Bruno Retailleau : Valérie Pécresse ne doit pas « affadir son projet »
Le président du groupe LR du Sénat invite la « championne » des Républicains à ne pas recentrer son projet. Cette présidentielle « ouverte » se « gagnera à droite ».

Bruno Retailleau : Valérie Pécresse ne doit pas « affadir son projet »

Le président du groupe LR du Sénat invite la « championne » des Républicains à ne pas recentrer son projet. Cette présidentielle « ouverte » se « gagnera à droite ».
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Deux jours après la victoire de Valérie Pécresse dans la primaire interne des Républicains, Bruno Retailleau veut croire en les chances de la droite de l’emporter en 2022. « On va assister à une élection où rien n’est joué. Ce sera l’une des élections présidentielles les plus ouvertes depuis 20 ou 30 ans », a-t-il estimé ce 6 décembre dans Audition publique (Public Sénat / LCP-Assemblée nationale / Le Figaro Live).

Le président du groupe LR du Sénat est convaincu que la présidente de la région Île-de-France est en mesure de rassembler des « droites très différentes ». « Elle a une équation personnelle qui lui permet de rassembler large ». L’ancien bras droit de François Fillon, qui avait songé un temps à participer à la primaire, a même du mal à rester prudent après la publication d’un sondage Ifop, qui crédite ce lundi de 17 % d’intentions de vote la candidate. Valérie Pécresse, dans cette enquête menée après le résultat du second tour de la primaire, ferait jeu égal avec Marine Le Pen et serait aux portes du second tour de l’élection présidentielle. « Une hirondelle ne fait pas le printemps », réagit-il, mais qu’importe, ce chiffre est « très positif », selon lui.

Bruno Retailleau en donne également pour preuve que la candidate inspire de la « crainte » pour la majorité présidentielle. « Il faut voir ce que les Macronistes ont déversé comme critiques sur Valérie Pécresse depuis qu’elle a été désignée […] Si nous sommes au second tour, nous battrons Emmanuel Macron, ce que ni Marine Le Pen, ni Éric Zemmour, ne pourront faire », se projette le sénateur.

« Cette campagne se gagnera à droite »

Et pour accéder au deuxième tour, le chef de la droite sénatoriale y va de ses recommandations. « Je lui conseille de ne pas affadir son projet […] Cette campagne se gagnera à droite », expose-t-il. « Ce que je lui conseille, c’est de ne rien concéder au politiquement correct, à une forme de bien pensance […] Je l’ai vécu avec François Fillon, beaucoup lui disaient : recentre ton projet. Heureusement, il ne l’a pas fait. »

Dimanche, Éric Ciotti, finaliste malheureux de la primaire, avait estimé que le message envoyé par Valérie Pécresse n’était « pas le bon », au lendemain des résultats. La candidate avait annoncé qu’elle ne reprendrait pas à son compte certaines propositions emblématiques du député des Alpes-Maritimes, comme l’idée d’un « Guantanamo à la française ». Depuis, le duo veut afficher son unité. « Je n’aurais jamais utilisé l’expression Guantanamo », explique à son tour Bruno Retailleau. « C’est une image. Valérie a elle-même déclaré qu’elle est pour les centres de rétentions pour des terroristes qui vont sortir de prison. »

Partager cet article

Dans la même thématique

Meeting of Candidate in France’s 2027 presidential election, Jean-Luc Melenchon in Le Bourget
8min

Politique

« Il est l’heure de tout changer » : au Bourget, LFI met en scène sa « Nouvelle France » 

À l’occasion de la présentation de la nouvelle édition de L’Avenir en commun, samedi 7 novembre, La France insoumise a transformé le Bourget en théâtre de campagne. Scénographie immersive, démonstration de force militante et discours de Jean-Luc Mélenchon résolument tourné vers la jeunesse, le mouvement entend faire de son programme le premier acte de la présidentielle de 2027. Reportage

Le

Bruno Retailleau : Valérie Pécresse ne doit pas « affadir son projet »
6min

Politique

Mobilisation de la jeunesse : « Nous avons construit un État-providence qui fonctionne seulement pour les adultes », reconnaît cette eurodéputée

Une Europe en ébullition sociale. De la France à l'Italie, en passant par la Belgique, la Grèce ou l'Allemagne, une vague de contestation secoue les capitales de l'Union. Nés de mouvements lycéens et étudiants initiés en France, ces soulèvements traduisent un malaise profond touchant l'avenir de la jeunesse, la crise du logement et l'effritement du pouvoir d'achat. Face à ce front commun qui surprend les gouvernements européens, des syndicats et des associations issus de sept pays appellent à des manifestations coordonnées pour la fin du mois de novembre.

Le

France : Edouard Philippe visits Zuydcoote to discuss immigration
10min

Politique

« La fébrilité est de leur côté, pas du sien » : sous pression du camp Attal et Retailleau, Edouard Philippe reste droit dans ses bottes et refuse la primaire

Après Gabriel Attal et David Lisnard, Bruno Retailleau s’est rangé à l’idée de primaire de la droite et du centre, au point de commencer à y travailler. Si le candidat Horizons ne change pas d’avis, « il portera seul la responsabilité de la division », prévient Laurence Garnier, porte-parole de Bruno Retailleau. « On attend du prochain chef de l’Etat qu’il sache résister à la pression de Trump ou Poutine, ce n’est pas celle des candidats mal partis qui fera fléchir Edouard Philippe », rétorque Nathalie Loiseau, porte-parole d’Edouard Philippe…

Le