« Cabinet noir » : Fillon fait du « Trump » mais  « à la Française » selon Philippe Moreau-Chevrolet
En dénonçant un « cabinet noir » à l’Elysée, François Fillon a franchi un nouveau cap dans sa stratégie de défense. Pour le communicant Philippe Moreau-Chevrolet, « François Fillon fait du Trump à la Française ». Interview

« Cabinet noir » : Fillon fait du « Trump » mais « à la Française » selon Philippe Moreau-Chevrolet

En dénonçant un « cabinet noir » à l’Elysée, François Fillon a franchi un nouveau cap dans sa stratégie de défense. Pour le communicant Philippe Moreau-Chevrolet, « François Fillon fait du Trump à la Française ». Interview
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La dénonciation par François Fillon d’un « cabinet noir » responsable des fuites dans la presse sur ses affaires judiciaires et la mise en cause directe de François Hollande jeudi soir sur France 2, peut-elle être une stratégie payante ?

Ce qu’on observe, c’est que ça a été payant auprès des électeurs de droite, mais pas auprès du grand public. Selon les chiffres de l’institut Harris Interactive, 28% d’un échantillon représentatif de téléspectateurs ont été convaincus par François Fillon. C’est 10 points de moins que son précédent passage dans l’émission cet automne. Mais, 66% des sympathisants de la droite et du centre, et 74% des sympathisants LR ont eux été convaincus. On peut penser que la mise en cause directe de François Hollande a eu un effet remobilisateur.

Comment qualifier cette stratégie ?

François Fillon pratique une stratégie désespérée, une politique de terre brûlée. Quelque chose que l’on retrouve chez Donald Trump avec cette particularité d’aller chercher des arguments de dernières minutes sans anticiper les conséquences. Par exemple, il n’avait pas anticipé le démenti presque immédiat d’un des auteurs du livre sur lequel il s’est appuyé pour étayer sa cause (ndlr : « Bienvenue Place Beauvau, Police: les secrets inavouables d'un quinquennat » d'Olivia Recasens, Didier Hassoux et Christophe Labbé, édition Robert Laffont). On pourrait penser que construire une réalité alternative comme celle-ci s’apparente à une stratégie suicidaire car incompréhensible auprès du grand public. Néanmoins si elle ne lui permet pas d’engranger des points dans les sondages, elle lui permet de conserver son noyau dur de sympathisants.

Peut-on dire que François Fillon fait du Donald Trump ?

Il fait du Trump à la Française. Il y a tous les ingrédients utilisés par le président des Etats-Unis lors de sa campagne à la différence que François Fillon est, lui, calme et serein. On observe chez lui une forme de solidité.

Assiste-t-on à une séquence inédite dans une campagne électorale Française ?

C’est une stratégie de défense déjà utilisée par Nicolas Sarkozy, Jérôme Cahuzac ou encore Thomas Thévenoud, mais la construction d’une réalité alternative à une telle échelle est inédit dans une campagne présidentielle Française.

François Hollande a-t-il eu tort de réagir immédiatement ?

Le fait d’avoir réagi avant la fin de l’émission a fait perdre de la consistance à la réponse de François Hollande. Sa réaction a fait écho au message de François Fillon. A mon sens, il aurait du attendre, son message aurait été plus attendu (ndlr : François Hollande a démenti une deuxième fois les accusations de François Fillon  sur franceinfo, ce vendredi)

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Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. 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Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». 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