Cagnottes du Sénat: la mise en examen de cinq élus de l’ex-UMP confirmée
La cour d'appel de Paris a confirmé lundi les mises en examen de cinq élus de droite poursuivis dans l'enquête sur de possibles...

Cagnottes du Sénat: la mise en examen de cinq élus de l’ex-UMP confirmée

La cour d'appel de Paris a confirmé lundi les mises en examen de cinq élus de droite poursuivis dans l'enquête sur de possibles...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

La cour d'appel de Paris a confirmé lundi les mises en examen de cinq élus de droite poursuivis dans l'enquête sur de possibles détournements de fonds publics au Sénat, a-t-on appris de sources proches du dossier.

Ces recours intervenaient dans le cadre de l'enquête sur des compléments de revenus versés à des sénateurs de l'UMP (devenue LR) grâce à un système présumé de détournements des enveloppes d'assistants parlementaires pour la période postérieure à 2009. Dans ce dossier, neuf personnes ont été mises en examen, dont sept sénateurs actuels ou anciens.

Cinq d'entre eux, dont le LR Jean-Claude Carle, ancien trésorier du groupe UMP, et l'ancien élu Henri de Raincourt, qui le présidait, avaient saisi la cour d'appel d'une demande de nullité de leur mise en examen pour détournements de fonds publics ou recel de ce délit.

Lundi, leurs arguments ont été rejetés, conformément aux réquisitions du parquet général, selon cette décision dont les motivations n'étaient pas connues dans l'immédiat.

La défense des sénateurs a porté devant la cour une question juridique potentiellement cruciale pour d'autres enquêtes, notamment l'affaire Fillon: les parlementaires font-ils partie des personnes "dépositaires de l'autorité publique ou chargées d'une mission de service public", seules susceptibles d'être poursuivies pour détournements de fonds publics?

Pour les sénateurs, les parlementaires n'entreraient pas dans ces catégories, comme l'avait aussi affirmé François Fillon dans l'affaire sur les emplois de sa femme à l'Assemblée nationale qui lui vaut une mise en examen pour ce délit.

Ils ont aussi soulevé la séparation des pouvoirs et l'impossibilité pour la justice de "s'immiscer" dans la gestion du mandat parlementaire. Un argument lui aussi évoqué par François Fillon et par la présidente du Front national, Marine Le Pen, mise en examen dans l'affaire des assistants d'eurodéputés.

Sur le fond, les enquêteurs s'interrogent sur l'utilisation de l'enveloppe mensuelle de 7.600 euros pour embaucher des assistants. Quand les sénateurs n'épuisaient pas ce "crédit", ils pouvaient en donner une partie au groupe UMP. Problème: jusqu'en 2014, certains élus en récupéraient le tiers, soit directement du groupe, soit par le biais d'une association d'anciens centristes, l'URS (Union des Républicains du Sénat). Illégal? Les sénateurs mettent en avant un règlement du Sénat de 1989 qui permettait aux groupes d'utiliser librement les crédits "collaborateurs" reversés.

L'enquête, à l'arrêt depuis le 14 juin en raison de ces recours, va théoriquement pouvoir reprendre, sauf si la Cour de cassation, qui sera probablement saisie par les sénateurs, en décidait autrement.

Partager cet article

Dans la même thématique

Réduction de nombre de fonctionnaires : le virage à 180 degrés de Gabriel Attal
6min

Politique

Réduction de nombre de fonctionnaires : le virage à 180 degrés de Gabriel Attal

Le candidat de Renaissance à l’élection présidentielle joue cartes sur tables en dévoilant de premières propositions pour mettre fin à la dérive des comptes publics, citant par exemple la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires, ce qu’il avait refusé trois ans et demi plus tôt au Sénat.

Le

CANIS LUPUS
10min

Politique

Gestion de l’eau, pesticides, prédation du loup… Ce que contient le projet de loi d’urgence agricole adopté par le Sénat

Le Sénat a adopté le projet de loi d'urgence agricole, après l’avoir profondément durci sous l’impulsion de sa majorité de droite et du centre. Le texte multiplie les concessions au monde agricole, de la réintroduction dérogatoire de certains pesticides au doublement des capacités de stockage en eau, ce que la gauche n’a pas manqué de dénoncer. Tour d’horizon des principales dispositions du texte.

Le

France, Pyrenees-Orientales, July 2, 2026: Wildfire between Canet-en-Roussillon and Sainte-Marie-la-Mer
7min

Politique

Incendies : « Il faut arrêter avec l’idée de l’État nounou. La responsabilité individuelle est essentielle », alerte la sénatrice Lauriane Josende

Le violent incendie qui a frappé jeudi Sainte-Marie-la-Mer et Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales) a entraîné l’évacuation de près de 3 000 personnes et détruit des centaines de bungalows dans plusieurs campings. Si le feu est désormais maîtrisé, les autorités redoutent une saison des incendies particulièrement intense, sur fond de canicule et de sécheresse persistante.

Le