Catastrophes naturelles : le Sénat préserve les ressources du Fonds de prévention
Les sénateurs ont adopté deux amendements, portés par les Républicains et le RDSE, visant à préserver les ressources du fonds de prévention des risques naturels majeurs dans le projet de loi de finances 2018.

Catastrophes naturelles : le Sénat préserve les ressources du Fonds de prévention

Les sénateurs ont adopté deux amendements, portés par les Républicains et le RDSE, visant à préserver les ressources du fonds de prévention des risques naturels majeurs dans le projet de loi de finances 2018.
Public Sénat

Temps de lecture :

4 min

Publié le

Mis à jour le

Le Sénat poursuit l’examen du projet de loi de finances (PLF) 2018. Il s’est penché lundi soir sur certains opérateurs de l’État dont le financement repose sur des taxes spécialement affectées. Chambres de commerce et d’industrie, agence pour le sport, agences de l’eau, l’article 19 du PLF ressemblait à un « mélange de choux et de carottes », selon l’expression du rapporteur général, Albéric de Montgolfier (LR).

Dans cette liste hétéroclite, les sénateurs sont revenus sur les plafonnements de ces ressources fiscales que le gouvernement défendait. Pour ne citer que lui, les sénateurs étaient particulièrement inquiets de l’avenir des ressources dédiées au Fonds de prévention des risques naturels majeurs (FPRNM), alors que l’ouragan Irma est encore dans toutes les mémoires.

Comme son nom l’indique, ce fonds créé en 1995, et dont le budget s’est décuplé ces dix dernières années, sert à financer les politiques de prévention en matière de catastrophes naturelles mais aussi à financer les expropriations par l’État des biens exposés aux risques.

« Le gouvernement est capable de prévoir les catastrophes naturelles », ironise Dallier

Provenant d’une prime sur les contrats d’assurance, les ressources de ce fonds doivent être plafonnées à 137 millions d’euros, selon le projet du gouvernement, alors que les prélèvements sur les assurances doivent atteindre 208 millions d’euros l’an prochain. Soit une perte nette de 71 millions d’euros.

Plusieurs sénateurs LR, et sénateurs du RDSE (radicaux et certains écologistes rattachés), ont soutenu un amendement visant à supprimer ce point du PLF. Il a été adopté. « Il est à parier malheureusement qu’avec le dérèglement climatique l’utilisation du fonds n’aille qu’en augmentant », a mis en garde Philippe Dallier (LR), après s'être moqué du gouvernement (vidéo de tête) :

« Alors M. le ministre, de deux choses l’une : ou le gouvernement est capable de prévoir à l’avenir les catastrophes naturelles, et à mon avis, les choses vont devenir plus simples pour tous nos compatriotes, ou ça n’est pas le cas – et nous pensons que ce n’est pas le cas – voilà pourquoi il ne nous semble pas utile de plafonner ce fonds. »

« Secteur stratégique pour l’avenir »

Même étonnement du côté des radicaux de gauche. « Il paraît incompréhensible que la France fasse le choix d’affaiblir financièrement un secteur aussi stratégique pour l’avenir », a déclaré le président du groupe RDSE, Jean-Claude Requier.

Pour le gouvernement, Olivier Dussopt a répondu que l’amendement des sénateurs « se traduirait par une dégradation du solde, puisque cela se traduirait par une perte de recettes pour l’État à hauteur de 71 millions d’euros. »

Fonds de prévention des catastrophes : Olivier Dussopt craint une dégradation du solde de la France
00:19

Sur la même position que le rapporteur général, Claude Raynal (PS) s’est étonné de la logique de l’exécutif sur le devenir de ces 71 millions d’euros sortant du plafond. « Si on dépasse ce niveau de fonds, on doit rembourser les assurés. Ça ne va pas au budget général de l’État ! »

Fonds de prévention des catastrophes : Raynal (PS) répond à Dussopt
00:29

Le financement du FPRNM est d’autant plus sensible que les ressources actuelles semblent insuffisantes au regard de ses missions. Dans un référé publié fin 2016, la Cour des Comptes voyait dans le FPRNM la « principale source de financement de la politique de prévention des risques naturels ». Les sages de la rue Cambon ont estimé à l’époque que l’élargissement du champ d’intervention de ce fonds avait « abouti à une débudgétisation critiquable des interventions de l'État en matière de prévention des risques naturels ».

Partager cet article

Dans la même thématique

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la réaction de Sébastien Lecornu après les fuites sur le budget peine à convaincre au Sénat
7min

Politique

« Vraie fébrilité », « gigantesque mascarade » : la contre-attaque de Sébastien Lecornu, après les fuites sur le budget, interpelle au Sénat

La saisine de la procureure de Paris, après la divulgation dans la presse de pistes de travail, non arbitrées, sur la taxation de l’épargne salariale, a surpris au sein de la commission des finances du Sénat. Plusieurs sénateurs n’adhérent pas à la version de fuites qui auraient échappé au contrôle du gouvernement.

Le

Rentrée scolaire Collège Parc Imperial à Nice
7min

Politique

Résultat du classement PISA : « Les ministres passent et le système demeure », martèle Max Brisson

La France atteint son plus bas niveau jamais enregistré dans les trois domaines évalués par PISA. Publiés ce mardi 8 septembre par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), les résultats de l’enquête interviennent quelques jours après la rentrée scolaire et à quelques mois de l’élection présidentielle. Ils relancent le débat sur l’état de l’école française et, inévitablement, sur le bilan des années Macron.

Le

France VE Day
5min

Politique

« Décision absurde, inique et inacceptable » : le maire de Paris annonce le lancement de deux enquêtes après l’éviction polémique du personnel féminin de la Tour Eiffel

Emmanuel Grégoire a annoncé lors d'un point presse la mise en œuvre de deux enquêtes après l'éviction des salariées de la tour Eiffel lors d'une visite dispensée à un groupe religieux hindou. Cette mise à l'écart a provoqué un mouvement de colère des salariés et la fermeture du monument lundi.

Le

Illustrations – Reseaux Sociaux – France
8min

Politique

Interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : Emmanuel Macron a-t-il tiré un trait sur sa promesse d’une application d’ici la fin de son mandat ?

Après la censure par le Conseil constitutionnel, au mois d'août, d'un texte visant à interdire les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, Emmanuel Macron a demandé, lundi, à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, d'avancer sur un texte européen en la matière. Mais l'harmonisation de cette interdiction au niveau des 27 pourrait prendre du temps et contrecarrer le calendrier du chef de l'État, qui en avait fait un engagement de son dernier quinquennat.

Le