Budget: Belloubet détaille au Sénat ses projets pour la justice en 2018
Prisons, emplois, adaptation numérique, aide juridictionnelle: la garde des Sceaux Nicole Belloubet a détaillé mardi devant la...

Budget: Belloubet détaille au Sénat ses projets pour la justice en 2018

Prisons, emplois, adaptation numérique, aide juridictionnelle: la garde des Sceaux Nicole Belloubet a détaillé mardi devant la...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Prisons, emplois, adaptation numérique, aide juridictionnelle: la garde des Sceaux Nicole Belloubet a détaillé mardi devant la commission des lois du Sénat les projets pour la justice qu'elle compte réaliser dans le cadre du budget 2018.

"Le budget du ministère augmentera de 2,9% en 2018. Il est supérieur à l'augmentation moyenne de 2,6% constatée depuis 2012 et n'a été égalé qu'en 2016 et dépassé en 2017 que grâce aux moyens exceptionnels des plans de lutte contre le terrorisme", s'est félicité la ministre.

Un satisfecit non-partagé par l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) qui, dans un communiqué, a regretté un "ralentissement de la croissance" du budget, signe, selon lui, "d'un manque d'ambition pour la future loi de programmation" (sur cinq ans), promise par le président Macron et le Premier ministre.

Pour Nicole Belloubet, au contraire, il manifeste bien la volonté du gouvernement de faire de la justice "une priorité forte". "1.000 emplois seront créés en 2018 contre 697 en 2017, 973 en 2016 et 600 en 2015", a-t-elle précisé.

Rappelant ses cinq chantiers lancés en octobre sur la transformation numérique, les simplifications des procédures pénales et civiles, l'adaptation de l'organisation judiciaire et le sens de l'efficacité de la peine, la ministre a notamment justifié ses choix budgétaires dans cette perspective.

"Ils traduisent trois objectifs clairs": améliorer le fonctionnement quotidien de la justice, rendre les peines plus efficaces et porter une attention particulière aux plus démunis, a-t-elle insisté.

"A cette fin, 149 emplois seront créés dont 100 de magistrats dans les juridictions et 48 de juris-assistants pour les épauler. Grâce à la loi de modernisation de la justice et à la dématérialisation qui commence à être mise en place, 183 emplois pourront par ailleurs être affectés à d'autres missions comme la hausse de l'activité des juges des libertés et de la détention (JLD) (chargé notamment d'autoriser les perquisitions administratives dans le cadre de la nouvelle loi antiterroriste, ndlr) ou l'assistance des greffiers auprès du parquet", a détaillé la ministre.

Pour l'USM, ce programme représente "un inquiétant changement de cap dans les recrutements en très nette diminution de plus de moitié pour les magistrats et les fonctionnaires du greffe.

Parmi les autres postes, la garde des Sceaux a évoqué une augmentation de 30,8% des crédits immobiliers pour faire notamment face à la mise en service du nouveau palais de justice de Paris.

Par ailleurs, 26 millions d'euros de crédits sont prévus pour lancer une première vague de cinq maisons d'arrêts et de six quartiers de préparation à la sortie, ainsi que les acquisitions foncières nécessaires à la construction de ces établissements, prévus dans le cadre des 15.000 nouvelles places promises par le président Macron. Dix millions d'euros sont enfin débloqués pour rénover la sécurité des établissement et 35 emplois viendront renforcer le renseignement pénitentiaire.

Pour les plus démunis, les moyens de l'aide juridictionnelle qui leur permet d'accéder à la justice progresseront de 8,7% pour atteindre près d'un demi-milliard d'euros.

Les crédits d'aide aux victimes connaîtront aussi une hausse de 6,3%, ce qui, a assuré la ministre, permettra de garantir un suivi aux victimes du terrorisme et des ouragans qui ont touché les Antilles.

Partager cet article

Dans la même thématique

Rally at Place de la Republique for the release of activists from the Global Sumud Flotilla
7min

Politique

Garde à vue de Rima Hassan : comment fonctionne l’immunité parlementaire des eurodéputés ?

L’eurodéputée Rima Hassan a été placée en garde à vue jeudi. Ressortie libre dans la soirée, elle, sera jugée le 7 juillet prochain devant le tribunal correctionnel pour « apologie de terrorisme », en raison d’un post publié le 26 mars 2026 sur son compte X. La procédure a entraîné de nombreuses questions au regard de l’immunité parlementaire qui protège les députés européens.

Le

Session of questions to the government at the Senate
3min

Politique

Un nouveau projet de loi contre le séparatisme pour renforcer l’arsenal de 2021

Le gouvernement prépare un nouveau texte législatif visant à renforcer la lutte contre le séparatisme, dans la continuité de la loi adoptée en 2021. Présenté fin avril en Conseil des ministres, ce projet entend combler certaines limites identifiées par l’exécutif, notamment en matière de contrôle des structures et de protection des mineurs.

Le

Paris: Gerard Larcher elu President du Senat
9min

Politique

Sénatoriales : le groupe PS s’attend à une stabilité ou à un léger recul

Après les municipales, le PS espère conserver sa place de second groupe de la Haute assemblée, à l’issue des sénatoriales de septembre. « Je parie sur la stabilité », affirme Patrick Kanner, patron des sénateurs socialistes. Le sénateur du Nord n’exclut cependant pas le scénario du pire, qui serait « une perte sensible » de « 5 sièges ». Le groupe compte aujourd’hui 65 membres.

Le