« Conférence citoyenne » de Castaner: enthousiasme ou rejet
Christophe Castaner a clos samedi soir, une "conférence citoyenne" présentée comme une contribution de Français sur les rapports...

« Conférence citoyenne » de Castaner: enthousiasme ou rejet

Christophe Castaner a clos samedi soir, une "conférence citoyenne" présentée comme une contribution de Français sur les rapports...
Public Sénat

Par Gregory DANEL

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Christophe Castaner a clos samedi soir, une "conférence citoyenne" présentée comme une contribution de Français sur les rapports entre population et forces des l'ordre, au futur livre blanc sur la sécurité intérieure: du franc enthousiasme au rejet total, l'exercice a été diversement apprécié par certains participants.

Le ministre de l'Intérieur affirme avoir voulu "provoquer le débat" entre grands responsables de la place Beauvau et des Français, pour ne pas laisser aux seuls "professionnels de la profession" la rédaction du Livre blanc, qui doit définir les grandes orientations de la politique sécuritaire française.

Pendant deux weekends (12-13 janvier et samedi), 100 Français choisis avec l'institut Ifop, non-représentatifs mais "qui reflètent la société française", ont donc planché sous les ors de l'hôtel de Beauvau sur quatre ateliers thématiques.

Au programme: les "attentes des citoyens à l'égard des forces de sécurité", la place du numérique, les rapports entre citoyens et forces de sécurité "pour lutter contre les incivilités" ou la perspective de faire des citoyens des "acteurs de leur sécurité".

"Par nature dans le régalien, on travaille plutôt en milieu fermé, et c'est quelque fois nécessaire. Mais on ne peut pas élaborer un livre blanc sans consulter les citoyens", résume M. Castaner.

"On ne peut pas réussir à préparer la police du XXIe siècle, s'il n'y a pas la confiance entre les Français et la police", ajoute le ministre, confronté depuis des mois à un flot de critiques sur les violences policières et la gestion du maintien de l'ordre.

Celui-ci avait d'ailleurs choisi le premier week-end de cette "conférence citoyenne" pour commencer à infléchir le discours gouvernemental sur ce sujet controversé.

Insuffisant au goût d'un participant qui a souhaité garder l'anonymat. Celui-ci se présente comme un "jeune travailleur parisien" et affiche de solides positions anti-police. Il considère que cette conférence a été "un moyen de noyer le poisson" et a offert un récit "très romancé" voire "propagandiste" des forces de l'ordre.

- "Equilibre" -

Un constat loin d'être partagé par Aurélie, une Nancéienne de 43 ans, qui a une "image positive" des forces de l'ordre et incriminerait davantage "la presse qui oriente l'opinion": "on ne voit que du négatif et pas toutes les choses bien qu'ils font au quotidien. Il faut un équilibre."

Julien, trentenaire strasbourgeois, peste lui sur des forces de l'ordre qui ne font "que contrôler" pour frapper au porte-monnaie "sur une lumière de voiture qui ne fonctionne pas ou un pneu trop lisse".

"On a l'impression qu'ils défendent davantage un système que la population."

La Lorraine et l'Alsacien conviennent cependant que les deux week-ends de travail ont été "instructifs": "mais on attend de voir s'il y a vraiment un retour".

Rosanne, fonctionnaire montpelliéraine de 56 ans et Bernard, retraité parisien de 72 ans, ont tous les deux travaillé sur la place du numérique dans la sécurité, où a été abordé la question de la reconnaissance faciale.

Si ils louent "les échanges", ils en tirent des conclusions radicalement opposées. Elle, pour. Lui, contre.

"Il y a le pour et le contre mais c'est une avancée technologique pour trouver les coupables", avance-t-elle. "Quand on voit ce qui se fait en Chine... Le pouvoir politique peut évoluer. On nous dit que c'est pour identifier plus vite les délinquants mais qui nous dit que demain, le délinquant, ça pourra être vous ou moi?", s'inquiète-t-il.

Selon l'enquête annuelle "cadre de vie et sécurité" menée par l'Insee, l'action de la police ou de la gendarmerie dans la société française en 2019 est jugée "très satisfaisante ou satisfaisante" pour 61 % des personnes âgées de 14 ans et plus vivant en France métropolitaine, peu ou pas du tout satisfaisante pour 31%, les 8% restants n’ayant pas d’opinion.

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