Congrès des maires : Baroin veut « un acte III de la décentralisation »
En clôture du congrès des maires de France, François Baroin président de l’AMF a appelé « à tourner la page » d’un chapitre d’incompréhension entre l’État et les collectivités.

Congrès des maires : Baroin veut « un acte III de la décentralisation »

En clôture du congrès des maires de France, François Baroin président de l’AMF a appelé « à tourner la page » d’un chapitre d’incompréhension entre l’État et les collectivités.
Public Sénat

Par Public Sénat

Temps de lecture :

3 min

Publié le

Mis à jour le

Après les remerciements de rigueur, François Baroin a rendu hommage à la ville de Trèbes, à son maire, Eric Menassi et son équipe municipale, frappés par une attaque terroriste et dernièrement par des inondations meurtrières. S’en est suivie une standing-ovation de la salle.

« Ce congrès doit être l’acte 3 de la décentralisation. C'est-à-dire doit être la projection vers une initiative puissante qui permettra de répondre de la meilleure des manières possibles à l’amélioration du coin de la rue de chaque Française et français dans chaque commune de France pour pousser loin les vents mauvais des populismes ».

Voilà donc la déclaration d’intention de François Baroin. Un objectif que les maires de France ne peuvent accomplir seuls.

D’abord, le maire de Troyes souhaite tourner la page « des désaccords sur des préoccupations de forme » avec l’État. « Dans l'anonymat des réseaux sociaux a été lancé le mois dernier la campagne ignoble # Balance ton maire (…) Jamais aucune attaque contre nous n'avait atteint un tel degré de médiocrité » a-t-il reproché au gouvernement.

François Baroin veut également tourner la page de la conférence des territoires qui « a échoué parce qu’elle n’a été ni une instance de concertation ni une instance de négociation ».

Alors qu’Emmanuel Macron a confirmé hier une réforme de la fiscalité locale, le président de l’AMF a fixé un « point de vigilance absolue ». « La réforme ne doit pas entraîner la fin de l'autonomie financière et fiscale des communes. Car il ne peut pas y avoir de libre administration sans ressources propres ». « Nous voulons rappeler au président de la République l’importance d'apporter au premier semestre 2019 des réponses claires sur la manière de compenser intégralement la taxe d'habitation » a-t-il ajouté.

Alors que se profile aussi la réforme constitutionnelle, François Baroin formule un vœu. « Inscrire dans notre loi fondamentale la place spécifique de la commune, seule collectivité dont l'exécutif agit à la fois au nom de l'État et en sa qualité propre. Ce serait un signal fort et définitif de la place que l'État reconnaît à la commune ».

« M. Le Premier ministre, nous voulons croire qu’une nouvelle ère de confiance entre l’État et nous va s’ouvrir (…) une page se tourne d’un chapitre écrit cette année à l’encre de l’incompréhension, à l’encre d’une méthode incertaine, à l’encre parfois de mauvaises manières, que nous ne souhaitons par relire » a-t-il conclu.

Partager cet article

Dans la même thématique

Congrès des maires : Baroin veut « un acte III de la décentralisation »
7min

Politique

Présidentielle 2027 : pourquoi l’élection française inquiète déjà les Européens

À huit mois de la présidentielle française, Bruxelles scrute déjà avec inquiétude les propositions des principaux candidats. Budget européen, primauté du droit de l’UE, dette, soutien à l’Ukraine... l’éventualité d’une victoire du RN ou de Jean-Luc Mélenchon alimente les craintes. Au point de transformer la France en maillon faible de l'UE ? Ici l'Europe ouvre le débat, avec les eurodéputés Daniel Freund (Allemagne, Les Verts), Charles Goerens (Luxembourg, Renew Europe) et Andras Laszlo (Hongrie, Patriotes pour l’Europe).

Le

Paris : Francois Bayrou recoit l l UDI
7min

Politique

« Pas à la hauteur » : le coup de gueule d’Hervé Marseille, après le soutien de Bruno Retailleau à Valérie Boyer pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône

Ça chauffe dans les Bouches-du-Rhône, où le soutien du président de LR, Bruno Retailleau, à la liste de la sénatrice LR Valérie Boyer, reste au travers de la gorge de son homologue de l’UDI, le sénateur Hervé Marseille. Car les LR ont apporté leur investiture à une autre liste, celle de la sénatrice UDI Brigitte Devésa et de Renaud Muselier, membre de Renaissance. Gérard Larcher devrait se rendre sur place la semaine prochaine pour soutenir cette liste. Un imbroglio qui divise un peu plus la droite sur place. Explications.

Le

NANTES:Franco-German summit in Nantes
8min

Politique

« Une épouvantable tragédie » : le tandem Chirac-Jospin face au 11 septembre 2001

Vingt-cinq ans après, les images sont restées intactes. Le 11 septembre 2001, alors que les Etats-Unis étaient frappés par les attentats d’Al-Qaida, Jacques Chirac se trouvait à Rennes et Lionel Jospin à Matignon. A sept mois de l’élection présidentielle, et dans un contexte de cohabitation, les deux têtes de l’exécutif français ont dû organiser, dans l’urgence, la réponse d’un pays qui n’était pas directement attaqué mais qui avait déjà été confronté à plusieurs vagues d’attentats sur son propre territoire.

Le

FRA – AN – ASSEMBLEE – COMMISSION AUDITION AURORE BERGE
6min

Politique

« Grand remplacement » : une théorie « raciste », rappellent les historiens à Aurore Bergé

La ministre chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a suscité la polémique au sein même de son propre camp, en refusant de qualifier de « raciste » la théorie du grand remplacement conceptualisée par l'essayiste d'extrême droite Renaud Camus. La ministre a néanmoins qualifié la théorie de « mensongère », a affirmé qu'elle entendait la combattre, et estimé que le débat sur ce sujet « faisait partie de la liberté d'expression ». Une position intenable pour l'historien de la colonisation Nicolas Bancel, qui rappelle que « la composante raciale » est au cœur de cette théorie.

Le