche, Jean-Christophe Cambadélis, ex-premier secrétaire du PS, a estimé sur LCI que "ça dit beaucoup de l'univers culturel du président de la République. Ce sont des propos classiques de droite".

"Il a dit ce qu'il pensait", a glissé le député PS de la Sarthe Stéphane Le Foll sur BFMTV et RMC.

"L'expression pourrait être retournée contre son auteur", a lancé sur RTL le député LFI Ugo Bernalicis. "Ce qui fout le bordel dans le pays, c'est la suppression des emplois aidés, ce qui fout le bordel dans le pays, c'est la hausse de la CSG, ce qui fout le bordel dans le pays c'est de diminuer les APL".

A l'autre extrémité, le député FN Sébastien Chenu a dénoncé sur BFMTV "une conception du travail complètement hors sol" d'Emmanuel Macron, critiquant "à la fois un comique de répétition et un mépris de répétition".

"Il a un franc-parler, il le fait sans filtre. Ca ne me choque pas. Je ne vois aucunement un mépris quelconque vis-à-vis de nos concitoyens", a en revanche défendu Sébastien Lecornu, secrétaire d'Etat à la Transition écologique, sur Sud Radio. "Ce qui compte, ce sont les actes", a-t-il dit.

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