Budget de la Sécu : le Sénat pourrait dire non au montant de la rallonge pour l’hôpital
La Haute assemblée fera entendre sa voix dans la nouvelle lecture du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Des points majeurs de désaccord subsistent et le niveau du coup de pouce pour les établissements de santé pourrait être refusé par une majorité de sénateurs.

Budget de la Sécu : le Sénat pourrait dire non au montant de la rallonge pour l’hôpital

La Haute assemblée fera entendre sa voix dans la nouvelle lecture du projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Des points majeurs de désaccord subsistent et le niveau du coup de pouce pour les établissements de santé pourrait être refusé par une majorité de sénateurs.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2020 est de retour au Sénat pour une nouvelle lecture. Cette fois-ci, la version sortie de l’Assemblée nationale comporte une partie des annonces du gouvernement pour l’hôpital, après plusieurs mois de mobilisation des personnels soignants. Notamment la rallonge de 300 millions d’euros pour les dépenses d’Assurance maladie : 200 pour les hôpitaux, et 100 pour les EHPAD.

Deux semaines auparavant, le Sénat avait stoppé la discussion et rejeté le texte, furieux d’examiner un texte rendu caduc pour le discours d’Emmanuel Macron. Au cours de la nouvelle lecture ce samedi 30 novembre, le Sénat et le gouvernement devraient, une fois encore, avoir des points de vue divergents. Qu’en sera-t-il de l’augmentation de l’Ondam, la progression des dépenses de santé, rehaussée à la faveur du plan d’urgence pour l’hôpital ? Le rapporteur général du PLFSS, Jean-Marie Vanlerenberghe (Modem), y est favorable. « Moi j’ai préconisé qu’on suive sur ce point les améliorations qui ont été apportées mais il dépendra de la part des groupes de définir leur position lors de la séance publique », explique-t-il à publicsenat.fr, à la fin de la réunion de commission. « Il y a un effort incontestable qu’il faut saluer », selon lui.

« Tout ça pour ça ! »

L’avis du rapporteur général pourrait ne pas être suivi dans l’hémicycle ce week-end. La teneur des débats en commission le laisse présager. « Si j’écoute les propos des uns et des autres, il est probable qu’il sera rejeté », s’avance Jean-Marie Vanlerenberghe.

La droite, majoritaire au Sénat avec les centristes, est « partagée, selon le socialiste Yves Daudigny, chef de file de son groupe sur le budget de la Sécurité sociale. Lui-même juge la réponse du gouvernement insuffisante. « L’an prochain, on nous vend pour un évènement historique une progression de l’Ondam jusqu’à 2,45 %. C’est mieux qu’en première lecture [2,3 %] mais c’est moins bien que l’année dernière [2,5 %]. Tout ça pour ça ! »

Rapporteure de la branche maladie du PLFSS, la sénatrice Catherine Deroche (LR) voit aussi les nuages s’accumuler autour de l’article 59, fixant les montants de l’Ondam. « Il y aura des amendements de suppression déposés dans plusieurs groupes », détaille-t-elle. « Certains disent que le compte n’y est pas. Mais ça dépend quelles sont les ambitions que l’on donne à l’hôpital », réagit le rapporteur général.

Retour des amendements sur les mesures de non-compensation et sur la sous-revalorisation de prestations

Peu de doutes en revanche sur le sort d’autres « marqueurs » du Sénat en première lecture : ils feront leur retour. Le Sénat s’opposera encore à la non-compensation par l’État dans le budget de la Sécu des pertes de recettes, générées par les mesures prises au moment de la crise des gilets des jaunes. « Ce que je regrette, c’est que le gouvernement n’ait pas compensé les mesures d’exonérations de cotisations sociales. Ça représente 1,5 milliard d’euros, il aurait été bienvenu de le donner tout de suite à l’hôpital », explique Jean-Marie Vanlerenberghe. La commission des Affaires est unanime sur cet article 3, qui avait concentré les critiques en première lecture (relire notre article).

Le Sénat supprimera aussi la désindexation des prestations sociales sur l’inflation. Droite et gauche dénoncent une perte de pouvoir d’achat pour les familles et les retraites avec une revalorisation limitée à +0,3 %.

Partager cet article

Dans la même thématique

PARIS. Marine Le Pen prostest in front of French senat
8min

Politique

Sénatoriales 2026 : le RN veut « tripler » son nombre de sénateurs et rêve de créer un groupe

Le RN se prépare dès maintenant pour les sénatoriales de septembre 2026. « Nous avons la volonté de doubler voire de tripler notre nombre de sénateurs », annonce à publicsenat.fr Ludovic Pajot, nommé directeur de campagne, soit frôler les dix sénateurs, permettant de créer un groupe. Mais avant cela, le parti devra réussir les municipales. Il entend, cette fois, éviter les « brebis galeuses ». Il cherche des candidats présentables, capables de « gérer une ville ».

Le

Budget de la Sécu : le Sénat pourrait dire non au montant de la rallonge pour l’hôpital
3min

Politique

« Je ne souhaite pas participer aux ravages sociaux et écologiques en cours » assume cet étudiant qui a bifurqué 

En 2022, Théophile Duchateau, élève dans l’école d’ingénieur Agro ParisTech, fait partie du groupe de « bifurqueurs », surnommés ainsi après avoir annoncé publiquement lors de la remise de leur diplôme qu’ils préféraient renoncer à une carrière toute tracée dans un grand groupe. Théophile Duchateau, ancien élève ingénieur d’Agro ParisTech partage aujourd’hui sa vie entre son métier dans l’agroforesterie et l’engagement dans une ferme collective. Au micro de Quentin Calmet et face aux sénateurs, il assume une nouvelle forme de « travail » dans l’émission Dialogue citoyen.

Le

Budget de la Sécu : le Sénat pourrait dire non au montant de la rallonge pour l’hôpital
4min

Politique

« L’IA, j’y crois beaucoup » : le préfet de police de Paris défend son utilisation pour la surveillance vidéo des rodéos urbains et des manifestations

Auditionné au Sénat sur la sécurité de l’espace public, le préfet de police de Paris Patrice Faure a défendu le recours à la surveillance vidéo algorithmique pour détecter certains délits et encadrer les manifestations. « Donnez-nous le cadre législatif pour utiliser les moyens technologiques qui existent », a-t-il exhorté devant les sénateurs.

Le

Retailleau ok
7min

Politique

Bruno Retailleau veut rétablir les contrôles à la frontière espagnole : c’est le cas depuis 2015

Suite à la régularisation de 500 000 sans-papiers en Espagne, la droite et l’extrême droite réclament un rétablissement des contrôles à la frontière espagnole. Or, ces contrôles ont été rétablis, théoriquement temporairement, mais sans discontinuer, depuis 2015. Par ailleurs, un titre de séjour délivré par un autre Etat-membre ne permet pas de séjourner légalement en France.

Le