Chasse: Hulot dénonce l’influence des « lobbies dans les cercles du pouvoir »
Nicolas Hulot a dénoncé mardi la "présence des lobbies dans les cercles du pouvoir", illustrée par celle d'un conseiller...

Chasse: Hulot dénonce l’influence des « lobbies dans les cercles du pouvoir »

Nicolas Hulot a dénoncé mardi la "présence des lobbies dans les cercles du pouvoir", illustrée par celle d'un conseiller...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Nicolas Hulot a dénoncé mardi la "présence des lobbies dans les cercles du pouvoir", illustrée par celle d'un conseiller politique des chasseurs lors d'une réunion lundi à l'Elysée qui a "achevé" de le convaincre de quitter le gouvernement.

Des déclarations qui ont provoqué la "stupeur" de l'intéressé, Thierry Coste, conseiller politique de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), qui a renvoyé l'ancien militant à son propre rôle de "lobbyiste" avant son entrée au gouvernement.

Lundi après-midi, Emmanuel Macron a organisé une deuxième réunion de haut niveau sur la chasse en six mois, avec notamment le président de la FNC Willy Schraen, Nicolas Hulot et son secrétaire d'Etat Sébastien Lecornu qui pilote la réforme.

Etait également présent Thierry Coste "à qui j'ai dit frontalement qu'il n'avait rien à faire là", a affirmé Nicolas Hulot sur France Inter.

"Ça va paraître anecdotique mais pour moi c'était symptomatique et c'est probablement un élément qui a achevé de me convaincre que ça ne fonctionne pas comme ça devrait fonctionner", a-t-il ajouté. "C'est symptomatique de la présence des lobbies dans les cercles du pouvoir. Il faut à un moment ou un autre poser ce problème sur la table parce que c'est un problème de démocratie: qui a le pouvoir, qui gouverne ?"

Il a toutefois assuré que sa décision de démissionner, arrêtée lundi soir, n'avait pas été provoquée par cette réunion sur une réforme qui "peut être importante pour les chasseurs, mais surtout pour la biodiversité".

"Mais ne pensons pas que ma décision vient simplement d'une divergence sur la réforme de la chasse, c'est une accumulation de déceptions et mais c'est surtout parce que je n'y crois plus", a-t-il déclaré.

Les chasseurs se sont montrés surpris de ces propos. Willy Schraen a décrit sur BFMTV une réunion "tout à fait normale" sans "aucun éclat de voix, aucun bras jeté en l'air".

"Il a totalement menti", a assuré de son côté Thierry Coste, décrivant simplement un Nicolas Hulot "bougon".

"La chasse d'un côté et le lobbyiste des chasseurs de l'autre sont un beau prétexte mais ne correspondent en rien à la réalité", a ajouté le conseiller des chasseurs à l'AFP, notant qu'il avait déjà participé à des réunions dans le bureau de Nicolas Hulot.

"Je regrette franchement son départ parce qu'il était utile", a-t-il ajouté, même s'il l'a "combattu pendant des années".

"Lorsqu'il parlait à l'oreille de Jacques Chirac, c'est lui qui a poussé à l'interdiction des chasses présidentielles. Lorsqu'il parlait à l'oreille de Jean-Louis Borloo, c'est lui qui a conseillé et obtenu de ne pas mettre les chasseurs dans le Grenelle de l'Environnement (...) J'ai toujours dit qu'il était comme moi, lobbyiste", a insisté Thierry Coste.

Quant aux arbitrages pris lundi sur la réforme de la chasse par Emmanuel Macron, ils étaient "plutôt équilibrés", a-t-il estimé, notant des "résultats" obtenus par Nicolas Hulot.

Les chasseurs ont obtenu du président Macron, qui a plusieurs fois exprimé son soutien à la pratique de la chasse, une baisse du permis national de chasse de 400 à 200 euros par an, qu'ils réclamaient depuis longtemps.

En revanche, le chef de l'Etat a approuvé la fusion de l'Agence française pour la biodiversité (AFB) et de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), notamment pour mutualiser les ressources de police de l'environnement. "Les chasseurs se sont toujours opposés à ça", a noté le conseiller de la FNC.

Partager cet article

Dans la même thématique

Chasse: Hulot dénonce l’influence des « lobbies dans les cercles du pouvoir »
3min

Politique

Sébastien Lecornu annonce un projet de loi fin juillet pour tripler les peines encourues pour diffusion de faux contenus en période électorale

Interrogé par Claude Malhuret (Horizons) sur le risque de prolifération de contenus politiques créés ou modifiés par l’intelligence artificielle durant la campagne présidentielle, le Premier ministre a annoncé une réponse législative. Selon lui, les « peines aujourd'hui ne sont pas suffisamment dissuasives ».

Le

Chasse: Hulot dénonce l’influence des « lobbies dans les cercles du pouvoir »
3min

Politique

Narcotrafic : Sébastien Lecornu annonce un projet de loi pour durcir les sanctions du délit de corruption passive

Lors des questions d’actualité au gouvernement au Sénat, le Premier ministre est revenu sur l’action du gouvernement en matière de lutte contre le narcotrafic, en rappelant les tests de dépistage de drogues désormais imposés dans les ministères. Il a annoncé, également, un texte de loi visant à durcir les sanctions des agents de l’Etat qui se rendraient coupables de corruption passive.

Le

Marine Le Pen and Jordan Bardella Visit La Fleche Market
6min

Politique

Condamnation de Marine Le Pen : malgré son pourvoi en cassation, est-elle toujours inéligible comme l'affirment plusieurs juristes ?

Condamnée en appel dans l'affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, Marine Le Pen a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle et son intention de former un pourvoi en cassation. En s'appuyant sur une jurisprudence de 1993, certains juristes affirment pourtant que la députée RN est toujours inéligible car ce pourvoi ferait revivre sa peine d'inéligibilité prononcée en première instance. Explications.

Le