Collectivité : le Sénat renforce la parité dans les intercommunalités
Les sénateurs ont adopté à la quasi-unanimité une mesure renforçant la place des femmes dans les exécutifs des intercommunalités. On ne compte aujourd’hui que 8% de présidentes d’interco et 20 % de vice-présidentes.

Collectivité : le Sénat renforce la parité dans les intercommunalités

Les sénateurs ont adopté à la quasi-unanimité une mesure renforçant la place des femmes dans les exécutifs des intercommunalités. On ne compte aujourd’hui que 8% de présidentes d’interco et 20 % de vice-présidentes.
Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Le débat sur la parité a fait son retour, jeudi 10 octobre, au Sénat, au cours des débats sur le projet de loi engagement et proximité du ministre Sébastien Lecornu. Un texte qui renforce notamment la place des maires dans les intercommunalités.

Le Sénat, à majorité de droite et du centre, a adopté deux amendements identiques du sénateur PS Eric Kerrouche et des rapporteurs du texte Françoise Gatel (UDI) et Mathieu Darnaud (LR), qui renforcent la place des femmes dans les intercommunalités.

L’interco est en effet le parent pauvre de l’égalité homme-femme en politique. « Les femmes ne sont pas des hommes comme les autres. Nous représentons 51,5 % de femmes en France et nous sommes 52,3% d’électrices inscrites sur les listes électorales. Et aujourd’hui, nous avons dans les EPCI (les intercommunalités, ndlr), 7,8% de présidentes et 20% de vice-présidentes... » a décrit la sénatrice PS du Rhône, Annie Guillemot.

« C’est un peu la parité si je mens »

« La parité est la grande absente des dispositions que vous mettez en place » a regretté Eric Kerrouche en s’adressant au ministre, rappelant que « l’égalité homme-femme est l’une des grandes causes de ce quinquennat ». Il ajoute : « Pour vous, comme pour la majorité de cette assemblée et les rapporteurs, c’est un peu la parité si je mens ». Le sénateur a évoqué un « âpre débat en commission » sur le sujet.

« Au moins, puisque nous avons eu la chance d’adopter le scrutin de liste pour les exécutifs des intercommunalités, il s’agit de faire en sorte qu’au moins les proportions de femmes au sein de l’exécutif, soient proportionnelles au nombre de femmes représentées dans l’assemblée communautaire » a expliqué Eric Kerrouche, sénateur des Landes (voir la vidéo).

Concrètement, « si dans un conseil communautaire, il y a 20% de taux de parité, nous proposons que les vice-présidents soient élus en prenant en compte les 20%. Ce n’est pas une parité 50/50, mais une introduction de parité » a précisé Françoise Gatel, soulignant qu’« il faut parfois avancer en faisant une proposition de convergence ».

Lecornu : « La bonne réforme pour la parité reste évidemment la parité dans les conseils municipaux »

Le ministre chargé des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, a émis un avis de « sagesse favorable » à l'amendement. « La bonne réforme pour la parité reste évidemment la parité dans les conseils municipaux, c'est-à-dire la parité lors de l'élection municipale, et donc, mécaniquement, la parité se fera dans les intercommunalités », a soutenu l’ancien maire de Vernon (Eure).

« Le ministre dit qu’il faut que ce soit dans les conseils municipaux. Ce n’est pas vrai » lui a répondu Annie Guillemot, prenant exemple sur la « communauté urbaine de Lyon » où « nous avions la parité dans les conseils municipaux, mais nous n’avions seulement que quatre vice-présidentes, dont moi-même ».

L’amendement, adopté à la quasi-unanimité, sauf quelques abstentions, a été voté le jour des 20 ans de la délégation aux droits des femmes du Sénat. La sénatrice LREM Françoise Cartron a au passage fait remarquer qu’« il y a 20 ans, il n’y avait seulement 19 femmes sénatrices dans cet hémicycle ». Si les choses ont changé, il y a encore du retard. Les femmes représentent aujourd’hui 33% des membres de la Haute assemblée. L’Assemblée nationale fait un peu mieux, sans atteindre la parité, avec 39% de femmes qui siègent au Palais bourbon.

Partager cet article

Dans la même thématique

Paris : Session of questions to the government at the Senate
8min

Politique

Loi Yadan contre l’antisémitisme : les sénateurs dubitatifs à l’annonce de la reprise en main du gouvernement

Après le retrait à l’Assemblée nationale de la proposition de loi portée par la députée Renaissance Caroline Yadan, le gouvernement va reprendre la main et présentera un projet de loi sur la lutte contre l’antisémitisme devant le Sénat avant l’été. L’exécutif compte sur un accueil plus favorable à la chambre haute où la droite et le centre sont majoritaires. Mais les relations entre la majorité sénatoriale se sont tendues ces derniers temps.

Le

Paris: French Government Weekly Cabinet Meeting
3min

Politique

1er mai : boulangeries et fleuristes « indépendants » pourront faire travailler leurs salariés dès cette année, annonce Sébastien Lecornu

Le Premier ministre a mis sur la table, vendredi, un nouveau projet de loi d’élargissement du travail le 1er mai, uniquement ouvert aux boulangeries et fleuristes « indépendants et artisanaux ». En attendant son adoption formelle, il a assuré que des consignes seront données pour qu’aucun contrôle ne vienne entraver le travail de leurs salariés cette année.

Le

Festival Du Livre 2025
2min

Politique

Crise chez Grasset : au Festival du livre, Emmanuel Macron affiche sa volonté de défendre le « pluralisme éditorial »

En visite ce vendredi au Festival du livre, bousculé par la crise ouverte chez l’éditeur Grasset, Emmanuel Macron a voulu afficher sa défense du « pluralisme éditorial » et de « la liberté des auteurs ». Concernant la création d’une clause de conscience pour les auteurs, le Président a estimé que cela « doit se réfléchir ».

Le

FRA – BOOK – CONSENTEMENT
2min

Politique

Crise chez Grasset : la sénatrice Sylvie Robert (PS) propose de créer une clause de conscience pour les auteurs

Alors que plus de 150 écrivains annoncent quitter la maison d’édition Grasset pour protester contre le renvoi du PDG Olivier Nora, la sénatrice socialiste Sylvie Robert propose une « loi d’urgence » pour « protéger les auteurs ». Le but : permettre aux auteurs d’activer une clause de conscience en cas de changement radical de la ligne éditoriale de leur éditeur.

Le