Code du travail: bataille idéologique mais pas de retouches en commission
Le projet de loi visant à réformer par ordonnances le Code du travail a donné lieu mercredi à une bataille idéologique portée...

Code du travail: bataille idéologique mais pas de retouches en commission

Le projet de loi visant à réformer par ordonnances le Code du travail a donné lieu mercredi à une bataille idéologique portée...
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Le projet de loi visant à réformer par ordonnances le Code du travail a donné lieu mercredi à une bataille idéologique portée essentiellement par les "Insoumis" et les communistes face à la ministre du Travail, en commission à l'Assemblée.

Les amendements portés par ces élus et visant à supprimer le premier article du texte ont notamment été rejetés.

D'emblée, le rapporteur Laurent Pietraszewski, député La République en Marche du Nord, a dit entendre le "positionnement politique global" des Insoumis et des communistes, mais a estimé que le large vote de confiance obtenu par le gouvernement la veille avait "légitimé la méthode retenue (...) à travers cette loi d'habilitation".

Et de prévenir: "si la très grande majorité" des quelque 200 amendements à examiner sur les neuf articles recueille un avis défavorable, "c'est principalement en raison du respect de cette méthode".

"On fait confiance ou pas au dialogue social", ce qui est "tout le pari de la loi", a plaidé la ministre Muriel Pénicaud.

"Sinon, effectivement, si on croit que la loi peut, à Paris, entre l'Assemblée et le gouvernement, définir tout ce qui se passe dans toutes les entreprises, tous les jours, c'est une autre conception un peu bureaucratique du monde, mais ce n'est pas la nôtre", a-t-elle ajouté.

"Vous n'êtes pas là pour faire des paris (...) mais pour prendre des décisions et celles que vous prenez nous semblent dangereuses", a estimé Adrien Quatennens (LFI), dont le groupe a été à l'origine d'environ la moitié des amendements, visant principalement à vider des articles.

Dans la soirée, toujours en présence de la ministre, M. Quatennens a fait remarquer que le taux d'acceptation des amendements était jusqu'alors de "0%".

Les députés ont notamment adopté l'article concernant la barémisation des indemnités prud'homales en cas de licenciement abusif, promesse de campagne d'Emmanuel Macron. Il "concentre toutes nos inquiétudes et des lignes rouges", a souligné Ericka Bareigts au nom des élus "Nouvelle Gauche", citant, outre cette barémisation, le "recours étendu au contrat de chantier, plus précaire qu'un CDD".

Alors que M. Dharréville évoquait le risque d'un "CDI précaire", le rapporteur a assuré qu'il ne s'agissait "pas de remettre en cause le CDI".

Une fois l'examen en commission achevé, vraisemblablement jeudi dans la matinée, le texte sera examiné en première lecture dans l'hémicycle à partir du 10 juillet.

Partager cet article

Dans la même thématique

Marseille: Riots and Protests in Marseille
5min

Politique

Maintien de l'ordre: le Sénat formule 30 propositions pour garantir la liberté de manifester et sanctionner plus sévèrement les casseurs

Mise en place en janvier, la mission d’information du Sénat sur le maintien de l’ordre, qui remet ses conclusions ce mercredi, a pris une tournure particulière à l’aune des violences qui ont émaillé la mobilisation du 17 octobre. Dans son rapport, la chambre haute formule 30 propositions, telles que le renforcement des services de renseignement, le maintien de l’usage d’armes intermédiaires pour les forces de l’ordre ou encore la pénalisation de la participation à une manifestation non déclarée.

Le

FRA – ASSEMBLEE – QUATRE COLONNES
5min

Politique

Informer et protéger : une proposition de loi pour renforcer les droits des victimes de violences sexuelles examinée au Sénat

Les victimes de violences sexuelles seront-elles systématiquement prévenues de la libération anticipée de leur agresseur ? C’est l’un des enjeux de la proposition de loi portée par la députée Laure Miller (Ensemble pour la République), examinée ce mardi 20 octobre 2026 au Sénat pour renforcer les droits des victimes de violences sexistes et sexuelles.

Le

Limoges Town Hall Partially Destroyed by Fire During Violent Protests
6min

Politique

Incendie de la mairie de Limoges : qu’est-ce que « l’ultragauche », mouvance dont le suspect arrêté serait issu ?

Le parquet de Limoges a annoncé ce mardi l’interpellation d’un suspect dans le cadre de l’incendie de la mairie de Limoges samedi 17 octobre. Cet homme de 34 ans appartiendrait, d’après les autorités, à « l’ultragauche », sans que son rôle éventuel dans l’incendie n'ait été précisé. Mais quelles réalités recouvre ce vocabulaire « d’ultragauche », souvent utilisé par les renseignements et l’antiterrorisme ?

Le