Colère des régions : « Dans les territoires, le problème ce n’est pas les collectivités, c’est l’État »
Coup de théâtre ce jeudi à Orléans, les présidents des régions de France ont unanimement décidé de claquer la porte la Conférence des territoires. En cause ? La suppression de 450 millions d’euros confirmée par Édouard Philippe.

Colère des régions : « Dans les territoires, le problème ce n’est pas les collectivités, c’est l’État »

Coup de théâtre ce jeudi à Orléans, les présidents des régions de France ont unanimement décidé de claquer la porte la Conférence des territoires. En cause ? La suppression de 450 millions d’euros confirmée par Édouard Philippe.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

La suppression d’un fonds de soutien au développement de 450 millions d’euros a été la goutte qui a fait déborder le vase.  En ouverture du congrès des « Régions de France » (l’ex Association des régions de France) à Orléans, le Premier ministre a confirmé l’annulation de crédit de 450 millions d’euros, promise sous le quinquennat Hollande, un fonds destiné à l’aide aux entreprises.  « Je ne veux pas rentrer dans une politique qui serait bâtie sur des chèques en blanc ou des chèques en bois » avait justifié Édouard Philippe, peu avant (voir notre article).

«  Le dialogue pour rien dire et le dialogue pour rien faire, ça ne sert rien » 

La réaction des présidents de régions ne s’est pas fait attendre. Ils ont, unanimement, décidé de quitter la Conférences des territoires, un outil de concertation mis en place depuis juillet par l’exécutif. « Le dialogue pour rien dire et le dialogue pour rien faire, ça ne sert à rien » s’est emporté à ce sujet, Xavier Bertrand, président des Hauts-de-France (voir notre article).

« Dans les territoires, le problème ce n'est pas les collectivités, c'est l'État » a affirmé Philippe Richert, dans une conférence de presse improvisée. « Ce qui s’est passé aujourd’hui à Orléans est grave. Nous étions venus dans la préparation de ces rencontres avec la volonté d’apporter notre soutien (…) la seule façon de réformer notre pays c’est de passer par la confiance des acteurs du territoire que sont les chefs d’entreprise et les responsables politiques qui dans les collectivités portent les responsabilités » a-t-il poursuivi avant d'ajouter : « On ne peut plus travailler avec le gouvernement dans ce climat de mépris ». Par ailleurs, le président de la région Grand Est a laissé planer le doute sur une possible démission de son mandat. « Je ferai une déclaration dans les prochains jours et vous verrez bien».(voir son interview au micro de Public Sénat)

Régions de France: "on ne peut plus travailler avec le gouvernement dans ce climat de mépris": Philippe Richert
04:52

« Faire de la politique, c'est respecter la parole donnée» 

Collectivités locales: « faire de la politique, c'est respecter la parole donnée » rappelle Pécresse
02:47

« Faire de la politique, c'est respecter la parole donnée »  a rappelé pour sa part Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, au micro de Public Sénat. « Il y a une parole qui a été donnée aux régions. Quand on leur a transféré la compétence du développement économique et du soutien au PME, c’était de leur donner 500 millions d’euros par an pour exercer cette compétence » a-t-elle développé en dénonçant « un discours centralisateur » de la part de l’exécutif.

« Nous avons entendu un État fermé, un État qui recentralise, un État qui veut être le seul décideur et que les régions, les collectivités locales n’aient plus aucune capacité d’action » complète Carole Delga, présidente socialiste de la région Occitanie, et sur la même ligne qui ses collègues Républicains (voir la vidéo).

Régions de France: Carole Delga: "nous avons entendu un Etat fermé, un Etat qui recentralise"
01:16

 

Partager cet article

Dans la même thématique

Sammy Baloji, Clémentine Samba Mushidi, Kasaji, province du Lualaba, 2018 – Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la galerie Imane Farès, Paris
4min

Politique

« Les festivals de l’été » : Aux rencontres photographiques d’Arles « Nous apportons le doute sur ce qu’on voit » revendique son directeur 

C’est le rendez-vous estival des amateurs de photographie. Pour leur 57ème édition, les Rencontres de la photographie d'Arles mettent à l’honneur le travail de photographes africains. Des nouveaux regards sur un continent central et une invitation renouvelée à une compréhension complexe de la réalité du monde, loin des images et des vérités assénées par les médias sociaux, comme le revendique son directeur Christoph Wiesner.

Le

Colère des régions : « Dans les territoires, le problème ce n’est pas les collectivités, c’est l’État »
4min

Politique

« Dans le monde politique et de l’entreprise, le pouvoir dénature les gens », observe Elisabeth Moreno

Si devenir ministre lui a permis de faire avancer la cause des femmes, elle a aussi, pendant deux ans, découvert l’envers du monde politique. Entre « carriérisme », environnement masculin et manque de soutien pour faire avancer le féminisme, Elisabeth Moreno revient sur ses combats, son expérience gouvernementale et les travers du pouvoir au micro de Rebecca Fitoussi, dans l’émission Un monde, un regard.

Le

Heat Wave in the North
5min

Politique

La justice ordonne le démantèlement de « mégabassines » en Charente-Maritime : les agriculteurs condamnés invoquent la loi d’urgence agricole et font appel

Neuf agriculteurs ont été condamnés par la justice, jeudi 23 juillet, à démanteler quatre retenues d’eau qu’ils utilisent illégalement depuis dix-sept ans. Ils ont annoncé faire appel et se fondent sur le prétendu « décalage » entre cette décision et la loi d’urgence agricole tout juste adoptée, très favorable au développement de ces « bassines ».

Le

PARIS, Conseil constitutionnel, Constitutional Council, Palais Royal
7min

Politique

Le Conseil constitutionnel est-il devenu un arbitre sursollicité ?

Longtemps perçu comme le gardien discret de la Constitution, le Conseil constitutionnel s’impose aujourd’hui comme l’un des acteurs incontournables de la vie politique. Jamais autant saisi sur les lois votées par le Parlement depuis une quinzaine d’années, il est devenu le passage obligé des textes les plus sensibles. Loin d'un dysfonctionnement, cette hyper-activité traduit les nouvelles dynamiques du pouvoir sous l'ère de la « majorité relative ».

Le