Carburants : le Sénat supprime la hausse des taxes
Cet après-midi, le Sénat a supprimé la hausse de la taxe carbone prévue pour 2019. Une mesure que la Haute assemblée avait déjà adoptée l’année dernière, craignant notamment que la hausse de la fiscalité des carburants soit « déraisonnable » et fasse naître une nouvelle vague de « bonnets rouges ».

Carburants : le Sénat supprime la hausse des taxes

Cet après-midi, le Sénat a supprimé la hausse de la taxe carbone prévue pour 2019. Une mesure que la Haute assemblée avait déjà adoptée l’année dernière, craignant notamment que la hausse de la fiscalité des carburants soit « déraisonnable » et fasse naître une nouvelle vague de « bonnets rouges ».
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

« Autant nous pouvions accepter l’année dernière une hausse modérée. Autant, il était déraisonnable de fixer à l’avance une trajectoire pluriannuelle de l’augmentation de la TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques) ». Le rapporteur général du budget, le sénateur LR, Alberic de Montgolfier a pris soin de rappeler « la clairvoyance » passée de la Haute assemblée au sujet de la hausse de la fiscalité des carburants.

Après la crise qui a opposé, ce week-end, le Sénat à Gérald Darmanin (voir notre article), l’examen du projet de loi de finances reprenait ce lundi après-midi. Et à l’issue d’un week-end chargé en revendications sociales et avant les annonces d’Emmanuel Macron demain, les sénateurs ont souhaité montrer qu’ils étaient à la hauteur des enjeux actuels, le pouvoir d’achat et la transition écologique, en inversant l’ordre de discussion du texte pour arriver, avec deux jours d’avance, sur l’article portant sur les tarifs de la TICPE.

La commission des finances fustige « l’absence ou la faiblesse des mesures d’accompagnement »

Pour la commission des finances, cette augmentation des taxes sur les carburants fixée jusqu’en 2022, « sans avoir une idée de l’évolution du marché » est jugée « déraisonnable ». « Le deuxième motif qui nous avait conduit à refuser cette trajectoire pluriannuelle, c’est l’absence ou la faiblesse des mesures d’accompagnement (….) Il est tout à fait évident qu’on ne peut pas changer à l’échelle d’un projet de loi de finances, des comportements (…) nous sommes dans le droit fil de la position qui avait été adoptée par le Sénat » a justifié Alberic de Montgolfier.

Stabilisation des tarifs de la taxe carbone en 2019

Raison pour laquelle, malgré l’avis défavorable du gouvernement, représenté ce lundi par Olivier Dussopt, le Sénat a adopté l’amendement de la commission des finances qui appliquent les tarifs de la TICPE de 2018 à 2019. « Ce qui revient à stabiliser les tarifs à compter du 1er janvier 2019 ». « Si de nouveaux tarifs devaient être proposés pour 2020, ceux-ci devront faire l'objet d'une nouvelle décision, en tenant compte des prix de l’énergie pour ne pas trop durement pénaliser le pouvoir d’achat des Français » exposent les motifs de l’amendement.

À noter que les groupes, LR, centriste et RDSE et communiste ont voté pour. Le groupe PS s’est lui abstenu et propose à la place une taxe sur les carburants flottante (en fonction de la hausse ou de la baisse des prix du pétrole) « afin de rendre socialement inclusive dans la durée la transition énergétique ». Le sénateur communiste, Eric Bocquet a fait  le rapprochement entre les 4 milliards en moins engendrés par la suppression de l’ISF et les 4 milliards en plus récoltés par l’État grâce à l’augmentation de la taxe carbone.

Budget: Eric Bocquet fait le rapprochement entre la suppression de l'ISF et la hausse de la taxe carbone
01:12

« Entendez les territoires ! »

Pour mémoire, le 21 novembre 2017, le rapporteur spécial pour le budget de l’écologie, Jean-François Husson avait alerté Gérald Darmanin sur les risques d’une fiscalité punitive. « Nous ne voulons pas voir naître une nouvelle vague de bonnets rouges » (voir notre article)

« L’an passé, parce que le gouvernement était un peu en lévitation et qu’il marchait sur l’eau, vous n’avez pas pensé qu’il était utile une forme de sagesse que nous prônions » a considéré Jean-François Husson.

Taxes sur les carburants: " L’an passé, parce que le gouvernement était un peu en lévitation" note Jean-François Husson
02:40

Le sénateur écologiste, Ronan Dantec, qui avait lui aussi alerté le gouvernement il y a un an sur le risque de la programmation pluriannuelle de la TICPE a lancé un appel au gouvernement : « entendez les territoires (…) On a bien compris que demain il y avait des annonces importantes. Mais de grâce remettez les territoires au cœur sinon ce ne sera pas accepté. On vous l’a déjà dit l’année dernière ».

Le gouvernement pourra bien évidemment revenir sur cette suppression de la hausse de la taxe carbone lors de l'examen du budget à l'Assemblée nationale.

Partager cet article

Dans la même thématique

Presidential candidate Jean-Luc Melenchon gives a press conference in Paris
7min

Politique

Écorégions : Jean-Luc Mélenchon propose de redessiner la carte des régions pour faire de la France « la première République écologique du monde »

En pleine séquence de canicule, le chef de file de La France insoumise relance son projet de « république écologique ». Le candidat à l’élection présidentielle propose, s’il accède à l’Élysée, de remplacer les régions actuelles par treize « écorégions » organisées autour des bassins versants. Une réforme institutionnelle ambitieuse, qui reste à ce stade une proposition de campagne.

Le

Session of questions to the government at the National Assembly
9min

Politique

Main tendue de Laurent Wauquiez à Édouard Philippe : « C'est le retour de la droite la plus bête du monde », tacle le camp de Bruno Retailleau

Dans les colonnes du Figaro, le patron des députés de droite, Laurent Wauquiez semble avoir, une fois de plus, savonné la planche du candidat à la présidentielle de son parti, Bruno Retailleau, estimant, sans le nommer, qu'il devrait « savoir se retirer le plus tôt possible » au profit du candidat le mieux placé pour rassembler la droite et le centre, en l'occurrence Édouard Philippe. Si l'entourage de Laurent Wauquiez dément tout soutien au candidat Horizons, ses propos agacent mais ne surprennent pas vraiment le camp du Vendéen.

Le

Carburants : le Sénat supprime la hausse des taxes
3min

Politique

Loi d’urgence agricole : « Si le Sénat fait le choix de faire capoter le texte, ce sera sa responsabilité », tacle Marc Fesneau, président des députés MoDem

Invité de la matinale de Public Sénat ce jeudi, Marc Fesneau a réaffirmé les lignes rouges de la majorité gouvernementale concernant le projet de loi d’urgence agricole, actuellement examiné au Sénat. La réintroduction de plusieurs pesticides par les sénateurs menace de « faire capoter le texte », qui ne pourra être voté en l’état à l’Assemblée, avertit l’ancien ministre de l’agriculture.

Le