La décision est symbolique mais elle vient conclure une mauvaise séquence pour le patron des Républicains Laurent Wauquiez: l'assemblée...
Budget de la région annulé: à Lyon aussi, la méthode Wauquiez fait débat
La décision est symbolique mais elle vient conclure une mauvaise séquence pour le patron des Républicains Laurent Wauquiez: l'assemblée...
Par Sandra LAFFONT
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Publié le
La décision est symbolique mais elle vient conclure une mauvaise séquence pour le patron des Républicains Laurent Wauquiez: l'assemblée régionale Auvergne-Rhône-Alpes, dont il veut faire une vitrine de son action, va devoir revoter son budget 2016, annulé par la justice.
Depuis deux ans, les élus d'opposition s'insurgent régulièrement contre des méthodes de M. Wauquiez à la région. Et le vote des budgets est pour eux un exemple de ses "excès de pouvoir".
Le groupe Rassemblement citoyen écologiste et solidaire (RCES) avait donc déposé un recours estimant que l'exécutif n'avait pas fourni de détails suffisants sur la répartition de l'enveloppe de 4,7 millions d'euros que la région souhaitait consacrer au projet contesté de Center Parcs de Roybon.
Mardi, le tribunal administratif de Lyon leur a donné raison, soulignant que les élus régionaux n'avaient pas eu une information "suffisante" sur ce sujet, entraînant en cascade l'annulation de l'ensemble de ce premier budget de l'ère Wauquiez.
Le président de la région devra donc soumettre de nouveau formellement au vote ce budget 2016 lors de la prochaine Assemblée plénière le 14 juin. Sans conséquences concrètes, "le budget ayant été exécuté et le compte administratif voté", selon le premier vice-président de la région, Etienne Blanc (LR).
Mais pour Myriam Laïdouni Denis, élue RCES qui a porté ce recours, "un budget régional a été annulé et c'est une première. Le tribunal reconnaît que le droit des élus a été bafoué".
Et les groupes d'opposition, tous bords confondus, tirent à boulets rouges sur le mode de gouvernance de Laurent Wauquiez: "déni de démocratie, dérives autoritaires" pour le groupe La République En Marche, "manquements graves aux droits des élus d’opposition" pour le Front National, "mépris", "absente totale de transparence" pour le Parti socialiste.
- Budget 2017 également attaqué -
Le chef de file FN Christophe Boudot en région Auvergne-Rhône-Alpes
AFP/Archives
"Il faut qu'il change. Dès qu'on le met en difficulté, il panique alors qu'il est sûr de lui en général", estime Christophe Boudot, chef de file du FN à la région. "Il coupe les micros, baisse les temps de parole". Or, "il se grandirait à respecter son opposition".
M. Boudot se souvient justement de ce moment ubuesque du vote du budget 2016 où tous les groupes d'opposition - à l'exception de RCES - avaient quitté l'hémicycle, dénonçant déjà un document budgétaire illisible.
Les élus de gauche ne comptent pas s'arrêter là puisqu'ils ont déposé un recours contre le budget 2017, cette fois-ci pour non-respect du droit d'amendements. Au PS, on indique que le tribunal devrait examiner le dossier en septembre.
Des critiques qui s'ajoutent à celles déjà exprimés à voix basse au sein du parti Les Républicains que M. Wauquiez dirige depuis six mois. Prise de décision solitaire, intimidation selon certains, présence parcimonieuse dans les médias... La gestion Wauquiez fait aussi des vagues à Paris.
La diffusion d'enregistrements dans lesquels il passait au lance-flamme une grande partie de la classe politique devant des étudiants de l'EM Business School à Lyon cet hiver avait déjà suscité le malaise.
S'agissant du dernier épisode, la décision du tribunal administratif de Lyon sur son budget, Laurent Wauquiez est pour l'instant resté silencieux. Et on ne l'entendra pas, selon son entourage.
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