Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a dénoncé dimanche des propos "intolérables" de l'écrivain polémiste Yann Moix, qui a affirmé la veille que les policiers "chient dans leur froc", tandis que les syndicats de policiers ulcérés réclament des poursuites.
"Grossier sur la forme, indécent sur le fond: M. Moix a, à nouveau, tenu des propos intolérables à l’encontre de nos policiers. Je les condamne sans réserve et réaffirme mon soutien à nos forces de l'ordre dont je veux rappeler l'action exemplaire, partout sur le territoire", a tweeté le ministre de l'Intérieur.
Samedi dans l'émission "Les terriens du samedi" sur C8, Yann Moix a accusé les policiers de "se victimiser".
"Vous venez dire ici que les policiers ont peur (...), que vous chiez dans votre froc", a -t-il dit au journaliste Frédéric Ploquin venu présenter son livre "La peur a changé de camp" qui évoque le travail des policiers "la peur au ventre" sur fond d'insécurité. Deux policiers étaient également présents pour témoigner.
"La peur au ventre, vous n'avez pas les couilles d'aller dans des endroits dangereux", a-t-il également déclaré.
Au début de l'année Yann Moix, lors d'un reportage sur les migrants de Calais, avait déjà créé la polémique en accusant la police de violences, "affirmant détenir des preuves vidéos".
"Il récidive", a réagi dimanche le syndicat Alliance. "Les policiers ont +des couilles+ et +ne chient pas dans leurs frocs+. Ils ne se +victimisent pas+ mais travaillent dans des conditions très difficiles", a déclaré à l'AFP Fabien Vanhemelryck, secrétaire général délégué.
Yann Moix à Paris le 4 novembre 2013
AFP/Archives
"Ce genre de propos ne fait qu’attiser la haine et est inacceptable", a-t-il ajouté, invitant l'écrivain à "s’imprégner directement de la réalité du terrain en se déplaçant sur ces lieux +dits sensibles+".
"Espérons que la justice sanctionne durement cet individu à la hauteur du venin qu'il déverse sur l'institution et les policiers", a conclu Fabien Vanhemelryck.
"Comment des chaînes de télévision peuvent-elles encore inviter ce petit monsieur pleutre à venir déverser ses calomnies et son fiel contre les forces de l'ordre sur leurs plateaux ?", s'est pour sa part interrogé dimanche le syndicat Unité-SGP dans un communiqué.
Le syndicat a saisi le président du conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) et le ministre de l'Intérieur "pour que des poursuites soient engagées à l'encontre de ce personnage et se réserve le droit de porter plainte". Le syndicat alternative police CFDT avait déjà annoncé samedi soir avoir saisi le CSA.
"La diarrhée verbale haineuse de ce bobo qui baigne dans le luxe et l'argent est ignominieuse et indécente", a déclaré à l'AFP Patrice Ribeiro du syndicat Synergie.
"Chaque jour des milliers de policiers, qui gagnent 10 ou 20 fois moins que ce plumitif de salon, risquent, exposent leur intégrité physique dans des quartiers dont ce monsieur ne sait même pas où ils se trouvent sur une carte de France et où vivent des gens qui sont pris en otage par les voyous", a-t-il ajouté.
Le ministre du Logement Vincent Jeanbrun a présenté mercredi en Conseil des ministres son projet de loi visant à augmenter l’offre de logements. Une de ses mesures qui consiste à remettre sur le marché des passoires thermiques, semble aller à rebours de l’actualité. « Il vaut mieux être chez soi sous un toit ou dans la rue ? », a répondu le ministre.
Fidèle soutien du chef de l’Etat, le sénateur François Patriat quittera le Sénat en septembre, après 37 années de vie parlementaire, dont 18 comme sénateur. Au micro de Public Sénat, il revient sur une décision « difficile ». « La maison va me manquer », a-t-il expliqué.
À la sortie des questions d'actualité au gouvernement, le sénateur de Paris, co-président du groupe communiste au Conseil de Paris, Ian Brossat a proposé des mesures chocs pour lutter contre l'épisode caniculaire que traverse la France actuellement et qui est amené à se répéter de plus en plus fréquemment.
Les sénatrices de la délégation aux droits des femmes appellent à faire de la lutte contre le masculinisme « une priorité de politique publique ». Après sept mois d’enquête, elles décrivent un mouvement politique structuré, alimenté par les réseaux sociaux, qui menace l’égalité entre les femmes et les hommes et constitue, selon elles, un risque croissant pour « la démocratie ».