Christian Cambon : « La guerre au Sahel n’est pas terminée »
Les derniers soldats français de l’opération Barkhane ont quitté le Mali, lundi 15 août. Après neuf ans de présence militaire française, les derniers effectifs ont franchi la frontière en direction du Niger sur fond de tension avec la junte au pouvoir à Bamako.  Pour autant, la France « poursuit son combat contre le terrorisme au Sahel ».

Christian Cambon : « La guerre au Sahel n’est pas terminée »

Les derniers soldats français de l’opération Barkhane ont quitté le Mali, lundi 15 août. Après neuf ans de présence militaire française, les derniers effectifs ont franchi la frontière en direction du Niger sur fond de tension avec la junte au pouvoir à Bamako.  Pour autant, la France « poursuit son combat contre le terrorisme au Sahel ».
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Après plus de neuf ans d’intervention, l'armée française a quitté le Mali, lundi 15 août, mettant fin à l’opération Barkhane.
Accueillis comme des « sauveurs » face aux groupes jihadistes en 2013, les militaires français ont achevé leur retrait du pays, dans un climat tendu avec la junte au pouvoir à Bamako et une hostilité grandissante de la population locale.
La présence militaire française au Sahel sera divisée par deux d'ici la fin de l'année, à 2.500 militaires, notamment au Niger et au Tchad.

Christian Cambon est Président de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat, il revient sur ce repli de l’armée française.


La France quitte le Mali après neuf ans d’intervention face au terrorisme, dans le cadre de l’opération Barkhane, quel bilan en tirer ?

Christian Cambon : Tout d'abord, de la fierté, car la France a largement contribué à lutter contre l’islamisme. Elle a joué son rôle. Elle a aidé les forces maliennes quand le Mali en a eu besoin.
Mais nous ne devons pas oublier nos 59 soldats morts dans le cadre de leur mission. C’est un lourd tribut payé par le France dans la lutte contre le terrorisme.
Aujourd’hui, il y a de très graves différents avec la junte malienne au pouvoir à Bamako et le Président a fait le choix de retirer nos troupes du Mali.
Parmi les choses positives, retenons la formation des Forces armées Maliennes.
La seule critique que l’on peut émettre c’est d’être resté trop longtemps. Mais nous n’avons jamais eu la vocation d’être des forces d’occupation.


Comment évaluez-vous le repli réalisé par l’Armée française ?

Christian Cambon : C’était une opération délicate, périlleuse. Nos troupes étaient à découvert et on peut se féliciter qu’heureusement il n’y a pas eu d’attaque.
C’est un défi logistique immense qui a été relevé par notre Armée (en 6 mois, la France a sorti du Mali 4.000 containers et un millier de véhicules, dont des centaines de blindés, NDLR).
Le repli et le déménagement des Forces françaises se sont bien déroulés de manière exemplaire, alors que cette opération était délicate et périlleuse.


Quel avenir à présent pour les forces françaises au Sahel ?

Christian Cambon : L’avenir c’est un changement radical de stratégie avec une présence en moins grand nombre des militaires français sur le terrain.
Nous allons continuer à être présent sur place mais avec des objectifs plus précis et plus localisés.
La guerre au Sahel n’est pas terminée. Toute l’Afrique est en danger de déstabilisation.
Le Niger, ainsi que le Tchad, ont souhaité une présence des Forces françaises sur leurs territoires. Cette volonté doit être officiellement actées. Le Parlement vérifiera ces points

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Session of questions to the government at the National Assembly
5min

Politique

Direct. Marine Le Pen condamnée à 1 an ferme sous bracelet électronique, et à 45 mois d'inéligibilité, dont 30 mois avec sursis

A l’issue du délibéré, dans l’affaire de détournement de fonds publics des assistants parlementaires européens du FN, la cour d’appel de Paris a revu à la baisse la condamnation de la députée RN. Condamnée à 45 mois d'inéligibilité, dont 30 avec sursis, elle peut en théorie être candidate à la présidentielle de 2027, mais la cour d'appel de Paris l'a aussi condamnée à un an de prison aménageable sous bracelet électronique. Or, Marine Le Pen a d’ores et déjà estimé qu’il ne lui serait « pas possible » de faire campagne dans ces conditions. La décision d’être candidate lui revient.

Le

FRA – ELECTIONS MUNICIPALES – LR RETAILLEAU
2min

Politique

« La justice ne doit avoir qu'une chose en tête : Marine Le Pen est-elle oui ou non coupable », affirme Bruno Retailleau

Le candidat à la présidentielle et sénateur LR a appelé la justice à être « impartiale », affirmant au micro de BFMTV que « les hommes et femmes politiques ne sont ni en dessous des lois, ni au-dessus », à quelques heures de la décision de la Cour d’appel sur le sort de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires. Que la leader du RN soit jugée inéligible ou non, « ça ne changera rien » en vue de la présidentielle, assure-t-il.

Le

ILLE SUR TET: WILDFIRE NEAR SOUTH FRANCE
8min

Politique

Feux de forêt : quel bilan pour la proposition de loi du Sénat votée en 2023 ?

En juillet 2023, un an après les feux ayant ravagé la Gironde, le Parlement adoptait à la quasi-unanimité une proposition de loi sénatoriale pour renforcer la lutte contre les incendies de forêt. Alors que les feux démarrent précocement en cet été 2026, les élus saluent les avancées offertes par le texte, mais le jugent encore mal appliqué, voire insuffisant.

Le