Concentration des médias : le rapport du Sénat adopté dans la douleur
Les membres de la commission d’enquête du Sénat sur la concentration des médias ont trouvé un accord, non sans mal, après quasiment 6 heures de réunion et d’échanges parfois « très tendus ». Le rapport a été amendé sur certains points. Il sera rendu public demain.

Concentration des médias : le rapport du Sénat adopté dans la douleur

Les membres de la commission d’enquête du Sénat sur la concentration des médias ont trouvé un accord, non sans mal, après quasiment 6 heures de réunion et d’échanges parfois « très tendus ». Le rapport a été amendé sur certains points. Il sera rendu public demain.
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« C’était long, difficile et pénible ». Un membre de la commission d’enquête du Sénat sur la concentration des médias n’en revient pas. « Une commission d’enquête comme ça, je crois que ça n’a jamais existé ». Un autre parle d’échanges « très tendus » et même « très violents ». Il a fallu près de 6 heures de réunion, jusqu’à quasiment minuit, mardi soir, pour que les sénateurs parviennent à s’entendre sur le rapport et les conclusions de la commission d’enquête. « La fumée blanche est sortie au bout de quasiment 6 heures », sourit un sénateur. Le rapport sera présenté demain, jeudi, lors d’une conférence de presse, à 11 heures.

« Chacun a mis de l’eau dans son vin »

Au cours des très nombreuses auditions, notamment de grands patrons propriétaires de médias (Vincent Bolloré, Bernard Arnault, Arnaud Lagardère, Patrick Drahi, Xavier Niel, Martin Bouygues), deux visions divergentes sont apparues, entre le président de la commission d’enquête, le centriste Laurent Lafon, et surtout les sénateurs LR d’une part, et de l’autre le rapporteur socialiste, David Assouline, beaucoup plus offensif sur le sujet. Des différences qui ont rejailli, au moment d’adopter le rapport, concocté par le sénateur PS de Paris. S’il faut attendre demain pour connaître les détails – le rapport est considéré comme définitivement adopté 24 heures après le vote, période durant laquelle les commissaires ont une obligation légale de ne rien communiquer – on sait déjà que le document a été modifié au cours de la réunion. Treize amendements ont été déposés, parfois sous amendés. Des interruptions de séance ont été nécessaires.

Certaines propositions ont été en partie modifiées et les quatre premiers chapitres du rapport ont été par endroits complétés, précisées sur certains points, de manière à ce qu’une majorité accepte de voter le rapport, indispensable à sa publication. La droite souhaitait certains rééquilibrages et a cherché à imposer quelques changements. « En réalité, chacun a mis de l’eau dans son vin, chacun voulant sortir la tête haute », confie un membre de la Haute assemblée.

« Une masse d’informations inouïe. Ce sera une référence »

« Avec pratiquement 48 auditions durant 100 heures, c’est un état des lieux, un état de la réflexion à un moment donné », salue un membre de la commission d’enquête. Un autre participant y voit même « une masse d’informations inouïe. Ce sera une référence ». Le rapport fait environ 350 pages.

Durant les auditions, un désaccord de fond est apparu sur l’objet même de la commission d’enquête : la concentration des médias. Pour David Assouline, elle est à la source d’un affaiblissement du pluralisme dans le secteur, quand la plupart des patrons auditionnés l’ont au contraire défendue comme seule voie possible pour faire face au poids des GAFAM. Les sénateurs de droite ont été sensibles à cette seconde vision. Les vives critiques – « l’acharnement », selon un sénateur LR – de David Assouline contre Vincent Bolloré, au cours de son audition, ont aussi été peu appréciées à droite. La version finale du rapport, telle que modifiée, pourrait refléter en partie ces deux visions diamétralement opposées du secteur.

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