« C’était une élection locale » : Jean Castex conteste avoir nationalisé les élections régionales
Interpellé sur le « triple fiasco » qu’ont constitué les élections régionales et départementales, selon le socialiste Patrick Kanner, le Premier ministre a affirmé que le gouvernement n’avait pas « souhaité nationaliser » le scrutin. Le chef du gouvernement n’a donné aucune réponse sur une éventuelle réunion du Parlement en Congrès cet été.

« C’était une élection locale » : Jean Castex conteste avoir nationalisé les élections régionales

Interpellé sur le « triple fiasco » qu’ont constitué les élections régionales et départementales, selon le socialiste Patrick Kanner, le Premier ministre a affirmé que le gouvernement n’avait pas « souhaité nationaliser » le scrutin. Le chef du gouvernement n’a donné aucune réponse sur une éventuelle réunion du Parlement en Congrès cet été.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Trois jours après le second tour des élections régionales et départementales, le président du groupe socialiste au Sénat Patrick Kanner demande toujours des comptes à l’exécutif. Lors des questions au gouvernement, ce 30 juin, le sénateur a dénoncé la « séquence calamiteuse » et le « triple fiasco » qu’a constitué le scrutin pour le gouvernement, pleinement engagé dans la campagne avec un nombre important de candidats. S’adressant au Premier ministre, Patrick Kanner s’en est pris à la « grande légèreté » d’Emmanuel Macron sur les conséquences de ces élections, marquées par une abstention massive. « Le président de la République était, malgré ses dénégations, la véritable tête de liste de ces élections […] Ce n’est pas seulement les élections territoriales que les Français ont boudées, mais surtout votre politique et l’action personnelle du chef de l’Etat », a soulevé Patrick Kanner.

Le Premier ministre a voulu faire taire ces critiques. « Il est quand même curieux qu’on nous reproche d’avoir voulu nationaliser cette élection, ce qu’il n’a pas été le cas », a répliqué Jean Castex. Immédiatement, une exclamation est montée de l’hémicycle. Il faut dire que le chef du gouvernement s’est affiché sur le terrain à plusieurs reprises aux côtés des candidats de la majorité, dans le Centre-Val-de-Loire ou encore en Auvergne-Rhône-Alpes. « C’était une élection locale », a enchaîné le Premier ministre. « Ce n’est pas parce que nous n’avons pas souhaité nationaliser cette élection que le gouvernement considère qu’il s’agit d’élections secondaires. »

« Ce Congrès, plus que jamais, à quelques mois de la présidentielle, devient une évidence », interpelle Patrick Kanner

Après avoir répété que le gouvernement allait traiter la question des « graves dysfonctionnements » dans l’acheminement de la propagande électorale, Jean Castex a fait part de son « extrême préoccupation » de l’abstention massive. « C’est une interpellation collective. Nous en prenons toute notre part », a-t-il affirmé. Le Premier ministre a rappelé les « initiatives » que se préparait à proposer le président de l’Assemblée nationale, mais aussi les travaux du Sénat en matière de participation électorale. « Dans la transversalité, dans la sérénité, il faudra en tirer toutes les conclusions », a promis le chef du gouvernement.

Patrick Kanner n’aura pas obtenu de réponse sur sa proposition faisant écho à un rendez-vous annuel sur lequel s’était engagé Emmanuel Macron en 2017. « Débattez avec le Parlement en convoquant dès juillet le Congrès ! »

« Si vous pensez que c’est la convocation du Congrès qui aurait pu davantage drainer de votes à ces élections, je vous laisse la responsabilité de cette appréciation », a répondu Jean Castex, sans s’engager sur les intentions du président de la République. Patrick Kanner est revenu à la charge au moment de ses quelques secondes de réplique. « Ce Congrès, plus que jamais, à quelques mois de la présidentielle, devient une évidence. Le clivage droite-gauche est revenu, sachez le prendre en considération. »

Partager cet article

Dans la même thématique

« C’était une élection locale » : Jean Castex conteste avoir nationalisé les élections régionales
3min

Politique

Crise pétrolière : « Avec le transport maritime à la voile on est à 1g de CO2 par tonne de matériel transporté au km » se réjouit cet entrepreneur

Alors que le détroit d’Ormuz est toujours bloqué, et que les prix des hydrocarbures sont toujours au plus haut, certaines solutions de transports maritimes, hier décriées, montrent tout leur intérêt. Avec un taux d’émission de gaz à effet de serre faible et une ressource inépuisable, le transport maritime à la voile développé par une jeune entreprise bretonne a tous les avantages, comme l’explique ce chef d’entreprise dans l’émission « dialogue citoyen » présentée par Quentin Calmet.

Le

4min

Politique

Esclavage : « L’identité française est faite de grands récits et de grands crimes », reconnaît Emmanuel Macron

A l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité, l’Elysée organisait une cérémonie de commémoration ce jeudi 21 mai. Le Président de la République est revenu sur le devoir de reconnaissance de ces crimes. Il a, pour la première fois, abordé le sujet de la réparation, quelques mois après l’abstention de la France sur le vote de la reconnaissance de l’esclavage et de la traite comme « pire crime contre l’humanité » à l’ONU.

Le

Gabriel Attal walks in Bordeaux
4min

Politique

Présidentielle 2027 : en Aveyron, Gabriel Attal officialise sa candidature

C’est fait, Gabriel Attal a mis fin au faux suspense sur sa candidature à la présidentielle. Le patron de Renaissance a officialisé sa candidature, ce vendredi et devrait être sur la ligne de départ en 2027. Dans l’Aveyron, l’ancien Premier ministre a fait part de son ambition de succéder à Emmanuel Macron. Il faudra d’abord tuer le match avec Edouard Philippe pour être le candidat légitime du bloc central.

Le

French ruling Renaissance party holds political meeting in Arras
6min

Politique

Gabriel Attal, à l’heure du grand saut présidentiel ?

Dans l’Aveyron, loin des ors parisiens, l’ancien premier ministre doit officialiser vendredi sa candidature à l’Élysée. Une entrée en campagne pensée comme un antidote au procès en déconnexion qui colle au macronisme et comme un adversaire à Édouard Philippe pour le leadership du bloc central.

Le