Chasse : vers une réduction du prix du permis ?
Selon RTL, l’Elysée devrait prochainement annoncer une réduction de moitié du coût du permis de chasse. Un cadeau avant tout politique qui s’inscrit plus largement dans une opération séduction des chasseurs par le chef de l’Etat.

Chasse : vers une réduction du prix du permis ?

Selon RTL, l’Elysée devrait prochainement annoncer une réduction de moitié du coût du permis de chasse. Un cadeau avant tout politique qui s’inscrit plus largement dans une opération séduction des chasseurs par le chef de l’Etat.
Public Sénat

Par Jules Duribreu

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Si la chasse reste le second loisir en France, juste derrière le football, en nombre d’adhérents, cette pratique souffre d’une désapprobation de l’opinion publique, et d’une baisse continue du nombre de ces adhérents. Pourtant, Emmanuel Macron s'apprête à répondre favorablement à une demande de longue date des chasseurs français, à savoir la diminution notable du coût du permis de chasse, en le faisant passer de 400 à 200 euros.

Une pratique en baisse

Avec 1.2 million de détenteurs du permis de chasse pour l’année 2017, la France reste le premier territoire de chasse, devant l’Espagne et l’Italie. Pour autant, la pratique connaît un déclin : le nombre de chasseurs ne cesse de diminuer, passant de 2 à 1.3 million en moins de trente ans, et cela malgré les facilités d’obtention de permis de chasse. Si en nombre d’adhérents, la chasse reste le deuxième “sport” après le foot, elle souffre d’un désamour de la part d’une majorité de Français. Alors que 71 % d’entre eux ne se sentent pas en sécurité lorsqu’ils se promènent dans la nature en période de chasse, 79 % sont favorables à la réduction de sa durée et 82 % des sondés se prononcent en faveur du dimanche comme journée non chassée.

Une plus grande démocratisation de la chasse ?

Pour autant, Emmanuel Macron s'apprête à accéder, courant juin d'après l'Elysée, à une revendication des chasseurs en diminuant le coût du permis de 400 à 200 euros. Les chasseurs estiment en effet que le prix du permis est un frein majeur au développement de leur loisir. Une idée qui aurait été suggérée directement par Willy Schraen, le président nationale de la fédération nationale des chasseurs (FNC), comme le confirme François Patriat sénateur LREM et chasseur lui-même. « Parmi les mesures proposées par le président de la FNC, il y a celle d’un permis plus accessible de façon à ce que plus de gens puissent prendre des permis, face à un coût plus prohibitif, il s’agit de démocratiser cette pratique. »

François Patriat « Une mesure pour la démocratisation de la chasse »
00:43

Quel coût pour l’État ?

Forcément, cette diminution se répercute dans les caisses publiques. Ainsi, cette réduction, si elle est appliquée en l’état, pourrait profiter à 100.000 chasseurs, pour un coup de 20 millions d’euros. Pour François Patriat, l’engouement que pourrait provoquer cette mesure permettrait d’absorber le coût de la mesure « Ayant plus de permis, ça n’a pas de coût puisque le nombre de permis supplémentaires permettra de combler la différence. C’est avant tout un souci de démocratisation de la chasse, à destination des plus jeunes chasseurs notamment. »

Une mesure avant tout politique

Pour autant, difficile de ne pas voir dans cette annonce un geste avant tout politique. Emmanuel Macron souvent qualifié de “Président des villes” cherche à ne pas se couper de la ruralité, en affichant régulièrement sa proximité avec les chasseurs. En effet, après avoir annoncé la réouverture des chasses présidentielles à Chambord, Emmanuel Macron s’est également prononcé pour la chasse à courre, pratique qualifié de “barbare” par Nicolas Hulot et dont 84% des Français réclament l’interdiction.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris: Auditions candidats elections Mairie de Paris sur l exclusion
8min

Politique

Vent de fronde chez Les Ecologistes pour les municipales : une « manœuvre » de « déstabilisation » de LFI, dénonce le sénateur Thomas Dossus

A Paris, Montpellier ou Avignon, quelques élus des Ecologistes prennent leur distance avec le parti pour rejoindre LFI. Ils dénoncent la stratégie d’alliance locale avec le PS. « C’est marginal », minimise le sénateur Thomas Dossus, qui y voit un mouvement d’humeur « opportuniste » de certains. Malgré les tensions, il espère encore des rapprochements avec les Insoumis au second tour.

Le

Deplacement de Anne Rubinstein a Epide de Lyon Meyzieu
6min

Politique

Violence dans le périscolaire : « l’omerta » au cœur de la bataille municipale parisienne

Depuis plusieurs mois, les signalements d’agressions sexuelles et de comportements suspects se multiplient dans le périscolaire. L’enquête de Cash Investigation en a révélé les failles, derrière ce service public du quotidien, fréquenté chaque jour par des millions d’enfants, se dessine un système fragilisé, miné par la précarité des personnels, des contrôles défaillants et une responsabilité politique désormais au cœur de la bataille municipale parisienne.

Le

Several batches of infant formula sold in France and internationally have recently been recalled due to the potential presence of cereulide, a toxin produced by certain bacteria.
6min

Politique

Laits infantiles contaminés : « On est dans une situation qui est pire que le scandale Lactalis »

L’affaire des laits infantiles contaminés et rappelés ces dernières semaines va-t-elle tourner scandale sanitaire ? Plusieurs actions en justice ont été engagées contre les industriels et l’Etat. Pour Quentin Guillemain, président de l’Association pour la santé des enfants, la situation est bien plus préoccupante que le scandale sanitaire Lactalis fin 2017.

Le