Avec le confinement, Claudine Lepage, sénatrice socialiste des Français de l’étranger, s’inquiète de l’augmentation du nombre de mineurs qui se prostituent sur le web. Elle a interpellé le secrétaire d’État, Adrien Taquet à ce propos.
Confinement : une sénatrice alerte sur la prostitution des mineurs
Avec le confinement, Claudine Lepage, sénatrice socialiste des Français de l’étranger, s’inquiète de l’augmentation du nombre de mineurs qui se prostituent sur le web. Elle a interpellé le secrétaire d’État, Adrien Taquet à ce propos.
Par Cécile Sixou
Temps de lecture :
3 min
Publié le
Elle n’a pas de chiffres, pas de données, juste des témoignages et des articles de presse. Mais Claudine Lepage, la sénatrice socialiste s’inquiète, « avec le confinement, la prostitution des mineurs sur le web est un phénomène qui se développe ». Les réseaux de prostitution sur la toile profitent de la situation, selon elle, « les jeunes n’ont rien d’autre à faire que d’être derrière leur écran » et l’enfermement « crée des tensions, ils cherchent à s’évader, ça peut accentuer les mauvais penchants, donc forcément augmenter le phénomène ».
« l’emprise s’installe et c’est difficile de s’en sortir »
Les mineurs en situation de précarité seraient les plus touchés, « ils se prostituent parce qu’ils sont dans le besoin ». Mais ce ne sont pas les seuls, des jeunes issus d’autres milieux sociaux seraient aussi victimes de ces réseaux de prostitution. « Il y a aussi ceux qui ont le désir de se mettre en danger sans savoir vraiment où cela mène. Parfois, ce sont des très jeunes qui ne se rendent pas compte de ce qu’ils font ». La sénatrice déplore un « tabou moins fort » autour de cette question, « ils ne sont plus freinés » et elle en veut pour preuve « ces jeunes qui diffusent sur la toile des photos de leur compagnon ou de leur copine nue ou en train de pratiquer l’acte sexuel ». Très vite ils peuvent être pris au piège « il suffit de faire une mauvaise rencontre, l’emprise s’installe et après c’est très difficile de s’en sortir ».
Dans l’attente du plan enfance du gouvernement
La sénatrice appelle les parents à la vigilance, « leur rôle c’est de regarder ce que leurs enfants font sur internet ». Les hébergeurs de site ont également une responsabilité, « il faut qu’ils vérifient l’âge de leurs clients ». Elle a interpellé le secrétaire d’État à l’enfance, Adrien Taquet, sur la question, lors de son audition par la délégation aux droits des femmes. Ce n’est pas une urgence pour le gouvernement, pendant le confinement. « La priorité ce sont les problèmes de violences intrafamiliales, et les enfants de l’aide sociale à l’enfance qui ne sont plus accueillis dans les familles ». Claudine Lepage reconnaît qu’il est difficile de travailler sur cette question dans l’urgence. « C’est très compliqué de pénétrer ces réseaux, sur lesquels on a très peu de données ». Le secrétaire d’État présentera tout de même des mesures dans le plan enfance prévu pour novembre 2020. La sénatrice pourrait présenter une proposition de loi si ce plan ne répond pas à l’ampleur du phénomène : « En fonction du plan du gouvernement, on en fera peut-être une, comme on a très peu de chiffres sur le sujet, il faut entendre, beaucoup auditionner pour se faire une idée précise ». Même si la sénatrice, qui était rapporteure sur la loi sur la prostitution de 2016 le sait, ce sont des lois difficiles à appliquer.
À Paris, la fusion des listes entre Rachida Dati et Pierre-Yves Bournazel relève davantage du réalisme politique face à l’avance de la gauche que d’un rapprochement sincère et naturel. Il a fallu surmonter « une forme d’inimitié » entre les deux candidats, reconnait la vice-présidente de LR et sénatrice de la capitale Agnès Evren, qui compte aussi sur les reports de voix des électeurs de Sarah Knafo.
A Montpellier, c’est une triangulaire qui opposera, dimanche prochain, le maire sortant socialiste Michaël Delafosse, en tête avec 33,41 % au premier tour, la candidate LFI, Nathalie Oziol, deuxième avec 15,36 % et le candidat indépendant, Mohed Altrad (11,31 % des voix). Si dans de nombreuses grandes villes de France, comme Lyon, Toulouse, Nantes… LFI et le reste de la gauche se sont unis au deuxième tour des élections municipales, dans l’Hérault, il n’en a pas été question, tant les deux gauches semblent irréconciliables. Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». Prenant l’exemple de la ville de Béziers, la mesure phare de Mohed Altrad est celle d’un couvre-feu au moins de 16 ans à partir de 22h, mais aussi doubler les effectifs de la police municipale et renforcer la vidéoprotection. Le maire sortant a défendu l’armement de la police municipale, la création d’une police des transports, le recrutement de 100 agents supplémentaires et le doublement des caméras de surveillance. Traitement des déchets La validation par le conseil de la Métropole de Montpellier d’une unité de valorisation énergétique par combustibles solides de récupération (CSR) est l’autre dossier chaud de l’élection. « C’est de la folie, c’est la pollution, c’est le cancer […] C’est une technologie expérimentale. Comme toute technologie récente, on a besoin de temps pour l’expérimenter », a dénoncé Mohed Altrad. Nathalie Oziol regrette qu’il n’y ait pas d’autres solutions envisagées. « Ce que nous proposons, c’est une convention populaire sur toute la gestion des déchets. L’objectif que nous devons viser, c’est l’objectif zéro déchet ». Michaël Delafosse a rappelé que le CSR était une solution préconisée par l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie). « Il nous faut continuer à mieux collecter les biodéchets comme le verre », a-t-il ajouté. Pour conclure sur les défis de la nouvelle mandature, comme l’augmentation de la population dans la ville, en moyenne 8 000 habitants par an, Nathalie Oziol a estimé que rien n’a été fait pour accueillir les gens ». Mohed Altrad a aussi jugé que la ville n’était pas à la hauteur des autres villes de taille similaire. Il propose de mieux gérer l’argent public en économisant 25 % de ce qu’il considère comme du « gaspillage ». Mickaël Delafosse s’engage à construire 1 000 nouveaux logements étudiants dans le secteur d’Agropolis et des logements pour seniors mais aussi le développement des BRS (bail réel et solidaire) qui ne permette à personne en logement sociaux d’accéder à la propriété ou encore poursuivre l’encadrement des loyers et la lutte contre Airbnb.
À quelques jours du second tour des municipales à Nice, Bruno Retailleau, le patron des LR, a déclenché une crise ouverte au sein de sa propre famille politique et du bloc central, en refusant de soutenir le maire sortant Christian Estrosi face à Éric Ciotti, allié du RN. Plus largement, le psychodrame azuréen fragilise l'accord national passé avec Horizons, mais révèle aussi les fractures d’une droite à la recherche de sa boussole stratégique pour 2027.
Qualifiée de justesse pour le second tour des municipales parisiennes avec 10,4 % des voix, la candidate Reconquête, Sarah Knafo, a finalement choisi de se retirer « pour Paris », sans toutefois donner de consigne de vote, mais « pour battre la gauche ». Une décision présentée comme un « choix de responsabilité », mais qui soulève autant de questions stratégiques que politiques.