Congrès des Régions de France : les élus locaux dénoncent le « mépris » du gouvernement
Ce mercredi débutait l’édition 2018 du Congrès des Régions de France. L’occasion pour les élus locaux et leurs représentants d’exprimer leur colère face au « mépris » du gouvernement, en lançant « l’appel de Marseille pour les libertés locales », ainsi qu’une nouvelle structure, parrainée par le président du Sénat, Gérard Larcher  : Territoires unis.

Congrès des Régions de France : les élus locaux dénoncent le « mépris » du gouvernement

Ce mercredi débutait l’édition 2018 du Congrès des Régions de France. L’occasion pour les élus locaux et leurs représentants d’exprimer leur colère face au « mépris » du gouvernement, en lançant « l’appel de Marseille pour les libertés locales », ainsi qu’une nouvelle structure, parrainée par le président du Sénat, Gérard Larcher  : Territoires unis.
Public Sénat

Par Alice Bardo

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Un contre tous et tous contre un. C’est le message qu’ont souhaité faire passer les présidents des associations d’élus locaux au gouvernement. Réunis à Marseille pour le Congrès des régions de France, le président de l’Association des maires de France, François Baroin, celui de l’Association des départements de France, Dominique Bussereau, et Hervé Morin, président des Régions de France, se sont succédé à la tribune pour exprimer leur mécontentement vis-à-vis d’un État « recentralisateur ».

Le président du Sénat était, lui, venu en bon représentant des territoires. « Ce soir, ma place est parmi vous », a d’emblée clamé Gérard Larcher, pour ensuite faire part de sa colère : « Comment prôner la création d‘une start-up nation et en même temps opter pour la verticalité de la prise de décision ? » s’interroge-t-il.

Congrès des régions : discours de Gérard Larcher, président du Sénat
03:45

« Unir (ses) forces »

Conséquence de la suppression de la taxe d’habitation sur les ressources des communes, accueil des mineurs isolés par les départements, retrait de l’apprentissage des compétences des régions… les collectivités locales sont concernées dans toutes leurs strates par les mesures du gouvernement actuel. « Les dossiers des collectivités locales ne sont pas traités correctement par le gouvernement », regrette Dominique Bussereau. D’où le « besoin d’unir leurs forces » des associations d’élus locaux, que souligne Hervé Morin, président des Régions de France.

Congrès des régions : François Baroin, président de l'AMF
02:27

« Pas de baisse des dotations »

Le gouvernement se défend de ces accusations en faisant notamment valoir la compensation par l’État de la suppression de la taxe d’habitation. Invité ce jeudi sur France Inter, Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l’Intérieur, met en avant « un budget et des recettes des collectivités territoriales restés stables » et assure qu’il n’y a « pas de baisse des dotations ». L’exécutif a en effet décidé d’arrêter les baisses de dotation aux collectivités en 2017 et opté pour des « contrats financiers » dont l’objectif est d’inciter les 322 communes concernées par ce dispositif à limiter la hausse de leurs dépenses de fonctionnement à 1,2 %. « La contractualisation est plus intelligente que la politique du rabot », admet Gérard Larcher, qui n’est pas pour autant totalement convaincu par la mesure.

« Un État qui n’a plus les moyens »

Les présidents d’associations des élus locaux ont égrené une à une les mesures symboles de leur grogne. Même le plan pauvreté, plutôt fédérateur, suscite leur inquiétude : « C’est formidable, mais quid du financement ? On nous promet 50 millions d’euros, cela correspond aux besoins d’un seul département, le Nord ! » prévient le président de l’ADF. Et François Baroin de déplorer « un État qui n’a plus les moyens, ce qui l’amène à prendre les pires mesures. »

Congrès des régions : discours de Dominique Bussereau, président de l'ADF
00:51

Après « l’échec de la Conférence des territoires », qu’avaient boudé les présidents des associations d’élus locaux, le Congrès des régions semble marquer le coup du divorce entre l’État et les collectivités.

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Pas d’union à gauche Lors du débat organisé Public Sénat, France Télévisions ICI Occitanie et la radio ICI Hérault organisaient, les protagonistes ont rappelé leur position. « Je constate que depuis que j’ai l’honneur d’être maire de Montpellier, LFI pilonne l’ensemble des mesures que nous portons et met plus d’énergie dans la critique de l’action d’un maire de gauche que contre l’extrême droite », a justifié Michaël Delafosse qui précise, néanmoins, n’avoir eu qu’un adversaire lors de cette campagne : c’est l’extrême droite. Nathalie Oziol a estimé que l’absence de l’extrême droite au second tour à Montpellier, c’était grâce à la France Insoumise. Dans cette configuration, l’union de la gauche n’était pas nécessaire car le choix des électeurs, selon elle, résidait entre le « système socialiste en place » et les Insoumis. L’homme d’affaires, milliardaire, propriétaire du club de rugby local, Mohed Altrad qui, contrairement à 2020, n’a pas fait d’alliance pour le second tour avec l’humoriste Rémi Gaillard et une autre candidate de gauche Alenka Doulain, s’est présenté comme un homme qui n’était pas politique mais qu’il s’éloignerait « le plus possible » de son entreprise s’il était élu. Transports Michael Delafausse a défendu la mesure phare de son mandat, la gratuité des transports, financée par le versement mobilité, même si un rapport de la Cour des comptes a jugé la mesure coûteuse et peu efficace pour inciter les Montpelliérains à ne pas prendre leur voiture. Nathalie Oziol soutient la mesure mais la considère mal appliquée. « Des trams et des bus ont diminué en fréquence. Nous n’avons pas vérifié si le maillage territorial était suffisant », a-t-elle reproché. Autre dossier, le COM (le Contournement Ouest de Montpellier), une voie qui doit relier deux autoroutes pour désengorger la circulation en centre-ville, dont les travaux doivent démarrer cette année, est contesté par les adversaires du maire sortant. « Le COM permettra de contourner Montpellier plutôt que d’envoyer tout le trafic vers l’avenue de la Liberté. C’est financé par les péages », a défendu Michaël Delafosse. « Hors de question. C’est notre A69 à nous. C’est une aberration environnementale, les arbres coupés… C’est une 10 voix qui va passer sous les fenêtres des Montpelliérains », a dénoncé la candidate LFI. Mohed Altrad s’y est montré lui favorable mais à condition que le COM ne soit pas payant pour les Montpelliérains. Sécurité En ce qui concerne la police municipale, Nathalie Oziol, a défendu son désarmement. « Il faut que la police municipale devienne une police de proximité qui fasse le lien avec les habitants ». 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