Castaner revalorise les salaires des policiers après une journée de protestation
A l'issue d'une journée de protestation des forces de l'ordre, le ministère de l'Intérieur a accepté mercredi soir de revaloriser les salaires...

Castaner revalorise les salaires des policiers après une journée de protestation

A l'issue d'une journée de protestation des forces de l'ordre, le ministère de l'Intérieur a accepté mercredi soir de revaloriser les salaires...
Public Sénat

Par Grégory DANEL et Marie GIFFARD

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

A l'issue d'une journée de protestation des forces de l'ordre, le ministère de l'Intérieur a accepté mercredi soir de revaloriser les salaires des policiers qui réclamaient plus de moyens après leur mobilisation en masse face aux "gilets jaunes".

Depuis le début de la semaine, le gouvernement cherche à désamorcer la fronde qui monte dans la police et avait promis de s'attaquer au "chantier" du paiement des millions d'heures supplémentaires en souffrance et de verser une prime exceptionnelle de 300 euros.

Sous pression mercredi après des fermetures "symboliques" de commissariat dans plusieurs villes, l'Intérieur est finalement allé plus loin en concluant un accord de revalorisation salariale à l'issue de négociations tendues avec les trois principaux syndicats de la profession.

"Cet accord (...) ouvre la voie à une amélioration et une modernisation des conditions de travail et de rémunération des policiers", ont affirmé dans un communiqué le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et son secrétaire d'Etat Laurent Nuñez, précisant qu'une première revalorisation de 40 euros par mois interviendrait dès le 1er janvier.

"C'est ce qu'on voulait, on voulait une amélioration immédiate du pouvoir d'achat", s'est félicité le secrétaire général d'Unité-SGP Police, Yves Lefebvre, en sortant de plusieurs heures de tractations qui ont débuté mardi et se sont achevées tard mercredi soir.

Selon le syndicat, l'augmentation des salaires sera ensuite graduelle et devrait aboutir au bout d'un an à une hausse en moyenne de 120 euros net par mois pour les gardiens de la paix et pouvant aller jusqu'à 150 euros pour les plus hauts gradés.

Le coût total pour les finances publiques n'a pas été communiqué alors que le gouvernement a déjà annoncé plusieurs milliards d'euros de mesures destinées à faire retomber la colère des "gilets jaunes".

- "Reconnaissance" -

Conséquence de cette revalorisation, la prime exceptionnelle, durement critiquée par des policiers qui y voyaient une proposition "méprisante", voit son périmètre drastiquement réduit: elle ne sera versée qu'aux personnels techniques, scientifiques et administratifs et aux employés de préfecture mobilisés par la crise des "gilets jaunes" depuis le 17 novembre, a ajouté M. Lefebvre.

Le chantier des heures supplémentaires, qui porte sur quelque 275 millions d'euros, reste en revanche ouvert et sera "traité" à partir de janvier, a assuré le syndicaliste.

"C'est la reconnaissance de l'Etat, c'est la reconnaissance matérielle que nous avions exigée", s'est réjoui son homologue du syndicat Alliance, Jean-Claude Delage, évoquant une avancée "conséquente" à l'issue des négociations et rendant hommage à la mobilisation des policiers mercredi.

Tout au long de la journée, la protestation des forces de l'ordre a pris la forme de fermetures "symboliques" de commissariats et d'une grève du zèle dans plusieurs villes, selon des journalistes de l'AFP.

A Bordeaux, le commissariat est resté ouvert mais seul le "service minimum" a été assuré. Même son de cloche à Marseille, où les "missions d'urgence" étaient accomplies tandis que les tâches secondaires ont été "laissées de côté", a expliqué un responsable local d'Alliance.

La grogne s'était également fait sentir mercredi matin aux aéroports parisiens de Roissy et d'Orly où des fonctionnaires de la Police aux frontières ont appliqué un contrôle scrupuleux des passeports en soutien à leurs collègues. De longues files d'attente se sont formées mais aucun vol n'a été retardé.

Christophe Castaner reçoit les syndicats de police, le 18 décembre 2018 à Beauvau
Christophe Castaner reçoit les syndicats de police, le 18 décembre 2018 à Beauvau
AFP

Confronté à sa première crise en interne depuis son arrivée il y a deux mois à Beauvau, Christophe Castaner s'était voulu rassurant mardi, affirmant que les policiers n'étaient pas des "gilets jaunes" et qu'ils ne bloqueraient pas les commissariats "parce qu'ils ont le sens du service public".

Mais les syndicats ont récemment durci le ton contre le gouvernement après un mois éreintant où les forces de l'ordre ont dû gérer la mobilisation des "gilets jaunes" mais aussi une menace terroriste revenue brutalement sur le devant de l'actualité avec l'attentat de Strasbourg, qui a fait cinq morts.

En marge des syndicats, un mouvement baptisé "gyros bleus" et relayé sur les réseaux sociaux a, lui, agité le souvenir du mouvement de fronde inédit qui a surgi à l'automne 2016 après l'attaque au cocktail molotov contre des fonctionnaires à Viry-Chatillon (Essonne). Ce collectif avait prévu de se rassembler jeudi soir à Paris.

Partager cet article

Dans la même thématique

BIDONVILLE A MAYOTTE
7min

Politique

Inégalités dans les outre-mer : école, santé, pouvoir d’achat… Les propositions de la commission d’enquête du Sénat pour combler les disparités avec la métropole

La commission d’enquête sénatoriale sur les « inégalités systémiques » frappant les territoires ultramarins a rendu ses conclusions ce jeudi. Lancée par les sénateurs communistes, elle formule une soixantaine de propositions balayant le spectre des difficultés outre-mer, de la gestion sanitaire à la souveraineté économique.

Le

Presidential candidate Jean-Luc Melenchon gives a press conference in Paris
7min

Politique

Écorégions : Jean-Luc Mélenchon propose de redessiner la carte des régions pour faire de la France « la première République écologique du monde »

En pleine séquence de canicule, le chef de file de La France insoumise relance son projet de « république écologique ». Le candidat à l’élection présidentielle propose, s’il accède à l’Élysée, de remplacer les régions actuelles par treize « écorégions » organisées autour des bassins versants. Une réforme institutionnelle ambitieuse, qui reste à ce stade une proposition de campagne.

Le

Session of questions to the government at the National Assembly
9min

Politique

Main tendue de Laurent Wauquiez à Édouard Philippe : « C'est le retour de la droite la plus bête du monde », tacle le camp de Bruno Retailleau

Dans les colonnes du Figaro, le patron des députés de droite, Laurent Wauquiez semble avoir, une fois de plus, savonné la planche du candidat à la présidentielle de son parti, Bruno Retailleau, estimant, sans le nommer, qu'il devrait « savoir se retirer le plus tôt possible » au profit du candidat le mieux placé pour rassembler la droite et le centre, en l'occurrence Édouard Philippe. Si l'entourage de Laurent Wauquiez dément tout soutien au candidat Horizons, ses propos agacent mais ne surprennent pas vraiment le camp du Vendéen.

Le

Castaner revalorise les salaires des policiers après une journée de protestation
3min

Politique

Loi d’urgence agricole : « Si le Sénat fait le choix de faire capoter le texte, ce sera sa responsabilité », tacle Marc Fesneau, président des députés MoDem

Invité de la matinale de Public Sénat ce jeudi, Marc Fesneau a réaffirmé les lignes rouges de la majorité gouvernementale concernant le projet de loi d’urgence agricole, actuellement examiné au Sénat. La réintroduction de plusieurs pesticides par les sénateurs menace de « faire capoter le texte », qui ne pourra être voté en l’état à l’Assemblée, avertit l’ancien ministre de l’agriculture.

Le