Budget : un tweet de Gérald Darmanin provoque la colère des sénateurs et suspend la séance
Entre la majorité sénatoriale et le gouvernement, rien ne va plus. Un tweet de Gérald Darmanin a provoqué une suspension de la séance pour la soirée. Lors de l’examen du budget, les sénateurs venaient de voter un abattement fiscal pour les maires.

Budget : un tweet de Gérald Darmanin provoque la colère des sénateurs et suspend la séance

Entre la majorité sénatoriale et le gouvernement, rien ne va plus. Un tweet de Gérald Darmanin a provoqué une suspension de la séance pour la soirée. Lors de l’examen du budget, les sénateurs venaient de voter un abattement fiscal pour les maires.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

C’est un amendement adopté par la Haute- assemblée qui a fait réagir le ministre des Comptes Publics et, cela, alors même qu’il n’était pas dans l’hémicycle. Le projet de loi de finances était défendu ce vendredi par Olivier Dussopt.

« À l’initiative des Républicains, le Sénat vient de voter une augmentation de 125% de la déduction fiscale des élus, qui revient à les exonérer d’impôt jusqu’à 1500€/mois sur leurs indemnités ! Je m’y opposerai évidemment en seconde lecture à l’Assemblée nationale » a tweeté Gérald Darmanin.

« Une incitation au populisme » pour Bruno Retailleau

Le patron des sénateurs LR, Bruno Retailleau a demandé une suspension de séance quelques minutes plus tard. « Le tweet de Gérald Darmanin est une nouvelle provocation. C’est une incitation au populisme. C’est lui qui avait enclenché et initié ‘balance ton maire’ en publiant la liste des maires qui avaient augmenté la taxe d’habitation, dans la mesure où c’était Bercy qui avait cette fiche publiée » accuse-t-il.

« La réalité est que certains élus de petites communes en sont de leur poche »

Budget: Charles Guené défend un abattement fiscal pour les petits maires
02:46

Alors que se clôturait jeudi le Congrès des maires de France, l’intervention à distance de Gérald Darmanin a attisé la colère de la majorité du Sénat, chambre des territoires. Le sénateur LR Charles Guené, auteur de l’amendement avait noté « qu’au découragement » des maires, « s’était ajoutée en 2018 une hausse considérable des impôts. Certains ont vu jusqu’à 350% d’augmentation à l’occasion de la mise en place du prélèvement à la source ». « La réalité est que certains élus de petites communes sont parfois contraints d’avancer de l’argent ou en en sont même de leur poche ». « Le système antérieur (…) aboutissait ainsi à exonérer l’indemnité de tout impôt, pour les maires des petites communes jusqu’à 2 000 habitants, ce qui correspond à la strate des communes ne disposant pas de services municipaux organisés, auxquels ils doivent se substituer à toute heure » peut-on lire dans les motifs.

« Ce gouvernement a un fil rouge : c’est l’élu bashing »

« Nous n’avons pas demandé une augmentation d’une indemnité. Nous n’avons pas demandé un privilège fiscal pour les élus. Nous avons constaté qu’une mesure avait été prise il y a deux ans, que cette mesure n’avait pas été calibrée (…) nous avons constaté que des maires de petites communes se retrouvaient matraqués fiscalement (…) Nous demandons simplement à revenir avant cette réforme » (…) Ce gouvernement a un fil rouge : c’est l’élu bashing » (…) il y en a marre » a justifié Bruno Retailleau qui rappelle que l’amendement a été voté à l’unanimité du Sénat et pas uniquement par la droite.

Après une suspension de quelques minutes, la séance a été arrêtée pour la journée. Une conférence des présidents se tiendra samedi matin à 9H pour savoir si la Haute assemblée siégera ce week-end.

Partager cet article

Dans la même thématique

Budget : un tweet de Gérald Darmanin provoque la colère des sénateurs et suspend la séance
2min

Politique

PMA : « pour un projet on ne peut plus intime on ne devrait pas avoir à traverser des frontières », déplore cette lyonnaise après neuf tentatives

C’est historique. Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de décès en France a dépassé celui des naissances en 2025. Mais à rebours de cette tendance démographique, certains couples se battent pour avoir des enfants. C’est le cas d’Eugénie, originaire de Lyon, qui a été contrainte de partir à l’étranger pour bénéficier d’un parcours de PMA plus rapide. Interrogée par Quentin Calmet, elle témoignage de ses obstacles et difficultés dans l’émission Dialogue Citoyen.

Le

Paris : Vote on the 2026 budget bill at the Senate
8min

Politique

[Série 4/4] Macron et le Sénat, 10 ans de relations : du « Sénat bashing » à « une forme d’aura » retrouvée

Le Sénat et Emmanuel Macron. Bientôt 10 ans d’une relation tumultueuse, faite de moments électriques, de réchauffement, de pragmatisme et d’attaques. Une décennie de vie politique et parlementaire, sur laquelle publicsenat.fr revient cet été. Dix ans de macronisme auront finalement permis au Sénat, souvent critiqué, de redorer son blason. Rôle de contre-pouvoir renforcé avec les commissions d’enquête, travail législatif mis en lumière, hémicycle apaisé et constructif par rapport à l’Assemblée : c’est la recette qui a permis à la Haute assemblée de réaffirmer son rôle institutionnel.

Le

Budget : un tweet de Gérald Darmanin provoque la colère des sénateurs et suspend la séance
3min

Politique

« Il peut y avoir des moments festifs sans pour autant être obligé de boire » juge la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly

En ce début d’année, un million de Français ont choisi de ranger leurs verres pour relever le défi du « dry january » ou « janvier sobre ». Une pause bienvenue dans un pays où l’alcool est omniprésent dans la vie sociale et reste responsable de milliers de morts chaque année. Souvent taboue et parfois accentuée par la pression sociale, l’addiction à l’alcool constitue un enjeu de santé publique majeur. Comment réduire les risques ? l’addictologue Delphine Moisan et la sénatrice communiste Cathy Apourceau-Poly sont les invitées de l’émission Et la santé ça va ? pour en débattre.

Le

francois-patriat-en-septembre-dernier-photo-sipa-jeanne-accorsini-1680805422
6min

Politique

« Adieu Fanfan » : le sénateur François Patriat, ancien socialiste, fidèle d'Emmanuel Macron est mort à l'âge de 83 ans 

Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’âge de 83 ans. En 2016, François Patriat avait été parmi les premiers soutiens d’Emmanuel Macron, au moment où il se lançait dans la campagne présidentielle. Jusqu’en 2026, le Bourguignon restera l’un des plus proches soutiens du président de la République. Le dernier acte d’une très longue carrière de parlementaire entamée dans les années 80.

Le